lundi26 février 2007

"Césars" en France, "Oscars" aux Etats-unis : la place de l’Afrique....

Quelque chose est sans doute en train de se passer à Hollywood depuis ces dernières années : le regard des producteurs se pose de plus en plus sur le continent africain. Cela donne des films appréciés aussi bien par la critique que par le public et nous fait découvrir au passage de nouveaux talents africains ou africains-américains. L’exemple le plus frappant, cette année, est Forrest Whitaker qui porte de bout en bout, et avec un charisme extraordinaire, le film Le Dernier roi d’Ecosse (photo). Il vient d’ajouter son nom à la très petite et prestigieuse liste des artistes africains américains ayant remporté l’oscar le plus prisé pour tout acteur : l’Oscar du meilleur acteur (Sydney Poitiers en 1963, Denzel Washington et Halle Burry en 2002 , et enfin Jamie Foxx en 2005 ).

Forrest Whitaker est allé au lycée en Californie, et nous avons eu droit, à la télé, aujourd’hui, au passage de son prof d’anglais – qui dit lui avoir tout donné. Sans blague ! Et que dire du coach de football américain qui affirme que son poulain Whitaker a gardé le même punch, le même regard dans ses films que lorsqu’il l’entraînait sur un terrain et qu’il n’y avait qu’à voir comment il tenait son Oscar ! Ah oui ? Bon, on a su du coup qu’il était bien un bon joueur de football américain avec une touffe afro et des epaules carrées. Pour l’instant, Dieu merci, aucune fille affirme avoir été sauvagement draguée dans la cour de recréation ou avoir vu les chaussettes trouées du lauréat sous le lit. Mais attendons voir.

On se rappelle enfin que cet acteur – révélé grâce au film Bird de son ami Clint Eastwood – a fait son chemin seul avant de devenir aujourd’hui une star. Et tant mieux si ce couronnement lui vient grâce à un film dont l’Afrique est le sujet. Idi Amin Dada doit se retourner dans sa tombe ou murmurer dans les oreilles des autres fantômes dictateurs que sa dictature à lui aura au moins servi à quelque chose !

Un bonheur ne venant pas seul, Jennifer Hudson remporte quant à elle l’Oscar du second rôle - comme jadis Woopi Goldberg - alors que la chanteuse et actrice Beyoncé - qui a joué dans la meme film, Dream Girls - que Jennifer Hudson, rêvait d’une distinction, et elle le criait dans le monde entier. On a pu voir d’ailleurs comment cette ancienne chanteuse de Destiny Child avait du mal a cacher son amertume tout au long de la remise des Oscars. L’affront était de taille : la chanteuse-actrice n’avait même pas été nommée. Or Monsieur de La Palice dirait : pour gagner, encore faut-il être nommé ! Jennifer Hudson, photo Vogue.Les professionnels avait préféré Hudson, et l’on comprend pourquoi Beyoncé a longtemps snobé la lauréate au point que, quelques jours avant, selon Le journal du Dimanche du 25 février, elle aurait remercié et salué toute l’équipe de Dream Girls, sauf celle qui allait plus tard rapporter un Oscar ! Il faut dire que Jennifer Hudson est un produit d’American Idol , dont la variante française est la Star Academy. Elle avait échoué et fut humiliee en direct par un professeur hargneux qui avait même parié qu’elle n’aurait aucun avenir dans la chanson ou, tout simplement, dans le monde artistique et qu’il fallait aider de vrais talents et non cautionner la médiocrité ! Et la voilà désormais récipiendaire d’un Oscar ! Les medias en font un écho au point d’occulter carrément la prouesse de Forrest Whitaker. Le magazine Vogue, dont nous reprenons ici la photo de couverture, vient de consacrer une couverture à Hudson… Sur le plateau de l’émission d’ Oprah, Jennifer Hudson dit qu’elle se croit dans un songe... Pendant ce temps, Beyonce essaie de se calmer... dans son cauchemar. Et puis il y a ces bruits inutiles : au regard des "rondeurs" de Jennifer Hudson, quelques uns parlent du triomphe de du poids sur la minceur - donc un changement de valeur... En peu de temps donc les producteurs américains ou anglais nous ont donné des films sur l’Afrique, avec parfois des acteurs de premier plan qu’on a pu voir entre autres dans "Totsi" , que nous avons évoqué ici ; Hôtel Rwanda qui, en revenant sur le génocide du Rwanda, bouleversa toute l’Amérique et eut plus d’impact que n’importe quel reportage sur la question ; Le Dernier roi d’Ecosse qui revient sur les atrocités du régime ougandais d’Idi Amin Dada à qui on impute l’extermination de plus de 300.000 de ses concitoyens ; Amazing grace qui repose la question de la traite des Noirs, avec une apparition de Youssou N’Dour ; Blood diamonds qui nous montre bien que tous les diamants sont éternels, mais il faut y mettre le prix et le sang ! Faut-il en conclure que tous ces sujets sont gênants pour la France au point que celle-ci, par le jeu des subventions, choisit et détermine quel type de regard porter sur le continent africain ?

