|
Transport ferroviaire : Un incident à l’origine d’un brusque arrêt de travail qui paralyse le C.f.c.o
Depuis mardi 14 février 2012, l’intersyndical du C.f.c.o (Chemin de fer Congo-Océan), a décidé d’un arrêt brusque de travail sur le chemin de fer, pour protester contre la destruction de la résidence d’un cadre du C.f.c.o, par une opération qui aurait été conduite à la demande du président du Club-2002 P.u.r qui aurait acheté ladite maison, pour en faire le siège de son parti à Pointe-Noire. La reprise du travail est soumise à des conditions posées par l’intersyndical. Il y a des pourparlers entre les pouvoirs publics et l’intersyndical, pour chercher à débloquer la situation. Le bradage du patrimoine foncier et immobilier de l’Etat et des entreprises publiques continuent de susciter des vagues dans le pays. Après l’affaire de l’occupation de la place Bernard Kolélas (l’esplanade du centre sportif de Makélékélé), à Brazzaville, il s’est produit à Pointe-Noire, lundi 13 février dernier, un incident à l’origine de l’arrêt brusque de travail décidé par l’intersyndical du C.f.c.o, en signe de protestation.
En effet, selon des cheminots à Pointe-Noire, le parti Club 2002-P.u.r aurait acquis une maison du C.f.c.o, dans laquelle vit, actuellement, un cadre de cette société, M. Martin Ngoma-Ndila, responsable au service M.t (Matériel et traction), en mission en France, au moment des faits. Le lundi dernier, vers 15h, un officier colonel de l’armée y a conduit une opération de destruction, avec l’appui d’un engin et quelques militaires, à la demande, semble-t-il, du président du Club 2002-P.u.r. Les cheminots vivant dans les environs ont accouru, pour empêcher la destruction de la maison où vit leur collègue. Mais, les gendarmes sont intervenus, en les molestant et un cheminot a eu une fracture au niveau de la jambe. Devant cette situation, l’opération n’a pu être conduite jusqu’à terme. L’officier a retiré l’engin et s’en est allé avec son équipe.
L’incident a, tout de même, mis en colère les travailleurs du chemin de fer et provoqué une vive tension dans leur milieu. C’est ainsi que le lendemain, mardi 14 février, dans la matinée, l’intersyndical du C.f.c.o a convoqué les travailleurs à une réunion, au Kilomètre 4. A l’issue de cette réunion, les cheminots ont décidé de l’arrêt du travail sur le C.f.c.o. Ils ont conditionné la reprise du travail aux décisions suivantes: - la réparation de la maison semi-détruite; - la réhabilitation du réseau électrique de la zone, endommagé par l’engin commis à l’opération de destruction; - la rupture du contrat de convoyage des trains avec la gendarmerie; - le paiement des arriérés de salaire, compte tenu du fait que le patrimoine de leur entreprise est bradé, à leur insu.
A la suite de l’incident et surtout de l’arrêt de travail, une grande concertation s’est tenue à Pointe-Noire, mercredi 15 février, entre le Ministère du transport, la marine marchande, la préfecture de Pointe-Noire, la direction générale du C.f.c.o, la force publique et l’intersyndical. Objectif: débloquer la situation créée par l’arrêt du travail. Les pourparlers ont duré jusqu’à 22h et des compromis ont été trouvés sur certains points comme la réhabilitation de la maison et son occupation par M. Martin Ngoma-Ndila et la réparation du réseau électrique.
Quant à la rupture du contrat de convoyage de train par la gendarmerie, la concertation a jugé qu’elle n’a pas compétence à traiter d’une telle question, tout comme le paiement des arriérés de salaires, car c’est une question qui concerne aussi des partenaires internationaux, comme la Banque mondiale. Au moment où nous mettons sous presse, l’intersyndical a prévu de tenir son assemblée générale, jeudi 16 février, pour décider de la reprise du travail. Les travailleurs du C.f.c.o peuvent au moins se réjouir d’avoir donné un coup d’arrêt au bradage du patrimoine immobilier de leur entreprise, grâce à leur solidarité. Lasemaineafricaine.com
|