dimanche12 août 2007

Cinq écrivains africains et une éditrice écrivent à Nicolas Sarkozy (Lettre parue cette semaine dans Libération)

Monsieur le Président,

Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également. Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.

Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf. Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ? Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant.

Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des « justes ». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une « renaissance africaine », venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates. Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ? Sincèrement et franchement à vous.

Auteurs de la lettre :

Raharimanana (Madagascar)

Boubacar Boris Diop (Sénégal),

Abderrahman Beggar (Maroc, Canada),

Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad),

Kangni Alem (université de Lomé),

et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs).

Commentaires

  1. Posté par bee_human (patrice), le 12 août 2007 à 15:16

    Et Alain Mabanckou qu’écrit-il à ce propos ?

  2. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 15:26

    « Diop et Nganang ont des textes éloquents critiquant sévèrement nos oligarques. Prenez la peine de les lires. » Je n’adore pas une critique pour sa violence, ni pour le nombre d’adjectifs par phrase.

    L’action et la critique peuvent aller ensemble. Je n’appele pas critique l’expression du ressentiment. L’émotion n’est pas un argument. Pour la qualité des écrits, ils auraient du faire appel à Mabanckou.

    NJ avait rappelé aux amateurs d’histoire que le peuple français s’était occupé lui même de ses rois. Il n’avait pas attendu l’approbation de la communauté internationale.

    Sarkozy est le président de la France, il défend l’image et les interêts de la France au Gabon, au Sénégal. A quoi pouvaient bien s’attendre ces derniers ?

    « Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. » C’est une façon de voir. Il voulait peut être dire que les africains ne réalisent pas que s’ils vendaient toujours moins cher leur patrimoine, ils trouveraient toujours preneurs. Il voulait peut être rappeler que le crime n’a jamais empêché les affaires entre les nations.

    « Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage » NJ l’histoire qu’on m’a enseignée serait-elle fausse ? l’abolition de l’esclavage serait-il le fait des esclaves ?

    « Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà » Comment ? « mais la France est-elle franchement de notre côté ? » elle est de son côté et l’a toujours été.

  3. Posté par D.O.W., le 12 août 2007 à 15:47

    Ce que j’aime bien chez Raharimanana, c’est la colère. Il y en a que le sort de l’Afrique n’empêche pas de dormir. Lui, on sent souvent chez lui la meurtrissure, le tourment que lui cause les vicissitudes connotées au sort de l’Afrique.

    Mais quand même, là c’est franchement une réponse un peu faible au discours du sieur Sarkozy. Ecrire : "Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique", c’est se laisser aller. Si j’osais, je dirais que c’est dire n’importe quoi. Et puis, illustrer notre pleine présence dans l’histoire en se prévalant seulement des luttes contre la colonisation et pour l’abolition de l’esclavage, c’est presque donner raison à Sarkozy. Cette façon-là, serait une façon "défensive" d’entrer dans l’histoire. Ce serait entrer un peu pauvrement dans l’histoire. On entre dans l’histoire surtout positivement, non pas par à-coup, en parant seulement à l’adversité, mais aussi en agissant positivement pour soi, en fabricant du futur, en élaborant une destinée, en inscrivant - par avance - son empreinte dans la postériorité. Bref, de mon point de vue, on entre grandement dans l’histoire en devançant l’histoire.

    La réplique de Rahimanana manque d’atout. En revanche, je dois dire que la seconde sortie de Mbembe contre les propos de Sarkozy m’a remué. Voilà un peu plus de matière consistante. Mbembe a même réussi à me gagner à la cause qu’il faudrait peut-être bien, quelquefois, prendre le temps de répondre à de telles condescendances, qui sont préméditées pour de précises raisons. Il y a des passages dans son texte, qui sont irrésistibles de perspicacité et de fine lucidité. Toutefois, à Mbembe qui suggère qu’un certain nombre de nos penseurs ont assis les bases d’une historiographie africaine, qui établirait que "de tous temps, l’Afrique a fait partie du monde, y a joué activement son rôle et a contribué ce faisant au développement des techniques, du commerce et de la vie de l’esprit", à Mbembe qui dit cela, comme à Raharimanana précédemment, il faut avoir le courage de répondre qu’ils font dans la chimérique aberration. Le moins qu’on puisse dire c’est que globalement, la part de l’Afrique, dans le monde actuel, est tout à fait insignifiante. Et cela depuis au moins un siècle. C’est bercer les Africains d’illusions que leur faire croire le contraire.

  4. Posté par D.O.W., le 12 août 2007 à 15:51

    Si on peut dire certes, qu’il est grotesque de prétendre que l’Afrique n’est pas entrée dans l’histoire (en faisant mine d’oublier que l’Histoire ne commence pas avec le rayonnement de l’Occident - consécutif à une dégénérescence à peu près totale au Moyen-Âge), s’il est grotesque de suggérer que l’Afrique est hors de l’histoire, il est en revanche irréfutable que l’Afrique n’est jamais rentrée dans la modernité. Il nous faut avoir le courage de reconnaître que dans les transes du monde, l’Afrique n’est nulle part acteur, si ce n’est acteur de sa tragique destinée. Bien évidemment, partout dans le monde, dans toutes les sphères, parmi les meilleurs, il se trouve toujours un Africain. Mais il ne s’agit pas de cela. Je ne parle pas seulement de la richesse économique, de la compétence ou de l’excellence académique. On entre aussi dans l’histoire collectivement, par la manière dont on régit le vivre-ensemble, par la manière dont on donne du sens à la destinée humaine dans une communauté politique. Achille Mbembe souligne à raison, que "le meilleur de la pensée noire a toujours été rendu sous la forme du rêve d’un nouvel humanisme". Mais ce que l’on prend en compte également, c’est notre capacité à traduire cela dans le concret de la praxis sociale. Montesquieu ne serait pas grand chose, si son discours ne s’était cristallisé dans ce que Habermas et d’autres ont appelé "le monde vécu". Moi cela me gêne que l’Afrique se réclame d’un humanisme qui est introuvable dans l’Afrique des-hommes-et-des-femmes-au-quotidien.

    Et si nous étions rentrés dans la modernité, dans tout ce qu’elle a de vertueux, l’humanisme ne serait pas seulement l’affaire de nos penseurs. Si l’Afrique était rentrée dans la modernité, elle promouvrait en son sein, une éthique de la dignité, et une politique de la vie. Et c’est cela même, qui lui dicterait de produire de la richesse, non pas pour rehausser chaque année son taux de croissance, mais pour que chaque Africain ait de quoi se nourrir - pour que chaque vie soit digne. Et produisant de la richesse, nécessairement elle construirait les structures sociales - des hôpitaux de bonne tenue par exemple - qui participent non pas seulement à la dignité de la vie, mais à son épanouissement. Produisant de la richesse, nécessairement, l’Afrique innoverait, elle prendrait pleinement sa part au développement mondial des sciences et des technologies. Et cela se faisant, on entrevoit très bien que la qualité des lieux du savoir, s’entretiendrait comme d’elle-même, et que plus d’Africains encore, apporteraient une contribution plus décisive à la pensée contemporaine, aux effervescences philosophiques et théoriques.

    Achille Mbembe écrit joliment : "nous ne sommes pas seulement des victimes de notre propre drame. Nous en sommes également des acteurs et des témoins". Certes. Mais alors, comme chez Raharimanana, on a encore là l’impression que seule une certaine négativité nous caractérise. Nous semblons ne pouvoir être acteurs de l’histoire que dans des dynamiques défensives et aléatoires - dans des dynamiques de désarroi et de désordre. Ne pouvons-nous donc fabriquer notre histoire, nous fabriquer un destin, en en étant les protagonistes proactifs ? Policer nos désordres, nous échaffauder des trajectoires construites et constructives, nous méditer quelque perspective édifiante ? De quelle modernité parle-t-on dans cette Afrique où plus d’un siècle après Edison, nos mères dans les villages continuent à penser que l’électricité est une excentricité ? Des enfants meurent de faim chaque jour, des hommes et des femmes meurent de maladies bénignes, et nous nous prévalons de quelle modernité ? Quelle proportion de la population en Afrique peut lire Paulin Hountondji et le comprendre ? Quelle proportion peut tout simplement lire ? Attaquons-nous peut-être à cela d’abord, et seulement après, nous serons plus à même de répondre à Nicolas Sarkozy sans chimère ni forfanterie.

  5. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 16:22

    « Le moins qu’on puisse dire c’est que globalement, la part de l’Afrique, dans le monde actuel, est tout à fait insignifiante. » C’est meconnaître le montant des sommes colossales qui sortent illégalement de l’Afrique( cf Raymond Baker). Les multinationales font des bénéfices record.

    « En revanche, je dois dire que la seconde sortie de Mbembe contre les propos de Sarkozy m’a remué. Voilà un peu plus de matière consistante. » une photo de colon exhibant la tête coupée d’un noir aurait largement suffit. L’image frappe plus que la littérature.

  6. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 16:34

    « l’Afrique n’est pas entrée dans l’histoire » si elle ne faisait pas partie de l’histoire on n’en parlerait pas. L’histoire ce n’est pas que le passé, c’est aussi le présent car le temps qui passe fait l’histoire.

    « il est en revanche irréfutable que l’Afrique n’est jamais rentrée dans la modernité. » Je ne crois pas l’Afrique, elle est dans la modernité. Il y a des pays plus avancés que d’autres, et dans un même pays tu as cette opposition ville village. La recherche de l’authenticité met un sérieux frein au développement en Afrique.

  7. Posté par Ebahi, le 12 août 2007 à 16:47

    Ngnagna, à moins que vous seule la polémique vous stimule, on ne peut pas vous prendre au sérieux quand vous dites [Sarkozy est le président de la France, il défend l’image et les interêts de la France au Gabon, au Sénégal. A quoi pouvaient bien s’attendre ces derniers ?] Lorsque Bush decida d’envahir l’Irak, selon votre argument, il défendait bien les intérets US. Pourtant, la France monta sur ses grands chevaux pour crier l’immoralité de cette invasion. Auriez vous tenu à Chirac et de Villepin, les mêmes propos ? Leur demandant de circuler y a rien à voir, car Bush ne protégeait que ses intérets d’Americain ? Pourquoi les Africains devraient rester muet face à Sarkozy, même s’il defent bien sûr les intérets de la seule France ? Quand à votre remarque que seul Mabanckou serait capable d’écrire, mais quelle petitesse !

  8. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 16:48

    « Moi cela me gêne que l’Afrique se réclame d’un humanisme qui est introuvable dans l’Afrique des-hommes-et-des-femmes-au-quotidien. » Les valeurs se perdent en Afrique.

    « Et c’est cela même, qui lui dicterait de produire de la richesse, non pas pour rehausser chaque année son taux de croissance, mais pour que chaque Africain ait de quoi se nourrir - pour que chaque vie soit digne. » Un point de gagné, il est dommage que tout soit fait pour le bon plaisir de la Banque Mondiale et le FMI.

    La Banque Mondiale et le FMI ont un rôle non négligeable. Ils décident de la hausse du salaire, conditionnent l’aide à la privatisation et ouverture des frontières, font payer une dette qui a été remboursée plusieurs fois et etc.

  9. Posté par Nietzsche_junior, le 12 août 2007 à 17:10

    "Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées"

    ca c est faux , dire qu elle ne sont que les émanation du colonialisme et faire des complice noir ou arabes de simple resultante du colonialisme et un mensonges , il y avai des Roi et des princes bien avant l arrivé des colon , et les lutte fratricide ne sont pas apparus avec la colonisation , le colonialisme a servi parfois de démultiplicateur et non de source en elle meme de cette motivation purement humaine qu est la bétise ! , c est pas les colons qui on exporté leur machisme et les femme avec ou sans colon ont toujours subit les meme loi ! , dénoncé le colonialisme oui , dédouanner les responsabilité afriraine non ! .........