Au fond, la France aurait tort de ne pas prendre ce phénomène au sérieux, car Hollywood a vite pris la mesure d’un besoin grandissant du public mondial d’aller vers ce continent. La France, elle, a un véritable probleme à resoudre avec l’Afrique qu’elle regarde comme une patate chaude. Pas Hollywood. Regardez d’ailleurs le palmarès des Césars remis le samedi 24 février au Châtelet : une hostilité, une surdité criardes aux rumeurs du monde - au point qu’un film comme Indigènes - présenté aux Césars d’Hollywood sous le titre de Days of Glory, film algérien - n’a rien eu en France (oh, disons qu’il a eu le prix du "scenario original"). Doit-on conclure que dans ces trophées parisiens, aucune des réalisations africaines francophones ne pouvait au moins être citée ? Quid de Cissako de la Mauritanie ? Quid d’Haroun du Tchad ? Oh, ils ont leur Fespaco de Ouagadougou, diraient certains ! Di Caprio et Hounsou N’aurait-il pas été utile, pendant la remise des Césars, de rendre hommage au cinéma du monde – donc du continent africain aussi ? C’est pourtant ce que les Américains, eux, ont fait ce dimanche 25 février en remettant leurs fameux Academy Awards (les Oscars). Deux étrangers (Catherine Deneuve et un japonais dont le nom m’échappe) sont venus rendre hommage au cinéma du monde, et on a pu voir défiler des images venant et de l’Espagne, de l’Algérie, de l’Inde, de l’Afrique du sud… et de la France !!! Sans compter que, pour l’Afrique, l’incontournable et vedette du moment Djimon Hounsou était aux premiers rangs non loin de Di Caprio (ici en photo tous les deux). Martin Scorsese fut l’homme de la soirée avec son film les Les Infiltrés ( The Departed) est servi par une belle brochette d’acteurs capables d’envoyer au cinéma tout "cinéphobe". Il est épatant de voir comment Hollywood aligne et honore ses monstres du cinéma tous présents lors de cette cérémonie : Martin Scorcese, Francis Ford Coppola, Steven Spielberg...

En 26 ans de "boulot", Eddy Murphy a été enfin pour une fois nommé, pas pour un de ses films, mais pour la belle comédie musicale Dream girls qui nous fait revivre l’époque de la Motown. C’est le film que je me propose d’ailleurs d’aller voir cette semaine. On y reviendra...

Enfin, j’ai vu également Jamel Debbouze dont la coïncidence me fit prendre le même avion que lui le dimanche à Paris pour Los Angeles. Je pus ainsi constater, non sans sourire, comment l’homme se débrouillait en anglais devant la police des frontières qui prenait ses empreintes et sa photo comme pour tout visiteur des Etats-Unis…

Commentaires

  1. Posté par Nietzsche_junior, le 26 février 2007 à 19:54

    ""Césars" en France, "Oscars" aux Etats-unis : la place de l’Afrique...."................ au fond a droite assis sur le banc des exclue qui ne cesse d explorer un désordre venue du ciel un couteau planté dans le dos pour recueillir cet huile préciseuse qui suinte le long de sa Terre ! Amen ....

  2. Posté par Nietzsche_junior, le 26 février 2007 à 19:59

    ..."Eddy Murphy "..et "Jamel Debbouze" ... ca c est du multiculturalisme , un Harki pathétique et un Zouave rieur lol ............. apres tout on a eu Laurel et Hardy pkoi pas Eddy et Djamel

  3. le 26 février 2007 à 22:57

    Ken Watanabe, c’est le nom du Japonais au cote de Deneuve. Esperons que le cinema Africain beneficiera de ce regain d’attention. I am not holding my breath though....

  4. Posté par Mayombe82, le 26 février 2007 à 23:26

    C’est marrant, dans ce billet, je m’attendais à voir un mot sur le « triomphe » du végétarien Forest Whitaker, 4ème Africain-Américain à remporter un Oscar après Sydney Poitiers (1963 pour Lilies of the field), Denzel Washington (2002 pour Training day) et Jamie Foxx (2005 pour Ray, SU-BLI-ME !). Je n’ai pas encore eu le temps de voir Le dernier roi d’Ecosse, mais je n’en entends pour l’instant que le plus grand bien. Chez les dames, on attend toujours celle qui succédera à Halle Berry (meilleur actrice en 2002 pour A l’ombre de la haine) et Whoopi Goldberg (1990 pour Ghost, mais dans un 2nd rôle). A noter que Forest a tout de même remporté aussi cette année un Golden Globe… Il pourra marquer cette année d’une pierre… noire ! Espérons que Djimon Hounsou change un jour de braquet et roule dans le peloton de tête, et n’attende pas comme Morgan Freeman que la vieillesse le consacre dans des 1ers rôles.

