L’eau, le pire ennemi des voiries

Toute réalisation routière doit être protégée par la construction préalable d’ouvrages efficaces d’assainissement. La topographie de la ville de Pointe-Noire présentant la caractéristique de manquer de reliefs rend l’écoulement des eaux d’autant plus difficile que de nombreux marécages, qui y jouaient le rôle régulateur de bassins d’absorption, ont été remblayés pour être livrés à la construction. De même les nombreuses rivières qui sillonnent le tissu urbain ont vu leur section utile réduite par des occupations sauvages et des dépôts d’ordures.
La création de caniveaux est délicate, leur faible pente en raison du manque de dénivellation et de la rareté des exutoires [1] favorise leur ensablement [2]. A cet ensablement, l’incivisme des populations, qui n’hésitent pas à se servir de ces caniveaux à des fins de poubelles, ne fait qu’ajouter à la tendance à l’obstruction de ces ouvrages [3]. Les assainissements dans la capitale économique doivent donc être particulièrement bien entretenus. Ce travail demande une main d’œuvre importante et n’est guère réalisé par les services de la mairie [4].
Ce qui précède explique sans l’excuser que, dans la cité Océane, de nombreux assainissements soient inopérants ou entièrement détruits et que certaines voies n’en soient absolument pas pourvues.

En stagnant sur la chaussée, et surtout sur les accotements, contre sa bordure, l’eau pénètre sous le revêtement. Elle s’infiltre dans la couche de base puis pénètre dans la couche de fondation par les fissures de faïençage. L’action dynamique du poids des véhicules brasse la couche de fondation qui se charge en eau et devient plastique. Les enrobés s’affaissent et se faïencent à leur tour. Des nids de poule de forment. Sans une réparation immédiate, par effet dominos, les trous ne peuvent que s’agrandir en surface comme en profondeur.

[1] En travaux hydrauliques on appelle exutoire la sortie aval d’un ouvrage permettant qu’il se vide.

[2] La nature particulièrement fine des sols de la ville ajoute au problème

[3] Quand un ouvrage hydraulique dispose d’une pente forte, la grande vitesse de déplacement de l’eau permet son nettoyage naturel.

[4] A noter l’action exemplaire de l’ONG Génération Sans Frontières qui s’emploie, avec ses faibles moyens, au curage des ouvrages hydrauliques de la ville. Si cette action est louable, elle ne suffit cependant pas. Elle ne peut, ni ne doit se substituer à celle des services municipaux qui manquent actuellement d’efficacité en la matière.