Que vaut réellement Werrason sur le plan musical ?

Phénomène, Ngiama Werrason l’est sans aucun doute, avec une popularité au zénith depuis des lustres. Mais est-il pour autant un « phénomène musical » ? Depuis le trio Madjesi avec des fans qui grimpaient jusque sur les toits des églises pour écouter Sosoliso (Ô sacrilège !), Werra s’est révélé un phénomène similaire : il a fait chavirer le quartier Château rouge à Paris et surtout réussi des affluences historiques à répétition dans les vastes salles parisiennes : Bercy et Zénith. Mais il est une chose de remplir de grandes salles et une autre d’y proposer des spectacles qui soient tout autant historiques, inoubliables. Ça tombe bien, il prend déjà les paris, le patron de Wenge Musica Maison Mère. Qui a déclaré à Afriqu’Echos Magazine (AEM) la semaine dernière à Kinshasa : « Oubliez tous les autres spectacles réalisés au Zénith et remettez les compteurs à zéro ».

Cette déclaration est pleine de lucidité car, hormis Papa Wemba qui avait été géant, exceptionnel et génial à l’Olympia, tous les autres concerts congolais dans les grandes salles parisiennes ont été ordinaires : Zaïko au Zénith, JB Mpiana à l’Olympia ; quelquefois brouillons comme JB Mpiana à Bercy, Koffi Olomide à l’Olympia puis au Zénith et… Werrason à Bercy ; ou tout simplement terne comme Emeneya pour son dernier Olympia. Nous nҩvoquons là que des spectacles auxquels nous avons personnellement assisté et en nous référant entre autres à ce que Tabu Ley avait présenté à l’Olympia trente ans plus tôt.

La popularité du « Roi de la forêt » n’est plus à démontrer au point que s’il remplit le Zénith le 8 novembre prochain, cela n’aura rien d’exceptionnel, c’est vous dire… Comme tout phénomène, la popularité de Werrason a un côté irrationnel, inexplicable. Mais, on lui vaudra d’avoir eu l’intelligence de fructifier ce succès par son investissement social auprès des enfants de la rue, par des dons importants aux clubs de football, mais également par des clips scénarisés avec beaucoup de talent et de créativité.

Cela dit, le 8 novembre au Zénith, nous attendons, ou sommes plutôt en droit d’attendre, autre chose que ces concerts bruyants et monotones à la gloire des bières locales auxquels nous ont habitués les orchestres congolais directement ou via des DVD indigestes. C’est toujours le même topo : une vedette drapée de ses millions de surnoms ridicules ; des atalaku criant à tue-tête dans une belle cacophonie dans laquelle on a du mal à apprécier la qualité des instrumentistes ; des chanteurs qui défilent chacun à leur tour dans des exercices de contorsion disgracieux ou des solos vocaux disharmonieux, des danseuses aux nombrils et cuisses livrés au voyeurisme et à nos bas instincts…

Dieu tout puissant, faites que ce soir-là, Wenge MMM préserve nos tympans des hurlements et des hululements des atalaku, faites que les chanteurs comprennent que chanter haut et fort systématiquement ne signifie pas bien chanter ; faites que Werra sache qu’un concert, c’est d’abord une musique à écouter, à savourer, des textes de chansons à apprécier.

Nous souhaiterions, en effet, que ce concert soit une sorte de rendu d’un bilan dҩtape de la production discographique de ce chanteur et son groupe, un exercice pour nous convaincre que dans le calme de son salon un dimanche ou dans la sérénité de sa chambre à coucher, on peut écouter du Werra sans que la musique ne nous agresse. Comme avec la chanson « Chantal Switzerland » d’une certaine époque. C’est vrai que cela date.

Alors « De la forêt », on se dit au 8 novembre ?

|Botowamungu Kalome (AEM)

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  (1) Commentaires

  1. #1) Posté par brel  le 05/11/2008 à  16h11

    ya werra tjrs le best

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