    A côté de ça, je suis très content pour Martin Scorsese que beaucoup ont cru maudit pour ces Oscars car souvent nominé, mais toujours rentré bredouille. Cette fois-ci, son film fait fort avec son lot de récompenses. A 64 ans, il était peut-être plus que tout de récompenser de la sorte ce cinéaste de talent qui a tant donné à cet art. Un Américain qui sait porter son Italie d’origine dans chacun de ses films qu’il porte à l’écran.

    Hôtel Rwanda ? Je me souviendrai toute ma vie de cette phrase de cet officier de l’ONU (campé par l’Américain Nick Nolte) s’adressant à Paul Rusesabagina (campé par Don Cheadle qui avait obtenu le rôle alors que les producteurs voulaient un acteur dont rien que le nom garantirait des rentrées d’argent genre Denzel Washington) « Vous n’êtes même pas de bons noirs » pour lui expliquer que l’ONU et la fameuse communauté internationale n’en avait rien à foutre que les machettes les transforment en entrecôtes, steaks, et autres faux et vrais filets. Succès d’estime mais succès mitigé en termes d’entrées en salles.

    J’espérais « le » trophée pour le film de Rachid Bouchareb, et là, je ne prends pas de gants pour dire que c’est un film algérien. Si la France n’en veut pas, je ne vais pas me gêner, en tant qu’Africain pour me reconnaître là-dedans. Il ne faut plus compter sur ce pays pour qu’il enlève ce balai qu’il a quelque part et qui l’empêche de regarder son histoire sans la conjonctivite qui baisse singulièrement sa vue. Il ne faut plus compter sur la douce France chère à Charles Trenet, ami de la Gestapo pour qu’elle se rende compte qu’en 2007…, bref ! J’ai vu Erik Zemmour ce week-end face à Christiane Taubira, chez Laurent Ruquier : certaines questions frisaient la bêtise, d’autres explications touchaient les bas-fonds. RIDEAU !

    @+, M82

  5. Posté par niaou, le 27 février 2007 à 00:24

    Selon Alain qui écrit, je cite :

    Sans compter que, pour l’Afrique, Djimon Hounsou était aux premiers rangs non loin de Di Caprio...

    Je ne vois vraiment pas la place de l’Afrique aux oscars américains, en dehors d’une photo dans laquelle les deux "élus" ont un sourire goguenard, et puis, plus rien, nada... ! Quant au post No 4, il est totalement hors sujet, et, à y fouiller un peu, l’Afrique est belle et bien absente des fameux oscars ou césars. Rien à voir avec l’amalgame de la présence des acteurs noirs américains et une certaine prise de conscience de la place du cinéma africain dans les grands prix internationaux !

    De la coupe aux lèvres, le fossé est béant.

  6. Posté par A. Mabanckou, le 27 février 2007 à 00:52

    Cher Mayombe,

    J’ai "omis" le triomphe de Forest Whitaker - en fait il est passe sur le podium juste au moment ou j’etais sorti pour une demi-heure. Du coup je ne l’ai pas vu ! Je viens juste de le voir maintenant dans l’emission d’Oprah. Je modifierai le post dans les minutes qui viennent en mettant son portrait. Mais cet Oscar lui etait presque promis, sa prestation est vraiment magistrale dans Le Dernier roi d’Ecosse !

    Bien a toi,

  7. Posté par niaou, le 27 février 2007 à 01:37

    C’est pourtant ce que les Américains, eux, ont fait ce dimanche 26 février en remettant leurs fameux Academy Awards (les Césars).

    Profites-en aussi pour changer la date, cher Alain, car le dimanche, c’était le 25, et non le 26, comme tu le pensais au moment d’écrire ton article !

  8. Posté par A.Serbin, le 27 février 2007 à 02:23

    La puissance de l’industrie cinématographique américaine est telle qu’on y fabrique des stars. Tout Africain ou Africain-Américain qui arrive à percer dans ce milieu ou cercle très fermé à Hollywood, connaît la gloire et la fortune. Le contraire de ce qui se passe ailleurs. Ici, le cinéma a les moyens et on hésite pas de les utiliser. D’où la puissance et l’importance du cinéma américain dans le monde. Si en plus un Acteur Noir reçoit l’Oscar, c’est le sommet ! Les Noirs aux Etats-Unis sont arrivés à modifier leur image en se faisant visible au cinéma.Djimon Hounsou est un bel exemple de réussite.L’Afrique est encore loin puisque les moyens manquent mais pas l’imagination. Il faudrait que les Noirs (Africains-Américains) s’intéressent au continent pour donner un coup de pouce.

