SLR / Stéphanie Ludet-Rannou a fait des études d’art en France (atelier de Sèvres et ENSAD de Paris) ainsi qu’en Asie (écoles des beaux-arts d’Hanoï et de Pékin) où elle s’initia notamment à la technique de la laque. Elle a exposé en France (Paris, Théâtre Gérard Philippe / Cannes, Art-Jonction et Metz), en Corée (Séoul) et au Vietnam (Hanoï).
L’exposition qu’elle présente au CCF s’articule autour de deux aspects de son travail : la rencontre et l’introspection.
Une série de portraits de gens croisés au gré de balades dans les rues de Pointe-Noire rend compte de ces bref instants partagés entre l’artiste et son modèle improvisé. Ces petits portraits fonctionnent comme des cartes d’identité sensibles, griffonnées sur le vif.
Mais derrière le portrait, il y a l’enveloppe, ce qui reste de nous une fois dépouillés de tous nos attributs. Ainsi les corps façonnés par SLR, corps figés, recroquevillés, ficelés ou rivés à des chaises, corps de papier mâché et imprégné de jus terreux, font immanquablement penser aux momies, aux gisants de Pompéi ou aux irradiés d’Hiroshima. Figures ultimes de l’introspection, ils concentrent en eux nos stupeurs, nos fantômes et nos paralysies. Sans pathos mais avec une lucidité implacable, SLR nous rappelle que nous sommes, nous avons été, nous serons ces corps compacts et pourtant si fragiles. Tu n’es que poussière, n’est ce pas…