  10. Posté par Nietzsche_junior, le 12 août 2007 à 17:13

    "Lorsque Bush decida d’envahir l’Irak, selon votre argument, il défendait bien les intérets US. Pourtant, la France monta sur ses grands chevaux pour crier l’immoralité de cette invasion"

    faut pas oublier que la France etait tres amis avec l irak ! ...la france n a pas criez a l immoralité mais au conflit d interet ! en disant la non la france defendait ses interet et son influence dans le monde arabe..elle en avait rien a foutre des irakien , d ailleeur la france est en afghanistant , invasion tout aussi immoral , comme en cote d ivoir d ailleur

  11. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 17:22

    « Pourtant, la France monta sur ses grands chevaux pour crier l’immoralité de cette invasion. » la même France qui fournissait feu Sadam ? qui entretenait des relations avec lui avant l’invasion américaine ?

    « Quand à votre remarque que seul Mabanckou serait capable d’écrire, mais quelle petitesse ! » je ne réclame pas une grandeur quelconque. Mabanckou n’est évidement pas le seul homme capable de bien écrire, mais là franchement je suis ébahi.

  12. Posté par Kili Kili Té, le 12 août 2007 à 17:30

    Une autre reponse à ...

    Koulibaly répond à Sarkozy

    La réponse de Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, au Discours de Sarkozy en Afrique

    « Que lui dire ?

    Merci Sarkozy.

    Merci pour tes propositions.

    Mais nous, on veut aller dans le monde par le marché et non sous la protection de qui que ce soit. Nous connaissons le chemin. Le monde, ce n’est pas que la France ; le monde, ce n’est pas que l’Europe. Le monde, c’est aussi l’Afrique, c’est aussi l’Amérique, c’est aussi l’Asie. Le monde, c’est ailleurs. Nous voulons choisir librement notre méthode d’y entrer, notre façon d’y participer. Ce n’est pas par dégoût, mais c’est notre intérêt et rien que cela. L’Eurafrique ? Très bien merci. Mais ça sera vraisemblablement comme par le passé. Il y a déjà les sommets franco-africains. Il y aura des sommets Eurafricains. Il y aura une bureaucratie Eurafricaine, comme il y a celle des UE-ACP. Nous n’avons plus du temps à perdre à négocier lors de sommets de Chefs d’Etat. Nous allons directement sur les marchés librement avec nos besoins et nos moyens. Nous ne voulons plus être marchés captifs de qui que ce soit. Nous voulons redevenir libres. Il ne s’agit pas d’un retour à un quelconque âge d’or. Il ne s’agit pas d’une option pour nous, mais de notre survie. Il s’agit d’être simplement des humains, de vivre comme tels et d’être traités comme tels. Nous ne voulons pas de traitement de faveur. Nous voulons avoir notre liberté de choix. Nous voulons tirer profit des droits imprescriptibles que nous avons d’être propriétaires de nous-mêmes en tant qu’humains. Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l’avons jamais été sur les marchés des esclaves. Sur les marchés coloniaux. Dans le pacte colonial. Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l’Europe. N’est-ce pas vous qui avez dit que l’Afrique ne comptait pas pour la France ? N’est-ce pas vous qui dites aussi que le Niger, avec son uranium, compte énormément pour la France ? Savez vous que le Niger est un pays d’Afrique ? La duplicité de votre langage ne nous rassure guère. Vous parlez d’amour là où le monde parle d’intérêt et d’intérêt là où le monde parle d’amour. Nous ne voulons plus de cette protection infantilisante qui vous donne le droit de vouloir :

    Tout faire pour nous.

    Tout faire avec nous.

    Tout faire par nous.

    Tout faire sans nous.

    Et au bout du compte, tout faire contre nous. Nous ne voulons plus des accords léonins qui, sous prétexte de vouloir nous aider, nous font plus de mal que de bien. Nous voulons que Sarkozy nous laisse faire, nous laisse passer.

    Nous voulons que la France nous laisse faire, nous laisse passer.

    Nous voulons que l’Europe nous laisse faire, nous laisse passer. Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l’Europe voudrait que nous soyons. Nous connaissons le mode d’emploi de la mondialisation. Aucun épouvantail ne nous fera renoncer sur la route de la liberté. L’Eurafrique ? Pourquoi pas. Merci pour votre offre. Mais nous sommes déjà dans le monde sous le couvert de l’Europe qui agit par procuration de la France. Nous ne voulons pas de la mondialisation des servitudes. Nous voulons celle des libertés. Nous voulons simplement :

    De l’économie de marché.

    De la société ouverte.

    De la société de droit. Ni plus, ni moins.

    Sarkozy pourrait-il nous aider dans ce sens ? A nous libérez des accords précédents ? Ceux des indépendances ? Pour enfin nous libérer du carcan post colonial. Nous ne voulons pas aller dans le monde comme hier nous sommes allés dans l’Europe, par la France. Nous ne voulons pas de votre liberté en double standard, et sous surveillance. Nous ne comprenons pas que nos avoirs extérieurs nets en devises soient déposés au Trésor Public de chez vous. Nous ne comprenons pas que nous soyons perçus comme des contribuables par l’Etat français, alors que vous nous ressassez que la colonisation est terminée depuis belle lurette ? Nous ne voulons plus de vos accords de coopération qui ne règlent rien, mais qui pillent tout.

    Nous voulons être libres de choisir nous-mêmes notre destin. Libres de choisir nous-mêmes qui nous accompagnera et pour quoi. Merci de votre sollicitude. Tu veux que je décide librement ? Soit. Mais je ne veux pas que tu sois là. Tu veux que je décide librement ? Mais soit. Je ne veux pas décider avec toi. Je veux décider seul. Tu veux que ma volonté se réalise pleinement ? Oui, je le veux aussi. Mais je ne veux pas réaliser mon destin avec toi. Je veux le faire moi-même, sans guide, ni parrain, ni gourou. Tu veux t’associer avec moi ? Oui, mais ne me demande pas d’être exclusivement à toi. D’être ta chose. Je veux être libre de m’associer avec qui je veux et comme je le veux et quand je le veux. La mondialisation telle qu’elle est faite pour moi ne me plait pas. C’est vrai. Je veux la démocratie. Je veux le droit. Je veux la justice. Je veux la propriété libre. Je veux la liberté. Mais je veux aussi la responsabilité.

    Nous avons payé trop cher les mirages de la coopération franco-africaine depuis de longues années.

    Cette coopération est étatiste.

    Cette coopération est collectiviste.

    Cette coopération est monopolistique.

    Cette coopération est jacobine et rétrograde.

    Je crois que l’échange libre est bénéfique et qu’il doit être la règle de mon jeu dans la mondialisation. Je crois que la concurrence est un moyen et qu’elle est mon meilleur atout pour réussir à m’enrichir et à prospérer dans la mondialisation. Les pires des prédateurs qui nous cachent de la mondialisation sont ceux qui viennent s’apitoyer sur mon sort et me considérer comme un grand naïf auquel ils proposent altruisme, protection, aide publique et humanitaire, mais jamais de commerce responsable. Le plus grand des prédateurs pour nous est celui qui nous rassemble dans un enclos que l’on appelle le Pré carré, ou le Champ, et nous propose de jouer soit au loup et à l’agneau, soit au renard dans le poulailler. Nous croyons que la liberté économique annonce et conditionne la liberté politique.

    Nous croyons que les esclaves ne peuvent échanger que leurs chaînes. Que le marché est le propre de l’homme. Que nous sommes des hommes et que nous voulons échanger autre chose sur des marchés libres d’accès et de sortie. Nous croyons à l’économie de marché. Vous vous trompez à notre sujet lorsque vous affirmez le contraire. Nous croyons au laisser faire et nous nous méfions de toutes les barrières à la concurrence. Vous craignez l’immigration de la jeunesse africaine en France et en Europe ?

    Vous avez tort. L’immigration subie ou l’immigration choisie ? Vous posez mal le débat. L’immigration relève du droit individuel de circuler et est pour nous une des bases de la liberté que nous recherchons. La France devrait se demander comment une telle liberté pour nous peut devenir un fléau social pour les Français ? Pour nous, l’étranger a droit au respect de sa vie, de sa dignité et de sa propriété. Mais nous savons et nous admettons que l’étranger ne peut avoir tous les droits, car nous savons et admettons qu’il n’y a pas de droits sans devoirs. L’étranger doit se soumettre aux règles sociales de la société qui l’accueille. Vous avez le sentiment que certains étrangers ne respectent pas les règles de votre société et ont des comportements anormaux ? Mais ce n’est pas notre faute à nous qui vivons ici dans les pays d’origines de ces immigrés. Les repousser à vos frontières, contrôler leur entrée et sortie de chez vous sont de fausses solutions coûteuses, humiliantes et inefficaces. Pour vous en sortir, laisser nous vous donner des conseils d’amis et d’alliés. Abandonnez votre Etat-providence, car c’est lui qui attire l’immigré que vous craignez. Les forces d’attraction de chez vous sont aussi fortes que les forces de répulsion d’ici.

    De nombreux immigrés apportent à la France leur travail, leur talent, leur argent. Nombreux aussi sont ceux qui fuient les dictateurs et les autres régimes liberticides que vous installez chez nous. Mais les plus nombreux, ceux qui sont supposés vous faire le plus de mal, sont ceux qui arrivent chez vous, pour profiter comme de nombreux Français de souche, du parasitisme offert par votre Etat-providence. Je présume que vous le savez déjà. Ceux-là vont en France pour toucher des allocations, pour se livrer à de petits et à de grands trafics, pour profiter des cadeaux qu’offre l’Etat français à ses propres parasites. Les places sont gratuites chez vous et elles rapportent plus que chez nous car votre Etat-providence est plus généreux que les nôtres, et plus riche aussi.

    Nous croyons que par des relations de travail libre, par l’échange marchand, par le libre échange entre la France et nous, l’immigration trouvera solution. Or vous nous proposez de nous méfier du laissez faire pour nous accrocher au protectionnisme offert par nos Etats-providence rentiers, pâles copies du vôtre.

    Nous voulons que les immigrés qui arrivent chez vous, vous donnent plus qu’ils ne vous prennent, mais votre Etat-providence leur propose la gratuité pour tout ce qu’ils peuvent avoir. Nous aimons la France pour sa sécurité sociale. Elle nous épargne de faire de grands efforts d’adaptation au monde moderne, d’éduquer correctement nos enfants qui y naissent. Elle nous propose le RMI, les allocations logements, les prestations familiales. Elle nous propose des revenus à peine suffisants pour vivre de façon médiocre sans travailler chez vous. Mais tout cela, vous le savez déjà. Parmi vos immigrés qui viennent de chez nous se trouvent les plus pauvres des immigrés, les plus mal éduqués, les plus délinquants, les plus mal aimés, les plus mal logés. Votre Etat-providence nous offre une couverture sociale complète dans des ghettos, des foyers bruyants et violents que vous appelez « logement sociaux ». Les enfants d’immigrés africains vont dans des écoles où l’on n’apprend presque plus rien, pas même la politesse et le savoir vivre français que nous admirons de loin, nous qui sommes restés ici au pays. L’école française ne leur apprend pas même la vertu du travail bien fait, pas même le respect des autres.

    Nous voulons commercer avec une société française compétitive. Mais votre Etat nous propose des monopoles, des statuts figés, des services publics, des entreprises protégées. Les Africains de qualité comprennent de plus en plus que vivre chez vous, sous la protection de l’Etat-providence les sclérose, ils vont ailleurs pour être plus compétitifs et faire face aux enjeux du monde actuel. Ça aussi vous avez du le constater.