  9. Posté par catharsis, le 27 février 2007 à 03:25

    Triste une fois de plus, que dis je affligeant de lire que les usa dont on peut critiquer plein de choses, semblent déjà un peu plus prompt que la France, à reconnaitre le talent des enfants d’Afrique.

    Des coups de pouce il y en a A.Serbin, intervention de Dany Glover dans Bamako, ou dans l’arme fatal contre l’aparteid) C’est discret édulcoré, politiquement correct, c’est pour se donner bonne conscience on pourrait dire mais c’est là, çà commence. Sans oublier Mabanckou et son blog avec vous intervenants. Néanmoins, à vous lire,ici, pfs j’éprouve des noeuds ds le ventre. Du dégout, de la compassion, et cette horrible impression amère que la haine s’auto-entretient. Le côté obscure gagne un peu plus chaque jour. Cà va, je sais que vous n’en n’avez rien na fout. C’est pour dire c’est tout. Ce désir de reconnaissance dont vous me semblez déborder, à l’affut de tout ce qui pourrait être signe du réveil des lions et des éléphants ds le monde. Que les premiers plantent leurs crocs dans les chaires des préjugées et les seconds écrasent les idées préconçues. Et que cet empire finissant de l’impérialisme occidental reconnaisse enfin ses torts. On dirait que çà nous coute de dire « Veuillez acceptez nos excuses, nous fumes vils et vénal(vénaux ?). Nous fumes moins que des chiens. » Je pose la question : Y a t’il eu des excuses, officielles ? Quand un procès a lieu, crime et famille de victimes. Ce qui semble crucial c’est que le meurtrier, le tortionnaire reconnaisse ses fautes, exprime remord et demande pardon. La race blanche a t elle demandé pardon pour les siècles d’esclavage, pour le colonialisme, pour le neo colonialisme, pour les manipulations passées et actuelles... ? Si ce n’est pas le cas, je me demande si ces affaires de racisme noir et blanc et les rancoeurs légitimes qui en découlent, pourront un jour cesser.

    Lorsque j’ai vu le film hotel rwanda cité plus haut. Là, l’écran m’a vraiment pété à la tronche. Oui c’est çà, un peu comme une mine antipersonnel. Et alors ce bouquin lu il ya kkes mois... Du rwandais matchété survivant par on ne sait kel miracle ou malediction. "Génocidé" de Rurangwa Révérien. Fichtre çà secoue ! J’euphémise... Ce livre, et ce qu’il représente fut une matchette qui fendit ma figure en deux, perfora mes poumons,émiéta mon myocarde et mes viscères sur un gril. Vertige de la haine. Honte, encore. Les (ana)thémes en sont la folie humaine, la génèse d’un génocide, et on ne les présente plus ici, la politique fuyante, et inhumaine des occidentaux. Marrant qu’amnestie internationnale n’ai pas saisi le sujet. Je redoute à lire le livre "une saison de matchettes", me fiche la trouille. Peur de ce que je vais y trouver. Mais je pense que je finirai par le lire un jour. Mais qu’est ce que ch’fou ici moi ! C’est comme si je voulais moi, homo sapiens simplex, quidam parmi les quidam, faisant face à un miroir, regarder la vérité en face dans tout ce qu’elle de plus écoeurant, d’effrayant et de pathétique. Un vaccin contre la vilénie humaine ? Souvent de l’homme blanc ? Je me dis souvent aussi, à lire ici, et merde, on a encore été vraiment en dessous de tout. Ce dégout du genre humain taraude mon esprit, dilacère mon âme(si j’en ai une). Version sans se la raconter : moi même je suis probablement pareil, capable du meilleur comme du pire.

    J’aurais tendance à dire qu’en matière de bassesse il n’ya plus de racisme, et l’homme y atteint des sommets.

  10. Posté par catharsis, le 27 février 2007 à 03:35

    ah oui j’oubliais, dans ce bouquin il ya de poignantes interrogations sur le pardon. Une terre dévastée peut voir en elle germer le pardon, si le dévastateur l’arrose de sa contrition. Et encore...

  11. Posté par Mayombe82, le 27 février 2007 à 07:05

    C’est vrai que j’ai oublié cette pauvre et chère Jennifer Hudson qui a succédé à Halle Berry et Whoopi Goldberg.

