Daniel Lobé Diboto : Honorable Député Mabio Mavoungou-Zinga, pourquoi préférez-vous passer plus de temps dans les campagnes de votre circonscription plutôt qu’en ville ?
Mabio Mavongou-Zinga : Pour deux raisons distinctes,
La première est personnelle. Mon attachement à la campagne a pour origine le fait que j’y sois né. Je m’y sens chez moi, ou comme un poisson dans l’eau. L’endroit est idéal pour la méditation et la contemplation. J’y puise joie, sérénité et réconfort.
La seconde est une obligation légale. Je me conforme aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, qui nous font devoir de faire des descentes parlementaires dans nos circonscriptions à l’issue de chaque session pour y exercer les différentes facettes de la fonction parlementaire.
DLD : Pourquoi vous vous donnez autant de peine pour les actions sociales ?
MMZ : Je ne me donne pas assez de mal pour le Social. Ce que je sais c’est que j’ai besoin du bonheur des autres pour être heureux.
En réalité, les politiques économiques et sociales menées par les différents gouvernants, ont généré des nombreuses inégalités. 70% de la population congolaise vit aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. [1]
Chaque action, qui peut contribuer à soulager, un tant soit peu, le malheur des autres, apparaît comme une bénédiction. Ainsi, en instaurant le concept de "l’Aristocratie du cœur", j’ai voulu et je veux inciter tous ceux qui sont un peu plus aisés aujourd’hui à partager avec ceux qui n’ont encore rien, car on ne reçoit que dans la mesure où l’on donne.
DLD : Vous venez d’organiser à Kayes-Poste la fête de fin d’année sous le thème "Inkangulu". Pouvez-vous nous expliquer ce que ce terme signifie ?
MMZ : Le « Nkangulu » est une expression des langues du littoral congolais qui veut dire la mise en commun de ce que l’on peut avoir.
En fait, c’est du "un pour tous, tous pour un". Désormais donc, à une date proche du nouvel an, nous organiserons la fête du partage à Kayes-Poste : celui qui a un morceau de poisson, vient avec ; un autre peut apporter du riz ou du vin local "Le yonga".
Toute cette nourriture est mise en commun pour un repas de convivialité et de fraternité, c’est cela le "Nkangulu".
Comme on dit chez nous :
" Dans un village où le sens de solidarité prévaut, il n’y a point de pauvre".
C’est l’une de nos vertus séculaires qu’il convient de perpétuer.
"A l’aube de cette nouvelle année 2007, je vous présente à tous au nom des membres sociétaires de Madingo-Kayes Développement et au mien propre, mes meilleurs vœux de santé. Surfez sur les ailes du temps : pour le reste, Dieu lui même y pourvoira."
L’honorable Mabio Mavoungou-Zinga
Député de la circonscription unique de Madingo-Kayes.
[1] On considère qu’une personne vit en dessous du seuil de pauvreté quand elle dispose de moins d’un dollar US/jour (520FCFA).