    Nous pensons que seules des relations marchandes entre la France et l’Afrique révèleront les opportunités d’embauches en qualité et en quantité chez vous comme chez nous. Mais vous semblez avoir peur du marché libre. Nous ne pensons pas qu’il soit dans les prérogatives de l’Etat-providence de dire qui est qualifié pour entrer et s’installer en France pour bénéficier des droits sociaux. Nous croyons au partenariat direct entre les peuples, entre les jeunes, entre les entreprises. Vous aimez plutôt les rencontres au sommet. Nous immigrons en grand nombre chez vous parce que notre vie ici, du fait de votre protection bienveillante et providentielle est misérable. Nous pensons que si vous nous donnez plus de liberté de choix, plus de libertés économiques, la source principale de cette immigration artificielle disparaîtra. Pour vaincre l’immigration qui vous fait tant peur, brisez les enclos dans lesquels sont enfermés les peuples d’Afrique esclaves de votre générosité. Un pays comme le Sénégal a perdu dans les mers plus d’hommes candidats à l’immigration que la Côte d’Ivoire avec sa guerre ces cinq dernières années. L’immigration est aussi un fléau pour nous tant qu’elle sera organisée par votre Etat-providence.

    Pour vaincre l’immigration, abandonnez les Etats-providence, abandonnez les accords de coopération rétrogrades et étatistes. Pour vaincre l’immigration, nous vous offrons la liberté économique. Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la Librafrique. Dans la mondialisation, nous savons que les économies nationales sont en compétition. Nous envisagions aller en compétition avec ce que nous avons. Si vous le voulez bien alors laissez nous faire. Nous envisagions préciser les droits de propriété de base sur nos terres et nos entreprises d’Etat et les rendre aux entrepreneurs privés. Si vous voulez nous aider, alors laissez nous faire. Nous rêvons d’adopter des politiques macroéconomiques qui nous évitent les humiliations du surendettement et des déficits budgétaires insupportables. Si vous voulez le faire avec nous, alors laissez nous faire. Nous voulons arrêter de tourner nos vues vers le passé. Nous voulons regarder l’avenir avec sérénité. Pour cela, nous rêvons de politiques de croissance fondées sur une épargne domestique capable de nous rendre aptes à financer nos besoins d’investissements risqués. Pour cela, nous rêvons d’un système bancaire moderne qui rompe avec la tradition protectionniste de contrôle des changes et des banques centrales non indépendantes des zones CFA. Si vous voulez nous aider, alors laissez nous faire.

    Nous voulons plus de flexibilité sur nos marchés du travail. Si vous nous aimez, alors laissez nous faire. Nous pensons que la lutte contre la corruption est primordiale mais qu’elle ne peut réussir qu’en prenant de vigoureuses mesures et en donnant des exemples qui ne mettent personne au-dessus du droit. Si vous voyez ce que nous voulons dire, alors laissez nous faire. Nous voulons que notre prospérité soit bâtie en amitié avec tous les peuples du monde et sans exclusivité. Si vous pensez que le monde est un village planétaire et que la mondialisation est beaucoup moins une affaire d’Etat qu’une affaire de liberté d’échanges, alors laissez nous faire. Si vous voulez un véritable discours de rupture, monsieur le président de la République française alors, en plus de définir la politique africaine de la France, il vous faudra désormais intégrer la politique française de l’Afrique. C’est de la rencontre des ces deux visions sous la contrainte de nos autres relations que naîtra le monde meilleur souhaité par la jeunesse africaine et pour lequel elle est prête à travailler avec toutes les jeunesses du monde. Pour cela, il faut que vous nous laissiez faire. Les libertés et les droits de l’homme ne se négocient pas. L’autodétermination des peuples est un droit. Vous ne pouvez pas garder les démocraties pour vous et cultiver les autocraties chez nous. Arrêtez de le faire.

    Le marché ne peut pas être pour l’Europe et les bureaucraties pour l’Afrique.

    Arrêtez de le concevoir.

    Encore une fois merci d’être venu et d’avoir parlé comme vous avez parlé. Votre discours avorté de rupture donne une occasion de rupture effective à la Jeunesse d’Afrique si discourtoisement interpellée par vous à Dakar le 26 juillet 2007. Vos désirs de rupture d’avec les vues de vos prédécesseurs ne nous intéressent pas, d’autant qu’ils n’iront jamais jusqu’à la remise en cause des fondamentaux de la traditionnelle politique africaine de la France. Par contre, nous avons avec la mondialisation l’occasion de rompre avec le modèle de coopération que la France nous propose. Merci de nous avoir donné l’occasion de vous le dire. Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce n’est pas pour vous, nous vous indiquons que c’est avec vous, nouvelles et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d’Afrique, nous rompons. Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire »

    in Le Quotidien (Dakar, Sénégal) le 04 août 2007 & Le Messager (Douala, Cameroun) le 06 août 2007

  13. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 17:36

    « Auriez vous tenu à Chirac et de Villepin, les mêmes propos ? » tu fixes la barre très haute. Chirac exemple de moralité !

    « nos mères dans les villages continuent à penser que l’électricité est une excentricité ? » Dans certaines zones rurales, il n’y a pas d’eau, ni électricité. Dans d’autres elles coûtent cheres. L’électricité n’est pas une excentricité, mais un luxe que ne peut s’offir ses mères africaines à cause de la mauvaise gestion que tu dénonces.

  14. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 17:54

    « dénoncé le colonialisme oui , dédouanner les responsabilité afriraine non ! » NJ tu vas provoqué la colère des africanistes qui ont trop honte de parler de l’Afrique.

    Le vice ministre de la santé en Afrique du Sud a été limogé. Elle n’était pas tendre envers la ministre de la santé qui proposait de l’ail comme traitement du VIH/SIDA, et de plus elle a montré le visage d’un hôpital aux sud africains. Quand l’autruche a la tête enfouie dans le sable, tout le monde voit son cul en suspension dans le vide.

  15. Posté par Nietzsche_junior, le 12 août 2007 à 17:58

    vous parlez de Sarkosy comme d un serpent qui mue ! .. l Afrique est loin du Ranch de la famille bush , srako est là pour defendre la France et " l’intégrité " du monde moderne ex civilisé ex monde Libre ! ... l afrique avait encore de l espoir quand elle pouvait tirer profit da la lutte OTAN vs URSS , now c est fini ! les africains sont abandonné a eux meme mais reste vicieusement enchainé a l economie mondial , les discours de Sarko sa sert a rien d épiloguer dessus on sait tous qu il ne parle que pour atteindre par ricochet la chose essentiel pour lui .. l electorat Francais ! , se maintenir au pouvoir !

    on assiste a l emergence d une bourgeoisie intelecteul BLack qui sont a l image des bobo des 80’s , certain critique Bergson ou Klages mais n ont pas compris qu il font exactement comme leur héritier , ouvrir des portes ouverte et produire du vent avec les vieux outils faconné par les Cézaire fanon et autre ! des outlis pertinent mais dépasser par les boulversement tsunamik qui ont déferler de puis quelque decennie ....

  16. Posté par Nietzsche_junior, le 12 août 2007 à 18:01

    que les romancier continue d ecrire des romans et evite de romancer une réalité que certain refuse d affronter , quitte a devoir délaisser des fragement de culture antique qui n ont plus lieu d etre ! ... a trop comtemplez l homme blanc les noir ne se voient qu a travers leur pale reflet !

  17. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 18:13

    « on veut aller dans le monde par le marché et non sous la protection de qui que ce soit. » Il ne dit pas on va. Dans la première phrase il a tout dit. Il n’y aura pas d’action. Au moins lui est clair.

    « Nous connaissons le chemin. » le CFA ?le CAMES ?la francophonie ? « Le monde, ce n’est pas que la France » c’est la France que vous avez supplié pour vous aider à un moment.

    « Nous voulons choisir librement notre méthode » un autre voeu ? Sarkozy n’est pas le père noel pour vous exaucer. De l’action par pitié !

    « Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l’Europe. » allez vous vous rétirer du FMI et de la Banque mondiale ? allez vous signer les accords UE-ACP ?

    « Nous voulons que la France nous laisse faire » et les accords militaires ? c’est plus concret.

    « Nous ne comprenons pas que nos avoirs extérieurs nets en devises soient déposés au Trésor Public de chez vous. » Si c’est illégal portez plainte !

  18. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 18:31

    « Nombreux aussi sont ceux qui fuient les dictateurs et les autres régimes liberticides que vous installez chez nous. » Quel régime ? la franchise s’arrête t-elle en Afrique ?

    « Nous croyons que par des relations de travail libre, par l’échange marchand, par le libre échange entre la France et nous, l’immigration trouvera solution. » Pas moi ! la liberté d’expression, la corruption, les infrastructures et etc.

    « Vous aimez plutôt les rencontres au sommet. » qui accepte ces rencontres au sommet ?

    « brisez les enclos dans lesquels sont enfermés les peuples d’Afrique esclaves de votre générosité. » maître liberez moi !

    « L’immigration est aussi un fléau pour nous tant qu’elle sera organisée par votre Etat-providence. » D.O.W. tu crois à ça ? contre une immigration choisie à la française mais pour une immigration choisie à l’africaine.

    C’est une supplication en bonne et due forme. Il se met carrément à genou le gars.

  19. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 19:01

    « Pour vaincre l’immigration qui vous fait tant peur, brisez les enclos dans lesquels sont enfermés les peuples d’Afrique esclaves de votre générosité. »

    Les africains ne vont pas tous teter le sein de Marianne. Il y en a qui gagne leur place par le travail et le mérite.

  20. Posté par D.O.W., le 12 août 2007 à 20:06

    Mon cher Ngnagna, tu écris tellement de choses à la fois, on ne peut pas te suivre. Comme on dit au cinéma, souffle un peu entre deux prises ! ;-))

    Post 5, me citant, tu écris : "Le moins qu’on puisse dire c’est que globalement, la part de l’Afrique, dans le monde actuel, est tout à fait insignifiante". A quoi tu réponds : "C’est meconnaître le montant des sommes colossales qui sortent illégalement de l’Afrique( cf Raymond Baker). Les multinationales font des bénéfices record". Vous allez finir par me déprimer ;-) L’Afrique participe au contexte du monde un peu comme toi tu participes à la marche des civilisations en respirant c’est ça ? Nooonn, je suppose que tu as d’autres ambitions. Faudrait que l’Afrique aussi, tu crois pas ?

    Et à propos de ta dernière question (post 18), oui mon frère, j’ai pensé comme toi qu’à une autre époque, ce type aurait été condamné à recevoir 100 coups de fouet sur la place publique pour avoir dit tant de bêtises à la fois. Et encore, je n’ai même pas pu aller jusqu’au bout de ses niaiseries. "Tout faire pour nous", mais il rigole ou quoi ? Ce type est vraiment président de l’assemblée nationale ivoirienne ou c’est une farce ? Il appartient à qui, de décider que désormais, on ne ferait plus pour nous ?? "Nous ne voulons plus des accords léonins qui, sous prétexte de vouloir nous aider, nous font plus de mal que de bien". Mais qui "vous" force à signer ces accords ? Où est la corde que l’on a brandie pour vous pendre, le fusil avec lequel on vous a menacé ??

    "Nous voulons être libres de choisir nous-mêmes notre destin". Mais où sont les chaînes qui vous en empêchent ?? Comme disait Kankan le Camerounais, si je pouvais te .... vraiment !! Qui t’empêche d’être libre ??? Les djeun’s, là où j’habite diraient : "mais quel bouffon c’lui là !". Il demande à Sarkozy de le laisser libre, de le laisser tranquille, de lui foutre la paix. Et comme dit Ngnagna, l’instant d’après il se met à genou devant le même Sarko pour lui dire : "donnes-moi ma liberté". Ouais franchement les jeunes, quel triple bouffon !