    Beyoncé ? Un peu d’humilité ne lui ferait pas de mal... @+, M82

  12. Posté par catharsis, le 27 février 2007 à 08:53

    Et puis il y a ces bruits inutiles : au regard des "rondeurs" de Jennifer Hudson, quelques uns parlent du triomphe de du poids sur la minceur - donc un changement de valeur... ouuuf.... çà vient. Fini je le souhaite, de ce règne des anorexiques, de ces sans formes. Je n’ai jamais été stimulé par l’idée de mordiller des côtes, de me piquer à une épine iliaque trop saillante, d’aplatir douloureusement mon pubis sur un bassin hostile de par sa maigreur. Je me trouverais presque nécrophile de m’exalter à la vue de ces cous décharnés de ces clavicules saillantes, de ces thorax camps de concentrationistes.

    Et, oohh l’infame péché, ces derrières aussi plats et mornes que les mornes plaines de waterloo... Ce n’est pas bien çà, vraiment.

  13. Posté par A.Serbin, le 27 février 2007 à 09:51

    J’ai bien aimé le film "Le dernier roi d’Ecosse" que je viens de voir au cinéma. Ouf, quel film ! A propos de l’anedocte, je me souviens d’un voyage aux USA. Imaginez quelqu’un (un Français, par exemple), qui débarque à New-York, sans parler un mot d’anglais ! Eh ben, on sent que les Français ont encore du boulot pour s’internationaliser...Je me suis bien marrer,mes amis !

  14. Posté par Claudines, le 27 février 2007 à 10:47

    En matière de cinéma, la différence entre la France et les USA, c’est dans l’état d’esprit. C’est après avoir été à New York l’année dernière pendant la remise des oscars que je l’ai compris. C’est une véritable fête, même à New York, je n’ose imaginer à Los Angeles. On ne se torture pas l’esprit dans les différences. Les soirées guindées des Césars sont une véritable institution (exercice : comparer les applaudissements dans la salle entre les Césars et les Oscars,facile cette année c’était d’une soirée à l’autre). En voyant les américains applaudir à tout rompre, on se dit que c’est quand même un parterre de méga-stars !. Et en France ? Non, état d’esprit...On ne se prend pas pour de la m... (La m..., c’est les autres). On y inclut nous, bien sûr, mais aussi...les américains ! Les glostbusters américains, quelle m... ! Ah, heureusement qu’il y a maintenant le cinéma indépendant grâce au festival Sundance de Robert Redford. C’est plus européen, disons plus intelligent, plus...français. En écoutant le sublime acteur Jude Law, dans cet exercice presque obligé des grands acteurs ou cinéastes anglo-saxons invités à la cérémonie des Césars faire l’éloge du "grand cinéma français...Truffaut et tutti quanti", je disais "Ouais, ouais...Mais ils ne sont même pas fichus de t’applaudir correctement".

  15. Posté par Débokassa la baraque, le 27 février 2007 à 11:10

    Cher Mayombé je comprend d’autant plus ta consternation concernant "Indigènes" que le sénario est signé d’un français et que selon les critiques avisés ce scénario est le point faible du film puisqu’il ne remet pas en cause les dirigeants français mais mettent tout le comportement dédaigneux et raciste sur les épaulettes de sous-caporals chefs et se termine sur un travelling émouvant et pudique sur les tombes des "oubliés". C’est réduire la douleur des familles à l’état de confetti intimiste, ce n’est pas la faute à Debouze, et il a su se faire entendre tant mieux, mais le film méritait une autre récompense que celle du "scénario original" puisque c’est un fait historique qu’il a fallu tirer de l’ombre pour réveiller les mémoires. Une histoire si forte pouvait davantage taper sur des plus grosses têtes de clous. J’ai attrapé des boutons à voir une adaptation cinéma "Lady Chaterley" récolter tant de suffrages, putain les français ne savent plus écrire d’histoires qu’ils doivent repiquer dans les romans anglais ? Enfi, parraît que ce film en costumes est bien. Jeanne Moreau était effrayante, un beafsteack de chirurgie esthétique. Pour les Oscars, désolée j’ai loupé, c’était Carnaval et je suis allé voir les méduses géantes, les phoques et les poissons-clowns de l’Aquario de Génova, çà vaut bien les stars de cinéma. Vu avant çà pêle-mêle : Bloodiamonds, trouvé çà bien foutu et suffisament bien envoyé dans les dents, c’est courageux le lobby du diamant est très costaud et la fille qui bosse dans l’humanitaire perd ses illusions et utilise sa carte de presse pour passer dans les camps, les ambiguités sont réussies. La vie des autres : Oscar du meilleur film étranger 2007, scénard fantastique, ironie mordante et conditions des artistes poussés au suicide en Allemagne de l’Est avant la chute du mur de Berlin, les allemands font leur auto-critique historique. http://www.ocean-films.com/laviedesautres/

    Je vais aller voir ce roi d’Ecosse.

  16. Posté par Mayombe82, le 27 février 2007 à 11:40

    Alain S., je ne sais pas si en Suisse, tu captes France2 : aurais-tu suivi Un oeil sur la planète hier la nuit ? @+, M82

  17. Posté par Mr Hector, le 27 février 2007 à 13:55

    Eh moi Mr Hector avez vous visualise mon film ?

  18. Posté par nestor, le 27 février 2007 à 14:46

    Je suis un peu surpris par l’impact que Hollywood a sur vous. Vous êtes vraiment conquis. Vous connaissez les noms de toutes les célébrités ! Est-ce vraiment la peine ?

  19. Posté par Mayombe82, le 27 février 2007 à 15:20

    Nestor,

    Personnellement, je ne connais pas toutes les "personnalités" (MDR !), mais il s’avère que je suis cinéphile et que de temps en temps, il m’est facile de parler de cinéma, alors que je ne pourrais pas tenir 1 seconde de conversation sur le sumo ou la culture du riz par exemple.

    Mais, qu’est ce qui vaut vraiment la peine ?

    @+, M82

  20. Posté par Emile Arsele NGUETCHEU, le 27 février 2007 à 21:10

    Cher Grand frère,

    Tout d’abord, il me plait de vous adresser ici tous mes encouragements pour l’énorme oeuvre littéraire que vous êtes entrain de construire. A proprement parler, l’occasion ne m’a jamais permis de vous lire ; Dieu seul sait combien j’en meurt d’envie. Mais les prix littéraires que vous rafflez me font ne point douter du génie de votre plume. Comme auteur de nationalité congolaise, j’ai lu Henry Lopes, j’ai apprécié son ’Tribaliques", ses ballades à Pointe noire. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, j’aime bien le ’Tchikuague’, ça me fait saliver, il en parle dans son recueil de nouvelle. J’aime aussi Daniel Biyaoula, j’ai lu "La source" et " L’impasse", C’est d’une beauté indescriptible, l’intringue vous emporte comme jamais. Taty Loutard, Tchikaya Um Tamsi sont quelques poétes qui m’ont marqué. Et pour couronner le tout, le grand Sony Labou Tamsi et son "La parenthèse du sang". Je vais cette parenthèse pour dire que l’Afrique a une grande histoire, elle a de grands enfants qui mériteraient davantage d’être reconnus par le monde. Parlant de film africain, je vous recommande "L’ombre de Liberty" film d’un cinéaste gabonais et " Africa paradis".

  21. Posté par A.S., le 27 février 2007 à 22:54

    Mayombe82, Bien sûr qu’on capte tout ici. Moi je n’ai pas vu l’émission. C’était quoi le sujet ?

  22. Posté par A.Serbin, le 28 février 2007 à 00:33

    ...comme par hasard, je viens d’allumer mon poste de télé, que vois-je ? Sur TV5 Monde, on reprend l’émission de France 2 "Un oeil sur la France". A l’instant, et je vais la suivre. J’ai noté les différents thèmes de cette émission : Cinq regards étrangers sur notre pays ; Chômage faut-il tout changer ; Le gâchis des universités ; Sécu, la réforme à tout prix ; Liberté égalité réalité ? Très intéressant !

  23. le 28 février 2007 à 01:10

    Post 6

    Cher Mayombe, J’ai "omis" le triomphe de Forest Whitaker - en fait il est passe sur le podium juste au moment ou j’etais sorti pour une demi-heure. Du coup je ne l’ai pas vu ! Je viens juste de le voir maintenant dans l’emission d’Oprah. Je modifierai le post dans les minutes qui viennent en mettant son portrait. Mais cet Oscar lui etait presque promis, sa prestation est vraiment magistrale dans Le Dernier roi d’Ecosse ! Bien a toi

    Post 11

    C’est vrai que j’ai oublié cette pauvre et chère Jennifer Hudson qui a succédé à Halle Berry et Whoopi Goldberg. Beyoncé ? Un peu d’humilité ne lui ferait pas de mal... @+, M82

    Très affligeant, ce manque de rigueur épistolaire aussi bien pour mon éminent et admiré écrivain que pour mon éminent et admiré cinéphile.. Très très..

  24. Posté par Mayombe82, le 28 février 2007 à 09:03

    En effet Alain S., très bonne émission, sujet passionnant. Le regard de l’autre est parfois utile. @+, M82

  25. Posté par Costa, le 28 février 2007 à 11:00

    Les Oscars décernés aux acteurs Afro Amérivains :
    - 1939 : Meilleur second role Hattie McDaniel pour son rôle dans le film "Autant en emporte le vent"
    - 1964 : Meilleur premier rôle Sidney Poitier pour "Le lys des champs"
    - 1982 : Meilleur second role Louis Gossett Jr pour "Officier et gentleman"
    - 1989 : Meilleur second role Denzel Washington pour "Glory
    - 1990 : Meilleur second role Whoopi Goldberg pour "Ghost"
    - 1996 : Meilleur second role Cuba Gooding Jr pour "Jerry McGuire"
    - 2002 : Meilleur second role Halle Berry pour "A L’ombre De La Haine"
    - 2002 : Meilleur second role pour Denzel Wahington pour Training Day
    - 2002 : Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière Sidney Poitier
    - 2007 : Meilleur premier role Forest Whitaker pour Le Dernier Roi d’Ecosse