  21. Posté par Bornagain, le 12 août 2007 à 20:46

    Que represente la photo qui accompagne le texte a commenter ? je crois distinguer des stylos sur des morceaux de granite...les dix commandements pour Sarkozy ou quoi ?

  22. Posté par la gaufrette, le 12 août 2007 à 21:17

    « Parmi les différences qui séparent la mentalité des sociétés inférieures de la nôtre, il en est une qui a arrêté l’attention d’un grand nombre de ceux qui les ont observées dans les conditions les plus favorables, c’est-à-dire avant qu’elles eussent été modifiées par un contact prolongé avec les blancs. Ils ont constaté chez les primitifs une aversion décidée pour le raisonnement, pour ce que les logiciens appellent les opérations discursives de la pensée ; ils ont remarqué en même temps que cette aversion ne provenait pas d’une incapacité radicale, ou d’une impuissance naturelle de leur entendement, mais qu’elle s’expliquait plutôt par l’ensemble de leurs habitudes d’esprit. » lucien lévy-bruhl, introduction à La mentalité primitive.

  23. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 22:04

    « Vous allez finir par me déprimer » ce n’est pas mon intention en tout cas. Je voulais attirer ton attention sur la fuite de capitaux hors de l’Afrique.

    « Nooonn, je suppose que tu as d’autres ambitions. Faudrait que l’Afrique aussi, tu crois pas ? » Oui j’ai de l’espoir. Le Nigeria veut être parmi les grands d’ici 2020. Il n’attend personne.

    Modibo Diarra avait demandé aux dirigeants africains de lancer un satellite. Sans surprise ce n’était pas une priorité, aujourd’hui le Nigéria à son satelitte. Obasanjo a repris les bancs dans une univ du pays. C’est comme ça qu’on donne l’espoir.

  24. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 22:10

    Et puis si ton pays ne veut pas de toi, direction la première ambassade puis l’aéroport.

    Il ne faut pas oublier D.O.W. que l’esprit d’innovation et l’intégrité ne sont pas encouragés. Le mec clean est souvent pauvre et amer.

  25. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 22:17

    « je crois distinguer des stylos sur des morceaux de granite » Les deux blocs peut être l’Afrique et l’Europe. Le stylo entre les deux un lien ou une pirogue ?

  26. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 22:27

    D.O.W. les pays qui essaient de s’en sortir sont anglophones ou maghrebins. Ils ont leur propre système éducatif, monétaire et etc.

  27. Posté par Au secours, le 12 août 2007 à 22:51

    Ngnagna le recidiviste ! Par quel miracle le Nigeria deviendrait-il un géant en 2020 ? Un pays pratiquement ingouverné, dont nul ne sait la comptabilité des ses ressources pétrolières, ou des rebels prennent les employés du pétrole en otage régulièrement, et dont le fameux satellite a été lancé en orbite par la Russie. Ce sont des ingénieurs Russes qui ont lancé ce satellite. Il faut bien commencer quelque part mais annoncer le Nigeria comme le prochain géant est un peu prématuré.

  28. Posté par Au secours, le 12 août 2007 à 23:00

    En Plus, Ngnagna, le second satellite "Nigerian" est un cadeau des Chinois de $200 millions, lancé en début 2007 en Chine. Tout était Chinois, sauf l’estampille sur le Satellite qui se lisait Nigeria. En Plus, le contribuable Nigerian devra rembourser les $200 millions.

  29. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 23:03

    « Par quel miracle le Nigeria deviendrait-il un géant en 2020 ? » j’ai dit grand. Le Nigeria veut être classé parmi les 20 premières économies. Il faut avoir des ambitions pour bouger. « Ce sont des ingénieurs Russes qui ont lancé ce satellite. » Ta source stp

    « dont le fameux satellite a été lancé en orbite par la Russie. » désolé par la Chine ! la désinformation est quelque chose de notoire quand on parle d’Afrique. Les dirigeants africains retiennent l’info, les médias internationaux ne diffusent que la misère.

  30. Posté par Au secours, le 12 août 2007 à 23:06

    Volontier mon Ngngagna, volontier :

    http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/3141690.stm

    http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/6653067.stm

  31. Posté par Au secours, le 12 août 2007 à 23:23

    Ngnagna dans ton 29, Tu m’accuses de désinformer. Après lecture des liens proposés, auras tu la hauteur de t’excuser ? On verra !

  32. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 23:28

    Tu t’es corrigé toi même tant mieux ! le satellite a été lancé par la Chine c’est que je précisais au post 29.

    L’argent autrefois destiné à payer la location de satellite, servira à rembourser la dette contractée.

    Le Nigeria gagnera en fin de compte quand elle aura possession du satellite.

  33. Posté par Ngnagna, le 12 août 2007 à 23:33

    Je ne m’excuse pas le satellite a été lancé par la Chine et non la Russie. Tu l’as reconnu toi même.

  34. Posté par Au secours, le 12 août 2007 à 23:36

    Ngnagna, j’abandonne, les liens sont devant toi. Tu fais comme tu veux.

  35. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 00:38

    « Ngnagna, j’abandonne, les liens sont devant toi » tu as dit que le satellite avait été lancé par la Russie (post 27) et moi la Chine (post 29) :« dont le fameux satellite a été lancé en orbite par la Russie. » désolé par la Chine !.

    « les liens sont devant toi » je voulais des liens attestant ta première information sur le lancement du satellite par la Russie. C’est toi qui devrais reconnaître ton erreur initiale. Je ne bagarre avec personne.

  36. Posté par Au secours, le 13 août 2007 à 00:52

    Ngnagna, comme il faut vous mettre le biberon à la bouche, on y va : 1- Le premier lien : Saturday, 27 September 2003 : Nigeria’s long-awaited first satellite has been successfully launched from the Plesetsk Cosmodrome in Russia. 2- Le second lien : Monday, 14 May 2007 : China has successfully launched a communications satellite for Nigeria.

    2 satellites lances en 4 ans par 2 puissances étrangères au compte du Nigéria. Si vous ne comprenez pas ça, passez une bonne nuit.

  37. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 01:02

    Modibo Diarra voulait un satellite de télécommunication pour l’Afrique à un coût de 200 millions de dollars. Il pensait « qu’Il suffirait de 10 millions d’abonnés à l’internet, qui ne payeraient que la modique somme de 20 $ par an, dans l’ensemble des pays ouest africains, pour couvrir les frais d’un satellite commun » http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=4809&URL_DO=DO_PRINTPAGE&URL_SECTION=201.html

    D’après la BBC, le Nigeria deboursera 311 millions de dollars pour ce même satellite de télécommunication. A l’évidence les propos de M Diarra ont été envoyés en orbite par le Nigeria qui a cherché sa propre piste.

  38. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 01:06

    Je précise à nouveau, il est question de satellite de télécommunication pour lever la polémique. Le satellite de télecom nigerian a été lancé par les chinois.

  39. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 01:10

    Les techniciens nigerians ont participé à la construction du premier satellite fabriqué en Angleterre et lancé en Russie. Ce dernier n’était pas destiné à la télécommunication.

    J’aurais du préciser satellite de télécommunication. C’est ce que voulait M Diarra pour que je puisse intervenir dans ce blog à un moindre coût avec tout le benef pour des exploitants africains.

  40. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 01:24

    J’espère que vous avez compris qu’on ne parlait pas de la même chose Au secours.

  41. Posté par Vigilant, le 13 août 2007 à 01:33

    Le discours inacceptable Nicolas Sarkozy

    Il est peut-être écrit quelque part qu´entre Paris et ses anciennes colonies d´Afrique noire rien ne doit se passer selon les normes admises par le reste du monde. La brève visite de Nicolas Sarkozy au Sénégal aurait pu passer inaperçue : elle lui a au contraire servi de prétexte à un discours inacceptable, que jamais il n´aurait osé tenir hors du pré-carré, devant le plus insignifiant de ses pairs. En Tunisie et en Algérie, il a bien compris qu´il ne lui serait pas permis de se comporter comme en pays conquis. Il n´a d´ailleurs pas eu droit au Maghreb à l´accueil populaire, folklorique à souhait et dégradant, qui lui a été réservé à Dakar. Dans cette atmosphère rappelant le temps des commandants de cercle, il a prononcé une sorte de discours sur l´état de l´Union… française, sans même qu´on puisse lui reprocher de s´être trompé d´époque. Car il ne faut pas s´y laisser prendre : bien qu’il ait prétendu s´adresser à l´Afrique entière, Sarkozy n´est pas naïf au point de s´imaginer que la voix de son pays porte aussi loin que Johannesburg, Mombasa ou Maputo. Si les intellectuels de cette partie du continent ont, pour une fois, prêté attention aux propos d´un président français, c´est parce qu´on leur en avait préalablement résumé le contenu. Depuis quelques jours, ils le découvrent par eux-mêmes avec stupéfaction en même temps que les réalités de la Françafrique.

    On comprend leur colère : même dans les pays francophones où on croyait avoir touché le fond depuis longtemps, tout le monde est d´avis que cette fois-ci la mesure est comble.

    sarko.jpgEtre un chef d´Etat relativement jeune et inexpérimenté ne donne à personne le droit d´être aussi puéril. Lorsqu´on dirige un pays important, on ne peut pousser trop loin le jeu du “moi-je-ne-suis-pas-comme-les-autres”. Ce manque d´humilité d´un homme que l´on dirait encore choqué d´avoir si aisément atteint son but l´a amené à aligner, devant un auditoire particulièrement averti, les plus désolants clichés de l´ethnologie coloniale du dix-neuvième siècle. La science politique s´intéressera peut-être un jour à ce cas de figure unique : un président étranger faisant, du haut de son mètre soixante quatre, le procès de tous les habitants d´un continent, sommés d´oser enfin s´éloigner de la nature, pour entrer dans l´histoire humaine et s´inventer un destin. Remises au goût du jour par des auteurs français surtout soucieux de flatter la négrophobie ambiante, ces thèses servent à conforter une lecture révisionniste de la colonisation, du génocide des Tutsi du Rwanda et de la Traite négrière. La phrase “Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d´autres Africains” est d´une colossale ineptie, elle est tout simplement indigne d´un président de la République. C´est une insulte à la mémoire des victimes et une infâme relativisation de la violence fondamentale du commerce triangulaire. Jamais, dans toute l´histoire de l´humanité, une nation n´en a opprimé une autre sans avoir bénéficié de la complicité, voire du zèle des élites du pays conquis. Aux dires de Robert Paxton – dont le travail sur Vichy est une référence absolue – Adolf Hitler n´était pas spécialement intéressé par l´occupation totale de la France : il lui suffisait de la neutraliser et d´en faire une simple base arrière. Ce sont les autorités étatiques françaises de l´époque qui l´auraient vivement pressé de se montrer un peu plus ambitieux, que diable. Et qui donc, sinon l´écrivain Charles Maurras, a salué comme une “divine surprise” l´entrée des chars allemands dans Paris le 14 juin 1940 ? Le constat vaut pour d´autres parties du globe. Sans les coupables hésitations de Moctezuma – un homme de faible caractère à la tête du puissant empire aztèque – et le concours des caciques de nombreuses tribus indiennes, Hernàn Cortès et sa poignée de conquistadors n´auraient pas réussi à soumettre à leur loi la quasi-totalité de l´actuelle Amérique latine.

    Le président francais a dépassé les limites du tolérable et – bien au-delà des fameux “pays du champ “ – beaucoup de descendants d´esclaves vont se demander comment on en est arrivé à une situation oú un responsable européen peut se permettre de tenir publiquement, sur le lieu même du crime, de tels propos sur la Traite négrière. La référence à Césaire n´y changera rien. Comparaison n´est certes pas raison mais Sarkozy n´a pas de chance : au moment même où il évoquait avec une émotion feinte “ le bruit d´un qu´on jette à la mer”, un Nègre – ou un Arabe - était enchaîné et roué de coups à l´aéroport de Roissy.