    Total :
    - 9 oscars attribués
    - 7 acteurs primés
    - 2 acteurs primés deux fois
    - 4 oscars pour un second rôle masculin
    - 2 oscars pour un second rôle féminin
    - 2 oscars pour un premier rôle masculin

  26. le 28 février 2007 à 11:19

    Costa, tu es sûr qu’en 2002, Denzel ne l’avait pas emporté pour le 1er rôle ? @+, M82

  27. Posté par A. Mabanckou, le 28 février 2007 à 11:46

    Cher Costa,

    Vos précisions sont très utiles, mais elles sèment aussi la confusion. En effet, votre palmarès laisse malheureusement entendre que Halle Berry et Denzel Washington n’ont eu « que » des Oscars de Meilleur second rôle. Vous vous trompez sur ces deux personnes :

    Denzel Washington a déjà reçu deux Oscars (dont un pour le second rôle), mais surtout celui de Meilleur Acteur (Oscar for Best Actor) en 2001 dans le film Training day – comment d’ailleurs pouvait-il être second rôle alors que c’est lui qui jouait le rôle principal dans ce film palpitant ? C’est un peu comme si vous donniez l’Oscar du second role à Sylvester Satallone dans ses Rambo !!! Pour recevoir cet Oscar du Second rôle - et c’est une lapalissade -, encore faut-il jouer un second rôle !

    De même, rappelons que Halle Berry reste la première femme africaine américaine ayant reçu l’Oscar de la Meilleure Actrice (et non Oscar du second rôle comme vous l’indiquez encore à tort sur votre palmarès). La mamie Hattie McDaniel, en 1939, jouait justement le rôle secondaire de grand-mère dans Autant en emporte le vent, ce qui lui valu l’Oscar du second rôle.

    Bien à vous

  28. Posté par JHM, le 28 février 2007 à 11:58

    Ben ça alors, j’étais persuadé que Sydney Poitier avait été couronné pour "Devine qui vient dîner", je suis content que cette erreur de mémoire soit corrigée par vos posts.

  29. Posté par Boris, le 28 février 2007 à 12:27

    Et pour continuer a completer les erreurs monumentales de Costa, il oublie la sublime performance de Jamie Foxx dans Ray qui lui a valu aussi l’oscar du meilleur acteur en ... ? Bref, ce papier de Costa est a prendre avec reserve car bourre d’erreur.

  30. Posté par Tii, le 28 février 2007 à 17:03

    Cher Boris,

    Jamie Foxx dans "Ray" a obtenu l’oscar du meilleur acteur en 2005.

  31. Posté par Costa, le 1er mars 2007 à 16:05

    Vos ajouts sont les bienvenus. Les oublis des erreurs. Ce message n’est qu’une liste..... incomplète d’ailleurs d’après vos très justes observations.

  32. le 1er mars 2007 à 18:14

    Quelle classe, Cher Costa !!!

  33. Posté par Atangana, le 3 mars 2007 à 09:46

    Pourquoi les africains eprouvent-ils autant le besoin d’etre reconnus par les Occidentaux ? Que ce soit a travers les Oscars ou les Cesars, on dirait que le seul reve de l’africain est que l’Occident lui reconnaisse un peu de talent et, au fond, une parcelle d’humanite.

    Celebrons nous-memes ces talents, que diable ! Le jour ou on verra une cyber tribune d’africains discuter des merites compares des differents acteurs primes au FESPACO, je saurai que la victoire poind enfin a l’horizon.

    Tout le reste n’est que gribouillis fumeux, tel cet africain a qui l’on a dit "toi, tu ne ressembles pas aux autres" et qui en noircit de plaisir.

  34. Posté par Mayombe82, le 3 mars 2007 à 14:47

    Atangana, je suis MDR en te lisant. Personnellement, je n’ai fait que reprendre ce qui est écrit partout, au sujet des Africains-Américains qui ont obtenu des Oscars. Je ne mets point en avant une quelconque reconnaissance de la "blanchitude" ou autre. Le Fespaco ? Bien entendu, on peut en parler... @+, M82

  35. Posté par Joey, le 5 mars 2007 à 09:36

    Je me suis fait un week-end cinoche. DreamGirls et A la recherche du bonheur.

    Sur Dreamgirls, les infos que je découvre ici sur une polémique entre Beyoncé et Jennifer Hudson, sont amusantes tant cette dernière éclipse totalement autant dans les performances d’actrice que de chanteuse la pulpeuse Beyoncé. Ecoutez, la prestation (la toute première) de Jennifer Hudson est tout simplement à couper le souffle. Rappelons que dans cette comédie musicale, les sentiments des interlocuteurs dans les différentes phases critiques du film sont chantés. Hudson est phénoménale dans sa prestation. Je recommande vraiment ce film. Puis imaginez Eddie Murphy dans le rôle d’un chanteur hasbeen junkie cédant le 1er rôle à Jamie Foxx (très bon également). Allez le voir !

    A la recherche du bonheur est une exploration des bas-fonds des USA de Will Smith en bon père de famille avec son fils Jaden et le désir de s’en sortir. Film assez dur, car en Occident qui n’est pas à l’abri d’une descente aux enfers de la rue, de la marginalité, de l’exclusion. Quand on pense à la récente mobilisation des enfans de Don Quichotte, on ne peut s’empêcher de se sentir proche du personnage de Smith, commercial desespéré. Smith est saisissant dans ce rôle un peu à contre emploi quand on connait le personnage. Poignant donc. Il aurait pu être "nominé" aussi aux Oscars.

    Joey

  36. Posté par catharsis, le 12 mars 2007 à 23:01

    Aow... Le dernier roi d’ecosse... Grand film. Vraiment. La mise en scene m’a plu, il ont reussi a retrouver le grain et les couleurs des films des années soixante dix. Bien joué ! Et la tension qui monte petit à petit ! Forest Withaker est reellement bon, saisissant, dans le rôle. Tour à tour bon vivant, puis inquietant comme un avant gôut de l’enfer. Les nerfs sont mis a rude epreuve. Voui, il ya deux scenesparticulierement dures, gores.Et alors ? Le film est loin de reposer sur deux scenes spectaculaires. C’est dosé avec bcp d’habileté, sans s’apesentir. Juste pour toucher l’horreur que la folie humaine peut reellement engendrer.Que l’on me pardonne, mais je ne peux taire cette image magnifique, de cette chute de rein, de l’actrice, euh nigerienne je crois. La 3 iem epouse d’Amin. Nom de nom ! M’a filé le vertige. Cette croupe,avait quelque chose de divin, de transcendant. Non que dis je ? De sacré ! Je fus pris d’une immediate adulation, prêt à me damner pour y poser ma main. Non pas dessus. Pas tout de suite. D’abord au creux de la chute, là où naissent les plaisirs de la volupté.

    Pi j’ai appris, decouvert un pan de l’histoire ougandaise, de cet hom.Completement ambivalent. De sa resistance au pressions exterieures de son desir de relever l’Ouganda. De l’amener sur le devant de la scene internationale. Mais quelle folie, quels massacres. C’est ce qui me rend circonspect, voire inquiet quant aux dictateurs. Le but est eventuellemnt noble, mais est ce que çà derape apres ? Est ce le goût malsain du pouvoir ? Toujours est il que les moyens pour y parvenir s’ecrivent à l’encre rouge hémoglobine, puisée dans le sang des innocents.

    Bravo. (pour le film)

  37. Posté par ZONGA MBOKA, le 14 mars 2007 à 23:48

    Franchement,

    Vous avez besoin qu’on vous reconnaissent par Hollywood pour confirmer votre talent. C’est vraiment pathétique. Pourquoi ne créérez vous pas votre propre Hollywood ?

    Faites comme les Indiens qui ont leur Bollywood et ça marche.

    A quand donc la BAMBOULYWOOD

  38. Posté par ZONGA MBOKA, le 16 mars 2007 à 12:19

    Salut Alain,

    Franchement, ce n’est pas sympa d’avoir amputé mon précédent commentaire. Il n’est pas du tout complet et je ne suis pas content. Nous devons apprendre à supporter les critiques.

    Néanmoins, ton blog demeure l’un des meilleurs, si non peut être le meilleur, si tu remets mon commentaire intégralement.

    Merci d’avance.

  39. Posté par ZONGA MBOKA, le 16 mars 2007 à 12:30

    Salut Alain,

    Je suis désolé, je me suis emporté un peu trop vite et pour cela je demande mille excuses. En fait, tu n’as pas amputé mon commentaire, je l’ai retrouvé sur l’autre article concernant le début de carrière d’acteur de YOUSSOU NDOUR.

    Je confirme, ton blog est le meilleur.

  40. Posté par thedidy, le 21 mars 2007 à 18:35

    Je me demandais : Quels sont les invités de la cérémonie des Oscar ? Comment sont-ils choisis ?

  41. Posté par zini, le 16 avril 2007 à 21:31

    Salut Alain, Je viens de découvrir ton blog et j’ai passé une demie nuit blanche a lire les réactions des intervenant, trés enrichissant. merçi

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