    A Dakar, le président de la République française a refusé d´appeler l´université par son nom, parce qu´il lui en coûtait sans doute de prononcer celui de Cheikh Anta Diop. Cette attitude ne le grandit pas, pour dire le moins. Elle met à nu les limites d´un homme pourtant visiblement décidé à montrer ce jour-là qu´il était capable de parler d´autre chose – et sur un autre ton – que de “racaille” et de “karcher”. Son désir de proximité avec un public qu´il devait savoir hostile l´a peut-être un peu perdu. Le rôle de composition qu´il s´est inventé (“Je suis jeune et je te parle à toi, jeune d´Afrique“) témoignait de toute façon – soit dit au passage – d´un réel manque de délicatesse à l´égard de son vénérable hôte.

    On n´aura pas la cruauté de faire remarquer à Sarkozy que le tutoiement nous rappelle, a nous autres, de bien mauvais souvenirs. Cela importe en définitive moins que son recours répété a un “je” plein de présomption. Il en faut pour s´imaginer que ni la vie, ni leurs parents ou leurs professeurs n´ont jamais rien appris aux jeunes Africains, qu´il y a toujours eu un abîme entre la Vérité et eux et que, lui Nicolas Sarkozy, allait une fois pour toutes le combler ce 26 juillet 2007. Mais l´étudiant le moins averti de l´assistance avait déjà maintes fois décortiqué Discours sur le colonialisme et entendu Césaire y réfuter l´un après l´autre, avec clarté et précision, les arguments servis par Sarkozy. Ce dernier ne le sait peut-être pas mais son discours de Dakar est bien plus vieux que lui-même. On peut se croire résolument tourné vers l´avenir alors qu´on a seulement les yeux rivés sur le rétroviseur de sa propre histoire.

    Nicola Sarkozy a en outre cru devoir inviter son auditoire à distinguer entre les “bons” et les “mauvais” colonisateurs. Admettrait-il qu´un Allemand applique la même grille de lecture à l´histoire de son pays ? La France n´a été occupée par l´Allemagne que pendant cinq ans – et dans des conditions infiniment moins cruelles que la colonisation – mais on attend le jour où, au lieu de réfléchir sur un système de domination étrangère, violent et illégitime par sa nature même, quelqu´un aura l´audace de faire le tri entre les nazis de bonne volonté et les autres.

    Dressant la liste des fléaux du continent, Sarkozy fait une discrète mention, “des génocides” dont la colonisation n´aurait en rien été “responsable”. Il faut s´y arrêter, comme chaque fois que l´on voit le mot “génocide” utilisé au pluriel par un représentant de l´Etat français. Le nouveau président est arrivé au pouvoir dans un contexte de très forte tension entre Paris et Kigali. L´implication de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda est si avérée que l´on sent parfois chez certaines autorités de l´Hexagone comme une tentation de passer aux aveux. C´est en réalité la seule option rationnelle dans ce difficile dossier. Malheureusement Paris court le risque, en créant un tel précédent, de voir s´ouvrir la boîte de Pandorre des sanglantes dérives de la Francafrique. Pour se tirer d´affaire, on essaie d´accréditer l´idée que le Rwanda n´était, tout bien considéré, qu´un génocide africain de plus et qu´on aurait tort d´en faire une grosse histoire. Avant Sarkozy, François Mitterrand et Dominique de Villepin – pour ne citer que ces deux-là – avaient essayé de se débarrasser, d´un haussement d´épaules désabusé, du million de morts rwandais. Or, cette étrange théorie des solutions finales quasi routinières en Afrique ne résiste pas à l´examen. Il se trouve en effet que le génocide, perçu comme le crime absolu par la communauté des nations, a été défini de manière particulièrement stricte par la Convention de Genève de 1948. Et au sens où l´entend celle-ci, le seul génocide sur le continent, au vingtième siècle, est celui des Tutsi du Rwanda en 1994. Les deux autres – la Shoah et le génocide arménien – ont eu lieu en Europe et le quatrième au Cambodge. Sarkozy ne pouvait ignorer cela. C´est donc à dessein qu´il a tenté de semer la confusion sur ce sujet douloureux, qui mérite mieux qu´un dérisoire traitement politicien.

    Plus soucieux, curieusement, d´évoquer notre passé le plus lointain que le présent, l´orateur s´est gardé de la moindre allusion à la Françafrique, “le plus long scandale de la République”, selon le mot du regretté Francois-Xavier Verschave. Sarkozy était pourtant très attendu sur le sujet, car il aurait eu bien des choses à dire sur la politique africaine de la France depuis le début des années soixante. Il sait bien qu´après des independances de façade Paris a continué, entre coups d’Etat, soutien à des régimes dictatoriaux et contrôle total des leviers économiques et du personnel dirigeant, à faire la loi dans ses anciennes colonies. Il en est ainsi depuis le temps du général de Gaulle et ses successeurs, de gauche ou de droite, s’en sont toujours tenus à une ligne de conduite en fin de compte si profitable : langue de bois lénifiante sous les ors des palais et, dans l’ombre, le langage de la force avec son lot de coups tordus de divers réseaux et services, d’interventions militaires et d’assassinats ciblés de personnalités politiques.

    On n’attendait certes pas de Nicolas Sarkozy qu’il regrette publiquement l´implication de son pays – qui ne fait plus l’ombre d’un doute – dans le génocide des Tutsi du Rwanda ; il n’allait pas non plus, dans un brusque accès de sincérité, se laisser aller à des états d’âme sur le rôle d’Elf et de certains grands groupes financiers – auxquels on le dit très lié – dans le pillage des ressources du continent. Personne, même dans ses rêves les plus fous, n’a jamais espéré le moindre aveu de cette nature : dans le monde tel qu’il va, les choses ne se passent pas ainsi. Qui ne s´est malgré tout surpris à guetter, ces dernières semaines, l´indice d´un début de changement ? La relation françafricaine a atteint, au sommet, un tel degré de putréfaction qu´elle se sait condamnée à terme. Du Rwanda à la Côte d´Ivoire – en passant par les péripéties de la succession d´Eyadéma – les avertissements n´ont pas manqué depuis bientôt quinze ans. Il eût été habile pour Sarkozy de se donner une aura de réformateur hardi en faisant de nécessité vertu. Mais même ce petit pas en avant, dicté par une prise en compte lucide des réalités du monde et des mutations de l´Afrique dite francophone, a paru d´une audace inouïe aux parrains de la Françafrique. Le candidat Sarkozy avait cru pouvoir déclarer que “la France n’a pas besoin de l’Afrique” mais il n´a pas dû être difficile de démontrer au président l´imprudence de tels propos. Son mutisme remarqué sur la Francafrique montre clairement qu´il n´a pas l´intention d´opérer une rupture qui mettrait dans l´embarras Idriss Deby, Sassou Nguesso et surtout son vieux complice Omar Bongo. Sans parler des amis qu´il ne va pas tarder à se faire : présidents en poste et jeunes dauphins encore imberbes se bousculent, paraît-il, au portillon…

    Ceux-là l´ont entendu écarter toute idée de repentance le soir même de son élection et ils n´oseront jamais le fâcher par l´évocation de ce sujet, délicat entre tous. De toutes les anciennes puissances européennes, la France est la seule à avoir ce rapport quasi obsessionnel à son passé colonial. Le parlement y vote, avec une incroyable candeur, des lois négationnistes et sa classe politique semble faire de la question de la repentance une affaire d´Etat d´une importance exceptionnelle. On a envie d´inviter toutes ces personnes à plus de sérénité. Regretter les crimes de ses ancêtres est un acte que seule sa conscience peut dicter à un être humain. C´est, par ce fait même, un acte qui perd toute valeur s´il résulte d´une injonction extérieure. Il ne pourra certes jamais ressusciter les morts ou même guérir complètement les blessures de jadis mais il peut grandir celui qui est capable de s´élever à une telle hauteur et aider, parmi les nouvelles générations, à la réconciliation des coeurs et des esprits. Mais si on n´a pas la force de se repentir, on doit au moins avoir la décence de se taire. Lorsque Nicolas Sarkozy lance : “Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance”, il commet une grave inversion des rôles. C´est le privilège de la victime et non du bourreau de décider s´il faut évoquer ou non des crimes si abominables. La réaffirmation constante par le second de son refus du repentir est une véritable maladie de l´âme. Une société dont les dirigeants et tant de citoyens n´ont avec leur passé que ce rapport de dénégation, compulsif et grimaçant, révèle à son insu le malaise qui le tenaille et mérite, en vérité, plus de compassion que de haine.

    A entendre Nicolas Sarkozy en prendre ainsi à son aise avec la Traite négrière, on peut perdre de vue qu´elle a fait, sur plusieurs siècles, au moins deux cents millions de victimes. Ce dernier chiffre est donné par Senghor - dans l´important ouvrage qui lui est consacré par l´universitaire américaine Janet G.Vaillant. Peu porté à l´exagération en la matière, l´ancien président sénégalais explique très sobrement dans une lettre à sa biographe en quoi le “trafic de bois d´ébène” continue à peser à la fois sur le présent et sur le destin de l´Afrique.

    dessin senghor3 .jpgLe poète de Joal a été cité à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy en des termes élogieux. Le plus ironique c´est que, quoi que l´on puisse penser de Senghor, il n´est pas certain qu´il aurait laissé un invité du Sénégal dire de telles énormités ce 26 juillet sans lui porter la réplique d´une façon ou d´une autre. Etre un habile politicien ne l´empêchait pas d´avoir, lui, de la fierté et le sens de l´Histoire.

    Au-delà des rapports de suzerain à vassal que Sarkozy peut entretenir avec ses obligés de la Françafrique, ce qui est arrivé à Dakar interpelle aussi une certaine intelligentsia africaine francophone. Les désillusions nées des Indépendances – partis uniques, Guides-Infaillibles-de-la-nation. épidémie de coups d´Etat militaires et corruption – ont amené certains auteurs à soumettre l´Afrique à une critique sans complaisance. A partir de la fin des années 80 de nombreux textes ont été publiés par nos sociologues, historiens ou philosophes, avec l´intention louable de diagnostiquer le mal africain et de susciter les conditions psychologiques d´un sursaut. De façon moins élaborée mais souvent mus par la même volonté de favoriser un électrochoc, les romanciers faisaient de leur côté, avec la démesure et les effets de dilatation que seule autorise la fiction, le procès des systèmes politiques post-coloniaux. Les uns et les autres avaient malheureusement tendance à confondre Etat africain et société africaine. Celle-ci était soupconnée de couver, par le simple fait qu´elle restait elle-même, les germes de sa propre destruction, plusieurs fois annoncée à l´époque – puis aussitôt reportée sine die. C´était là l´exemple achevé d´une vision purement essentialiste de la réalité africaine, tournant autour d´elle-même, comme le serpent qui se mord la queue, avec une lassante monotonie. Négligeant les rapports de force politiques réels et l´impact décisif de l´Etat francais sur les luttes de pouvoir dans chaque pays de son ex-Empire d´Afrique subsaharienne, la réflexion se polarisait, avec une singulière obstination, sur les effets visibles du désastre au détriment de ses causes profondes, moins spectaculaires il est vrai. Cette littérature, en principe destinée aux Africains, a été en fait beaucoup plus lue par les Occidentaux. Ceux-ci en ont fait leurs délices et elle leur a procuré un exquis sentiment d´innocence. Ces auteurs balisaient à leur insu la voie à une négrophobie que l´on voit chaque jour un peu plus paisible et décomplexée mais qui sait être vulgaire et injurieuse à l´occasion. En quelques années, l´afro-pessimisme a été pour ainsi dire racialisé et vidé de l´énergie libératrice dont elle était potentiellement porteuse. En France et dans le reste de l´Occident, des essayistes africanisants s´en sont largement servis pour donner une seconde vie aux préjugés les plus incongrus sur le continent. Et très souvent ils se sont abrités derrière ces ouvrages pour convaincre de la pureté de leurs intentions un public assez peu averti. Il était en effet difficile de les accuser de racisme puisqu´ils ne faisaient que reprendre les analyses de leurs homologues de Dakar, Yaoundé ou Abidjan.

    Les propos de Nicolas Sarkozy viennent en droite ligne de cet univers vaguement africanisant, si prompt à fustiger la concurrence mémorielle et une soi-disant tendance des Nègres à se présenter comme d´éternelles victimes des autres. Son meeting d´Agen le 25 juin 2006 est particulièrement révélateur de cette intime filiation. Sarkozy y avait été très dur contre : « ceux qui ont délibérément choisi de vivre du travail des autres, ceux qui pensent que tout leur est dû sans qu’eux-mêmes doivent rien à personne, ceux qui veulent tout tout de suite sans rien faire, ceux qui, au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie, préfèrent chercher dans les replis de l’histoire une dette imaginaire que la France aurait contractée à leur égard et qu’à leurs yeux elle n’aurait pas réglée, ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires, pour exiger une compensation que personne ne leur doit, plutôt que de chercher à s’intégrer par l’effort et par le travail, ceux qui n’aiment pas la France, ceux qui exigent tout d’elle sans rien vouloir lui donner, je leur dis qu’ils ne sont pas obligés de rester sur le territoire national. » Quatre jours plus tôt, il était l´invité de Franz-Olivier Giesbert à l´émission “Culture et dépendances”. Il y disait (...)

    La suite sur : www.togopages.net/blog

    ©Boubacar Boris Diop

  42. Posté par catharsis, le 13 août 2007 à 01:39

    la photo :je voie une pierre sur laquelle git un stylo dont s’écoule une lave incandescente. Et impuissante...

    L’écriture a la force du volcan, quand il vomit sa lave qui consume tout sur son passage. Mais face aux réalités économiques et historiques... Les vautours et les corbeaux planent au dessus des troupeaux de moutons magmatiques des justes revendications. Ils tournoient se jouant des scories du bon sens et des justes causes. Ils attendent. Et fondront de nouveau sur leurs cibles une foie les coulées refroidies.

  43. Posté par Daioris, le 13 août 2007 à 03:53

    Je ne suis pas au courant de ce que Sarko a dit au juste lors de son passage à Dakar, mais en ce qui concerne les millions de dollars et promesses nucléaires à Khadafi, j’ai complètement halluciné ! Bien sûr j’étais contre la mise à mort des infirmières en question, mais était-ce une raison pour donner une nouvelle passerelle vers la terreur à ce type ?! Je n’ai d’ailleurs pas exactement compris en quoi Sarko s’est senti concerné par la remise en liberté de ces personnes... fermant totalement les yeux sur le fait que si eux, français, ne risquent rien vis à vis de kadhafi, étant eux mêmes détenteurs du matériel nucléaire, ce n’est pas le cas des pays alentour du nouveau propriétaire d’un réacteur tout frais, sur lesquels il pourra exercer une pression effrayante ! :s Sur ce coup là, il a véritablement joué le Robin des bois d’une situation qui ne lui appartenait pas, et qui aura des conséquences peut être dramatiques, mais qui à nouveau, ne le concernent pas ! C’est un peu facile... ça me fait penser à un certain Bush, Robin des bois de l’Irak, à feu et à sang depuis lors ! :(

    ...

    La responsabilité des Africains dans les dictatures qui émergent, est évidemment à nuancer, et grandement ! Franchement, même si je n’excuse en rien les dictateurs, je peux comprendre l’attrait presque inéluctable pour la corruption qui gangrène le continent, vu la situation économique globale... N’importe qui, qui a vécu dans des conditions parfois très pauvres, accepterait tout pour une liasse bien grasse... :( A un moment, tout le système souffre de cette situation et c’est pourquoi aujourd’hui, et c’est souligné dans la lettre, les jeunes africains veulent aller de l’avant, et passer cet obstacle, évoluer, et vivre ! Le vieux continent devrait prêter main forte dans cette lutte, vraiment difficile, plutôt que de serrer la patte aux dictateurs ! C’est clair... :( Saleté de diplomatie internationale...

  44. Posté par Andy S. R, le 13 août 2007 à 10:26

    Cette lettre de ces 5 écrivains souffre d’un grang HANDICAP : les écrivains qui la signent n’ont pas un rayonnement international. Personne ne connaît ces 5 écrivains. Donc l’impact sera nul, hélas. Il fallait des grands noms comme Calixthe BEYALA, Gaston KELMAN, Abdouramane WABERI, Fatou DIOME et Alain MABANCKOU. Avec ces derniers auteurs, la lettre aurait fait grand bruit et aurait été mieux écrite. Ici elle ressemble à une lamentation de gamins qui réclament des bonbons à un père.

    Je suis désolé de casser l’ambiance, et j’espère que je ne serai pas censuré.

  45. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 14:24

    « Personne ne connaît ces 5 écrivains. » ne généralise pas trop vite.Le contexte n’est pas le même, mais je tiens à le signaler. Lorsqu’une indienne avait été "insultée" dans une émission de télé-réalité en Angleterre, la réaction populaire a été explosive en Inde.

    Sarkozy s’en prend aux paysans africains, ces derniers ne réagissent pas compte tenu de la PAC qui les paupérise et nuit à la modernisation de l’agriculture.

    Il faut un musée de l’histoire coloniale pour montrer aux africains et au monde le visage de la colonisation. Catharsis, D.O.W., NJ est ce qu’il y a une loi qui qualifie la colonisation de crime contre l’humanité ?

  46. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 14:31

    « Le vieux continent devrait prêter main forte dans cette lutte, vraiment difficile, plutôt que de serrer la patte aux dictateurs ! » Hélas ça va encore continuer surtout en Afrique noire francophone, Afrique soumise.

  47. Posté par JHM, le 13 août 2007 à 18:40

    Ngnagna, post 45 nous dit :

    Il faut un musée de l’histoire coloniale pour montrer aux africains et au monde le visage de la colonisation. Catharsis, D.O.W., NJ est ce qu’il y a une loi qui qualifie la colonisation de crime contre l’humanité ?

    Cher Ngnagna, il nous faudrait en premier lieu définir ce qu’est la colonisation. On apprend par exemple dans l’histoire antique que Massilia (Marseille aujourd’hui) était une colonie Phocéenne. Juste pour dire que la colonisation ça ne date pas d’hier.

    Pour ramener à l’histoire de notre cher pourquoi parle-t-on aujourd’hui des pygmées en tant que peuple autochtone ? Autochtone = originaire du pays Ne serait-ce pas parce que les bantous les ont colonisés ?

    La colonisation c’est vieux comme le monde, à partir du moment où les peuples ont commencé à revendiquer les territoires d’autres peuples la colonisation a commencée. Nous pouvons presque tous en prendre pour notre grade.

    Les tribunaux vant avoir du pain sur la planche si on suit votre suggestion. Les arabes et les turcs qui ont essaimé sur tout le bassin mediterranéen, les grecs d’Alexandre qui ont fait souche jusqu’aux bords de l’Indus, les Sarazins qui ont laissé leur trace dans le Jura, les white anglo saxon protestants en amérique septentrionale et les ibériques dans le reste du continent, les mongols en Chine, les polynésiens dans l’Ile de Paques faut-il encore continuer à énumérer ? Parce qu’il y a aussi les chinois dans le 13ème arrondissement de Paris, les africains à Chateau Rouge et les nord africaisn à Barbès, les libanais au plateau de Pointe-Noire et les Total men vers la Côte Sauvage, oseriez vous dire que ce ne sont pas des colonies ? C’en sont à partir du moment où des communautés exogènes se regroupent.

    Le musée de la colonie, c’est la planète toute entière.

  48. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 18:41

    B-K je ne sais que dire l’ambassadeur américain à Brazza affirmé que le Congo n’avait pas cessé de vendre le pétrole aux USA.

    Le fils du père avait pourtant affirmé qu’il vendait moins cher le pétrole en Asie et Amérique latine.

    Catharsis, NJ petite composition de slam : Vive l’ignorance, cette déficience de connaissance, qui nous laisse dans l’insouciance d’une vie sans repentance.

  49. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 18:52

    « Le musée de la colonie, c’est la planète toute entière. » Je vois mieux maintenant, et je crois que la mort de la vision positive de la colonisation française en Afrique n’est pas pour demain. Faire appel à la justice, c’est se suicider. Merci pour l’éclairage.

    Cependant je crois qu’un musée avec ces images "honteuses" du travail forcé pour le bonheur, pendaison pour apprendre à vivre, tête coupée pour discipliner les esprits etc ne permettra plus certaines affirmations.

  50. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 19:10

    « oseriez vous dire que ce ne sont pas des colonies ? C’en sont à partir du moment où des communautés exogènes se regroupent. » J’avais pas bien lu ça ! ce ne sont pas des colonies. J’entends par colonisation prendre l’entière possession d’un territoire pour l’exploitation à ses propres fins.

    J’ai trouvé l’intégral du discours de Sarkozy à Dakar. Voici le lien faites vous votre propre opinion. http://www.elysee.fr/elysee/root/bank/print/79184.htm

  51. Posté par la gaufrette, le 13 août 2007 à 19:14

    La langue fait le peuple "Dès qu’une langue a "coagulé" un peuple, tous les éléments "raciaux" de ce peuple se subordonnent à cette langue. C’est dans ce sens qu’on a dit : la langue fait le peuple (lingua gentem facit)". Onésime Reclus, "Un grand destin commence", La Renaissance du Livre, 1917, pp. 114-116 (extrait).

    Le français devient langue mondiale "Empire d’Afrique, Madagascar, Indo-Chine, semblent nous garantir la perpétuité, ce qui veut dire, humainement parlant, la longue continuité de notre idiome. Il cessera d’être la langue faussement dite universelle ; mais, retiré dans son grand coin du monde, il deviendra le verbe de centaines de millions d’hommes de toute origine, fils de Japhet, de Sem, de Cham, de Gog et Magog et autres ancêtres inconnus. En dehors de l’île des Hovas et de la presqu’île des Annamites, il résonnera sur les deux rives de la Méditerranée, et aussi sur les deux bords de l’Atlantique". Onésime Reclus, "Le plus beau royaume sous le ciel", Hachette, 1899, p. 842 (extrait).

  52. Posté par Ngnagna, le 13 août 2007 à 19:43

    Voici un extrait que n’a pas lu le Président de l’Assemblée Nationale ivoirienne. Il n’y voit rien peut être.

    « Mais le voulez-vous vraiment ? Voulez-vous que cessent l’arbitraire, la corruption, la violence ? Voulez-vous que la propriété soit respectée, que l’argent soit investi au lieu d’être détourné ? Voulez-vous que l’État se remette à faire son métier, qu’il soit allégé des bureaucraties qui l’étouffent, qu’il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu’il domine les féodalités, qu’il domine les corporatismes ? Voulez-vous que partout règne l’État de droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu’il peut attendre des autres ?

    Si vous le voulez, alors la France sera à vos côtés pour l’exiger, mais personne ne le voudra à votre place. »

  53. Posté par Daioris, le 13 août 2007 à 22:39

    ^^ De façon plus pragmatique il existe un véritable musée de la colonisation africaine à Bruxelles, à côté de Tervuren...

  54. Posté par Daioris, le 13 août 2007 à 23:00

    Ok, merci Ngnagna du lien ! Je suis vraiment choquée par le discours de sarko... Notamment ce passage :

    « Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la souffrance, frères dans l’humiliation, frères dans la révolte, frères dans l’espérance, frères dans le sentiment que vous éprouvez d’une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine »

    On jurerait qu’il ne peut pas comprendre qu’on s’attache à l’Afrique, qu’il dépeint comme un lieu désolé et répétitivement barbare ! Pire, il inverse la situation par ses propos, assurant que les bons colonisateurs ont été meurtris de l’incompréhension de leurs bienfaits !!!! C’est dingue !

    « la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant. »

    Franchement, l’Europe devrait avoir honte de cette époque de colonisation, plutôt que de la présenter à son avantage ! Qui sarko croit il tromper ???! Les "jeunes d’Afrique" ne sont pas si cons ! C’est du délire ! En plus il passe son temps à se mettre à la place de l’Afrique ! Quelle prétention... :(

    Se déresponsabiliser, c’est si facile ! Phf, il me fout la haine, là... :(

  55. le 13 août 2007 à 23:00

  56. Posté par Ngnagna, le 14 août 2007 à 00:52

    « De façon plus pragmatique il existe un véritable musée de la colonisation africaine à Bruxelles, à côté de Tervuren » et cela ne dissuade pas de parler de la positivité de la colonisation ? J’abandonne il n’y a aucun moyen d’empêcher la vision positive de la colonisation. Et si la violence au moins une fois...

    « qu’il dépeint comme un lieu désolé et répétitivement barbare ! » à croire qu’on s’étripe à longueur de journée sur le continent, ou qu’on adore an Afrique l’odeur de chair humaine grillée comme en Irak. Le sanguinaire Eyadema avait probablement pour seul pote Chirac.

  57. Posté par catharsis, le 14 août 2007 à 08:25

    lisant vos points de vue sur ce discours de sarko je partage votre indignation. Chui même suffoqué de lire certaine de ces repliqs faisant preuve d’une ignorance qui me donne une idée de l’infini.

    Mais que pouvait on attendre d’autre ? Sarko ne connait pas Afrik... avec combien d’afrikain locaux ou migrants a t il discuté ? Pour connaitre un peu de leur pays, de leur habitudes ? de leurs espoirs ? A t il les visions biaisées de ses copains "chef d’etat" afrikain ?

    A moins qu’ils se penche un peu sur le dossier, il ne faut rien attendre de bon de lui. Ne connaissant pas ce dont il parle il balance forcement des inepties ! qu’il s’asseye ds un maquis, commande une drogba, goutte un atieké poisson braiséo, avec en fond un peu de S Keita pourkoi pas. Là peut être il peut ommencer à decouvrir l’Afrik... C’est un ex que je donne, comprenez que je ne resume en rien l’Afrik à ce ’tit tableau.

    Quant à la lettre, de ces ecrivains ou d’autres plus connus... j’espere que le ’ti teigneux avide les lira.

  58. Posté par catharsis, le 14 août 2007 à 08:30

    Ngnagna : colonisation crime contre l’huma ? pas competant en la matiere. JHM a raison disant qu’on passerait peut être tous aux aveux ! C’est vrai qu’il faut d’abord definir la colonisation.

    Musé de la colonisation ? Naivement je pensai que çà existait deja. Diaoris nous parle d’un a Bruxelle. On peut en faire d’autre. Combien y a til de monuments de musée pour l’holocauste ?

    Peut être la diaspo pourrait avoir un role ici d’antenne relai, concret ?

  59. Posté par KN, le 14 août 2007 à 11:21

    Catharsis, quand on ne connait pas l’Afrique, on s’abtient de lancer un quelconque appel à la jeunesse de ce continent qui n’attend rien du président des français et ne lui demande rien.

    Nous jeunes africains sommes parfaitement au courant de notre situation, nous savons parfaitement que nous sommes une génération est hypothéquée pour les véléités de quelques bonhommes avec bien évidement le soutien logistique et militaire du sieur sarkozy ; nous jeunes africains n’avont pas attendu le président des français pour envisager et entreprendre des actions en vue de sortir de cette situation ; nous jeunes africains ,vivons pour notre continent, et ne souhaitons pas nous installer en france ( Nous sommes bien chez nous) et, souhaitons que la France et les français nous fiche la paix !Quand aux hommelettes qui " dirigent" nos pays nous nous en occuperont personnellement. KN

  60. Posté par JHM, le 14 août 2007 à 11:23

    Cher Ngnagna vous reprenez mes paroles et y ajoutez :

    « oseriez vous dire que ce ne sont pas des colonies ? C’en sont à partir du moment où des communautés exogènes se regroupent. » J’avais pas bien lu ça ! ce ne sont pas des colonies. J’entends par colonisation prendre l’entière possession d’un territoire pour l’exploitation à ses propres fins.

    Qu’est-ce donc alors qu’un territoire ? C’est une zone définie par des limites naturelles ou artificielle qu’une communauté occupe et qui de fait est respectée (même si elle est contestée voire attaquée par d’autres), rien à voir avec une question de taille. Exemple : les colonies juives de Cisjordanie. Le cas du 13ème arrondissement de Paris ressemble aussi beaucoup à ça. Quand est fondée la ville de Québec dont les habitants n’osent pas sortir, on fonde une colonie. Loango avant la pénétration du Congo continental était réduite en surface, n’en était elle pas moins une colonie ?

    Bien à vous

  61. Posté par BRIMOSS, le 14 août 2007 à 13:46

    Le post de DOW m’a bien fait rire, mais je tiens à lui dire que Mamadou Koulibaly est bien president du parlement ivoirien, professeur agrege’ de sciences economiques.

  62. Posté par MODERATOR, le 14 août 2007 à 14:26

    Amis forumiers, avez-vous vu comment JHM présente les citations d’autres posts ? Vous, en général mettez simplement la citation en gras, ce n’est déjà pas mal mais c’est moins clair et vous vous privez d’une possibilité supplémentaire. La bonne méthode est :

    1. faire un copié/collé du texte cité,
    2. mettre ce texte en surbrillance dans la case où vous rédigez
    3. cliquer sur la quatrième icone en partant de la gauche (entre spip et « ») Et le tour est joué.

    Les listes à N° comme celle qui précède sont très faciles à faire, il suffit de commencer votre ligne par un tiret suivi d’un dièse puis un espace.
    Pour une liste à puces idem sauf que vous négligez le dièse.

  63. Posté par Ngnagna, le 14 août 2007 à 15:37

    « Le cas du 13ème arrondissement de Paris ressemble aussi beaucoup à ça. » je ne connais pas cet arrondissement, il fait partie de la France, est soumis aux lois françaises, les taxes et impôts collectés vont dans le trésor français, l’administration est française etc.

    J’ai bien compris que penaliser la colonisation pouvait être une lame à double tranchant JHM : le serpent pourrait se mordre la queue. Je ne l’avais pas vu venir.

  64. Posté par Nietzsche_junior, le 14 août 2007 à 15:54

    « "Qu’est-ce donc alors qu’un territoire ? C’est une zone définie par des limites naturelles ou artificielle qu’une communauté occupe et qui de fait est respectée (même si elle est contestée voire attaquée par d’autres), rien à voir avec une question de taille. Exemple : les colonies juives de Cisjordanie" »

    y a un truc qui cloche dans cette définition du territoire ... le colonialisme defini les territoire d outre mer comme des zone d influence , c est ainsi qu on peut redefinir le colonialisme par le néocolonialisme , tandis que les colonies de cisjordannie sont considerer comme un héritage famillial , le sang lié a une terre ... c est deux approche differente dont l une se base sur les frontiere et l autre sur le sol meme ... l une se définit par elle meme et l autre par son opposition a l etranger ! . il faut pénaliser le colonialisme mais pas la présence d etranger chez soi ! ...

  65. Posté par Nietzsche_junior, le 14 août 2007 à 15:57

    dans le colonialisme il faut peut etre distinguer les individus que l on nomme colon ... certain on apporter des préjugé d autres des ouvertur , certain ont pris d autre on offert , dans les deux sens ... on ne peut définir le colonialisme sans aussi définir l indigenes , les deux mots sont liés et inséparable , d ailleur c est ca qui pose probleme actuellement

  66. Posté par Ngnagna, le 14 août 2007 à 16:01

    BRIMOSS vous dites que :

    Mamadou Koulibaly est bien president du parlement ivoirien, professeur agrege’ de sciences economiques.

    Vous enfoncez le couteau bien profond. Il est président du parlement ivoirien, d’un pays souverain. Son discours devait marqué la rupture de la Côte d’Ivoire avec la politique d’asservissement de la France.

    Professeur agrégé de Sciences économiques. Ce n’est pas un mystère que le Franc CFA appartient à la France. Même Jésus a dit :

    Rendez à cesar ce qui appartient à césar

    que fait-il pour extirper la Côte d’Ivoire de cette dépendance monétaire ?

    BRIMOSS ce n’est pas parce qu’il est professeur agregé que son opinion à valeur de vérité absolue. Le concours d’agrégation (CAMES) qu’il a passé en bossant dur. Il est calqué sur le modèle français, et est réalisé avec la France comme partenaire.

  67. Posté par la gaufrette, le 14 août 2007 à 16:05

    « La première forme de la colonisation, c’est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante.[...]

    Mais il y a une autre forme de colonisation, c’est celle qui s’adapte aux peuples qui ont, ou bien un excédent de capitaux, ou bien un excédent de produits.[...] Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux.[...] Dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché.[...]

    Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures [...][Remous sur plusieurs bancs à l’extrême gauche] parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures.[...]

    Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation .[...] »

    Extrait du discours de Jules Ferry délivré à l’assemblée nationale française le 28 juillet 1885. Source : Journal Officiel

  68. Posté par Ngnagna, le 14 août 2007 à 16:15

    NJ tu fais renaître l’espoir quand tu dis :

    il faut pénaliser le colonialisme

    Comment définir cette notion afin de ne pas se prendre à son propre jeu ? C’est peut être l’un des moyens d’en finir avec les réinterprétations de la colonisation.

  69. Posté par Ngnagna, le 14 août 2007 à 16:34

    La gaufrette je ne sais pas pourquoi vous nous sortez le texte de Jules Ferry sur la justification de la colonisation française.

    Ok faisons dans l’histoire voici l’article premier de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

    Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits

    et l’article VI

    La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle (2) de leurs vertus et de leurs talents.

  70. Posté par Mère Evé de Paris, le 14 août 2007 à 16:35

    Avez-vous lu la réaction de Thabo Mbeki dans Le Monde ? On a dû lui donner une drôle de traduction (dixit Patrice dans les forums de CP)…

  71. Posté par Mère Evé de Paris, le 14 août 2007 à 16:36

    Oups : réaction au discours de Sarko à Dakar, mon clavier était pressé…

  72. Posté par Ngnagna, le 14 août 2007 à 16:51

    C’est article premier qui a été remis en question par Jules Ferry devant l’Assemblée Nationale française, le peuple français.

    C’est peut être depuis ce temps que les droits de l’homme ont une géométrie variable. D.O.W, NJ, Daioris les américains auraient-ils copié la France ?

    Ne cherchez pas non plus dans la bible vous n’y trouverez pas de justification qui tienne la route.

  73. Posté par Ngnagna, le 14 août 2007 à 17:23

    Je viens de la lire Mère Evé de Paris. Il n’a probablement pas tenu compte de certains passages insultants. De toute façon je ne serais pas étonné, il a fallut que Mandela intervienne pour qu’il ne raconte plus des inepties concernant le SIDA.

    KN la volonté populaire de rompre avec l’asservissement par la France est faible en Afrique francophone. Les discours de 2 ou 5 personnes ne doivent pas masquer cet état de fait.

  74. Posté par Daioris, le 14 août 2007 à 17:37

    Ngnagna : effectivement, les deux premiers textes sur la liberté et l’égalité, sont la Déclaration française des droits de l’Homme et du citoyen, ainsi que la déclaration d’indépendance US. Si les droits de l’homme ont une géométrie variable et même parfois un certain laxisme, c’est aussi dû aux grands reproches de l’application stricte du droit, en France du 18e, et bien sûr, au fait que la planète entière n’adhère pas à des chartes de droits de l’homme identiques... Cependant, les constitutions actuelles se sont presque toujours inspirées de la constitution française, dont la déclaration est en préambule...

    A propos du musée du colonialisme, ne vous méprenez pas ! Il est quasi à l’abandon, et est l’oeuvre de Léopold II, c’est à dire un foyer de photos de "braves colonisateurs et d’horribles sauvages" !!!! Rien qui aille dans le sens que l’on voudrait légitimement lui donner ici... :s

    KN : lol, « nous jeunes africains ,vivons pour notre continent, et ne souhaitons pas nous installer en france ( Nous sommes bien chez nous) et, souhaitons que la France et les français nous fiche la paix ! »

    N’exagère pas ! Tu ne craches pas sur son aide lorsque la France verse, avec l’ensemble de l’Europe des millions d’euros pour l’aide au développement, n’est ce pas ? Une soixantaine de millions pour les élections par exemple... Il ne faut pas non plus jeter le bb avec l’eau du bain... Sarko a eu un discours prétentieux, inadéquat et stupide... Mais n’oublie pas non plus que ce sont les textes issus de la France, et notamment de la Déclaration dont parle Ngnagna que tu empoignes aujourd’hui pour faire valoir justement tes droits... La france a fait pas mal de conneries, mais elle a aussi été le berceau des considérations égalitaires... In medio virtus, lol... ^^

  75. Posté par JHM, le 14 août 2007 à 19:18

    Nietzsche_junior dit :

    ...le colonialisme defini les territoire d outre mer comme des zone d influence , c est ainsi qu on peut redefinir le colonialisme par le néocolonialisme , tandis que les colonies de cisjordannie sont considerer comme un héritage famillial , le sang lié a une terre ... c est deux approche differente dont l une se base sur les frontiere et l autre sur le sol meme ...

    Les frontières entre l’État d’Israël et la Cisjordanie ne sont pas encore clairement tracées et résultent des accords d’armistice israélo-arabes de 1949 suite à la guerre israélo-arabe de 1948. La Cisjordanie a été annexée et occupée par la Jordanie de 1949 à 1967, puis Israël en a récupéré le contrôle durant la guerre des Six Jours. Les Palestiniens considèrent qu’Israël occupe les territoires de Cisjordanie, alors que du côté israélien, on préfère parler de « contrôle » et de territoires « disputés » plutôt que d’occupation.

    Au niveau international, cependant, il est généralement admis que la Cisjordanie est un territoire occupé, et qu’à ce titre les implantations de populations israéliennes y ont un caractère illégal en raison de la Convention de Genève. Israël a toujours vigoureusement contesté cette vision des choses, argumentant que ce territoire était sous occupation jordanienne avant 1967.

    En juin 2005, dans le processus lié à la décision israélienne de se « désengager » d’une partie de la Cisjordanie et de Gaza, la Cour Suprême de l’État d’Israël a déclaré que ces territoires étaient occupés par fait de guerre et ne faisaient pas partie du territoire national.

    Où se trouve l’héritage familial ? Auriez-vous tendance à faire du colonialisme intellectuel en prétendant à une légitimité israëlienne sur ces terres de Palestine ?

  76. le 14 août 2007 à 22:24

    Qu’est-ce qu’il a pu manger ou boire Thabo-là ? C’est comme s’il avait été dopé !

  77. Posté par Nietzsche_junior, le 14 août 2007 à 22:47

    "Les frontières entre l’État d’Israël et la Cisjordanie ne sont pas encore clairement tracées et résultent des accords d’armistice israélo-arabes de 1949 suite à la guerre israélo-arabe de 1948" Faux , les frontiere d Israle sont défini en fonction de la bible et du mouvement sioniste ! is ils pouvait il occuperait la totalité de l ancienne Israel , tergiverser sur les frontiere d Israel est absurde puisque Israel est un anachronisme colonial ..

  78. Posté par TEASER, le 15 août 2007 à 03:30

    Monsieur, à quel jeux jouez-vous, tantôt vous récuperer les réponses qui défendent l’Afrique et ses habitants. Mais, c’est si facile de faire parler les autres que d’avoir le courage d’aller soit-même contre les puissantes élites françaises. Vous écrivez dans jeune Afrique :"continent noir montre désormais deux conceptions : d’un côté, ceux qui réclament à l’Occident des excuses ou le paiement d’une « facture » historique ; de l’autre, ceux qui souhaitent regarder l’horizon et tirer l’Afrique d’une prétendue fatalité qui aurait conduit certains à légitimer la théorie de la malédiction de Cham dont nous serions les victimes par hérédité" ; c’est faux ! D’où tenez-vous une telle systématisation ?" Et avant vous écrivez :"La vérité (laquelle ? Ah bon, quelle vérité ?) le ton blesse, convenons-le, mais il faut en appeler au sens critique (et votre vérité a-t-elle été soumise au doute ?) vérité et reconnaître que notre excuse totale dans nos malheurs serait une attitude plus que suicidaire". Mais qui sont ces Africains qui pensent de telles énormités. Vous aimez bien citer Boubacar Boris Diop.Celui-ci vient d’écrire :"ce qui est arrivé à Dakar interpelle aussi une certaine intelligentsia africaine francophone. Les désillusions nées des Indépendances – partis uniques, Guides-Infaillibles-de-la-nation. épidémie de coups d´Etat militaires et corruption – ont amené certains auteurs à soumettre l´Afrique à une critique sans complaisance. A partir de la fin des années 80 de nombreux textes ont été publiés par nos sociologues, historiens ou philosophes, avec l´intention louable de diagnostiquer le mal africain et de susciter les conditions psychologiques d´un sursaut. De façon moins élaborée mais souvent mus par la même volonté de favoriser un électrochoc, les romanciers faisaient de leur côté, avec la démesure et les effets de dilatation que seule autorise la fiction, le procès des systèmes politiques post-coloniaux. Les uns et les autres avaient malheureusement tendance à confondre Etat africain et société africaine. Celle-ci était soupconnée de couver, par le simple fait qu´elle restait elle-même, les germes de sa propre destruction, plusieurs fois annoncée à l´époque – puis aussitôt reportée sine die. C´était là l´exemple achevé d´une vision purement essentialiste de la réalité africaine, tournant autour d´elle-même, comme le serpent qui se mord la queue, avec une lassante monotonie. Négligeant les rapports de force politiques réels et l´impact décisif de l´Etat francais sur les luttes de pouvoir dans chaque pays de son ex-Empire d´Afrique subsaharienne, la réflexion se polarisait, avec une singulière obstination, sur les effets visibles du désastre au détriment de ses causes profondes, moins spectaculaires il est vrai. Cette littérature, en principe destinée aux Africains, a été en fait beaucoup plus lue par les Occidentaux. Ceux-ci en ont fait leurs délices et elle leur a procuré un exquis sentiment d´innocence. Ces auteurs balisaient à leur insu la voie à une négrophobie que l´on voit chaque jour un peu plus paisible et décomplexée mais qui sait être vulgaire et injurieuse à l´occasion. En quelques années, l´afro-pessimisme a été pour ainsi dire racialisé et vidé de l´énergie libératrice dont elle était potentiellement porteuse. En France et dans le reste de l´Occident, des essayistes africanisants s´en sont largement servis pour donner une seconde vie aux préjugés les plus incongrus sur le continent. Et très souvent ils se sont abrités derrière ces ouvrages pour convaincre de la pureté de leurs intentions un public assez peu averti. Il était en effet difficile de les accuser de racisme puisqu´ils ne faisaient que reprendre les analyses de leurs homologues de Dakar, Yaoundé ou Abidjan. Les propos de Nicolas Sarkozy viennent en droite ligne de cet univers vaguement africanisant, si prompt à fustiger la concurrence mémorielle et une soi-disant tendance des Nègres à se présenter comme d´éternelles victimes des autres.". Alors, où sont ces africains, qui jamais, ne reconnaissent ou ne dénoncent leurs propres tares ? Qu’est ce qu’un "afrocentriste" ? Evidemment tout Nègre de la terre qui aime profondément son continent:ANTA DIOP,OBENGA,BOUBACAR BORIS DIOP, IVAN SERTIMA,MOLEFE ASHANTI etc. Tous dans le même sac !

  79. Posté par A. Mabanckou, le 15 août 2007 à 03:36

    Cher TEASER,

    Votre message ci-dessus a été recopié et recollé (intégralement), puis reposté. Les "gras" ont simplement été ramenés à une écriture ordinaire car ils rendaient délicate la lecture.

    Bien à vous

  80. Posté par KN, le 15 août 2007 à 09:18

    Daioris, toi qui semble si bien renseigné dis moi un peu combien la france verse t-elle "d’aide" au Congo ? Et, depuis que cette fameuse aide est versée (si aide il y ’a), en quoi a t-elle permis d’améliorer les conditions de vie des congolais ?Tu sais il faut éviter les affirmations gratuites ; ton altitute n’est pas loin de celle de Sarkozy.Je le repete et je maintiens que,nous n’avons pas besoin et nous n’attendons rien de la France ; ce pays n’est pas la solution c’est plutôt le problème.

    KN

  81. Posté par KN, le 15 août 2007 à 09:28

    Nganga sur quoi te bases-tu pour affirmer que  :"la volonté populaire de rompre avec l’asservissement par la France est faible en Afrique francophone" ? je pense que tu es en train de confondre la volonté des chefs d’Etats avec celle des populations notament celle de la jeunesse à moins, que tu ne fasse allusion ici aux afrofrançais ou afroeuropéens parce qu’il s’agit là d’ un autre débat.

    J’ai plutôt l’impression à te lire que c’est toi qui n’est pas capable d’accepter ce fait.

  82. Posté par un forumier , le 15 août 2007 à 10:44

    Post 79 ...le gras rendait "délicate la lescture"...Un peu léger comme réponse, on aurait aimé vous lire également sur le fond et vous voir esquisser un embryon de réponse aux questions soulevées par Teaser à propos de votre article dans Jeune Afrique.Très simpliste et caricatural, sans parler de sa conclusion d’une pauvre banalité...Attention à la langue de bois, même sans caractère gras cela se voit.

  83. Posté par Ngnagna, le 15 août 2007 à 10:53

    « je pense que tu es en train de confondre la volonté des chefs d’Etats avec celle des populations notament celle de la jeunesse » J’observe juste que la question d’immigration mobilise plus la jeunesse. Le reste du temps je ne vois rien, je n’entend rien. Tu devrais savoir qu’il y a même des comités de soutien à Sarkozy qui commencent à pousser ça et là.

    Il n’y a pas une volontaire populaire de se débarasser des "vassaux" de la France comme Bongo, Wade, Sassou, Biya, de se débarasser du Franc CFA, de se débarasser des vieux accords de défense, d’utiliser en plus du français une autre langue internationale, de se débarrasser des structures comme le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur( CAMES)etc.

    Ce n’est non plus la priorité des dirigeants, ni des partis politiques d’opposition. Du haut comme en bas les sociètés sont passives. Prend le temps d’observer et tu aboutiras au même constat que moi.

    L’immigration clandestine est une soupape de sécurité pour le moment KN.