lundi15 janvier 2007

Aimé Césaire, un lion est un lion

Au lycée Karl Marx de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville, j’ai pendant longtemps éprouvé une hostilité à la poésie d’Aimé Césaire. La lecture du Cahier d’un retour au pays natal fut alors pour moi un des moments les plus difficiles des études littéraires. Je ne regrette pas cette attitude puisque c’est ainsi que j’ai toujours abordé les grandes œuvres qui font la fierté du génie humain. Cahier d’un retour au pays natal est un texte qui recommande de la patience, de la préparation intérieure, et surtout une nouvelle manière de voir les choses en les renommant dans une démarche de la table rase. Sans doute n’étais-je pas assez préparé pour recueillir une parole dont la densité allait plus tard m’apparaître dans toute sa crudité et me pousser à mettre ce recueil dans la liste très serrée des mes livres de chevet, à côté du Livre de ma mère d’Albert Cohen, du Petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry, du Tunnel d’Ernesto Sabato, de Peau noire, masques blancs de Frantz Fanon et de Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez.

Hostile étais-je donc à la poésie de Césaire ? La forme y était pour quelque chose. Comme beaucoup d’adolescents de mon âge, j’étais plutôt accoutumé à la langueur d’une poésie d’ordinaire romantique, et j’étais loin d’imaginer que même chez Césaire le chant était aussi cadencé, aussi romantique, et que la Beauté pouvait se fondre dans le cri le plus désespéré. Au fond, on n’entre pas dans l’univers poétique de Césaire comme on entrerait dans l’œuvre d’un poète ordinaire ayant conçu modestement une œuvre sans incidence sur le cours du monde. Toute poésie qui redéfinit notre humanité requiert de nous une élévation, de nouvelles attitudes. Les épigones de Césaire en savent quelque chose, car sa parole est unique, tracée à l’encre d’une colère raisonnée et d’une obstination de révolté : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. »

La page de Césaire est comme « maculée » de signes qui en cachent d’autres ; et, entre les lignes, entre les mots, il faut aller à la pêche d’un discours et d’une vision du monde d’un prophète convaincu de la possibilité de l’Amour de l’Autre. Chaque vers de Césaire est dit, est écrit avec une force et une insistance résolues parce que pendant longtemps les mots auront été galvaudés par des vendeurs de chimères, des faux prophètes qui auront parlé au nom de tout un peuple. Césaire, lui, remue la tourbe, interroge les éléments de la nature, repart à la source : « Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. »

Aimé Césaire, est la voix la plus rugissante, la plus désinvolte et la plus pérenne de ce séisme que fut la Négritude et qui nous a délivrés du poids de plusieurs siècles d’infériorité décrétée par ceux qui auraient inventé les civilisations, jugeant au passage que le Nègre n’avait, lui, rien inventé, même pas le fil à couper le beurre ! Or il y a le Remords qu’éprouvent désormais ces inventeurs de civilisations. Et ce Remords est un tribunal impitoyable :

« mais est-ce qu’on tue le Remords,

beau comme la face de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait

dans sa soupière un crâne de Hottentot ? »

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Lecture d’un passage de "La Poésie", l’oeuvre poétique intégrale de Césaire établie par Gilles Carpentier et Daniel Maximin (Seuil, 1994)

Aimé Césaire contemple le siècle, jette un regard de dépit sur le délitement de la société, la méconnaissance de l’histoire des peuples et la perte des valeurs pour lesquelles il a consacré son existence et son œuvre. L’Afrique, gouvernée souvent par des dictateurs, est empêtrée dans des guerres civiles. Le reniement des origines est à la mode. Lui Césaire, lui le lion est là, même lorsque quelques auteurs prompts au zèle tentent de lui assener le coup de pied de l’âne. Un lion est un lion... Sa négritude n’est inaudible que pour ceux qui prêchent l’obscurantisme ou pour les hommes de couleur qui en revendiquent obstinément l’exclusivité et dénaturent ainsi la portée globale d’une œuvre qui devrait parler à tout être épris de liberté et d’indépendance. Ceux-là n’auront donc jamais mesuré la dimension universelle du rugissement de Césaire. Ils n’auront entendu de sa parole que leurs propres obsessions. Qui en effet, après la lecture du Cahier d’un retour au pays natal ou du Discours sur le colonialisme pourrait prétendre demeurer le même homme, gonflé de ses préjugés, de sa suffisance, de sa cécité et de sa bonne conscience ?

Certes la France est actuellement traversée par la question de la colonisation et l’angle sous lequel la traiter. Césaire répondait déjà à la question dès 1955 dans son Discours sur le colonialisme : « Où veux-je en venir ? A cette idée : que nul ne colonise innocemment, que nul non plus ne colonise impunément ; qu’une nation qui colonise, qu’une civilisation qui justifie la colonisation - donc la force - est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment. » Comme quoi, il suffit de lire (ou relire) Césaire !


Ce texte est paru dans Un lieu pour les livres, extraits d’une mémoire, livre collectif dans lequel 60 écrivains contemporains ont été consultés pour évoquer l’ouvrage d’une grande figure littéraire dont l’oeuvre a été soutenue par le CNL par le biais de la réédition ou du financement pour la publication. Parmi les 18.000 livres ayant bénéficié de ce soutien depuis 60 ans, le CNL a donc choisi 60 (entre autres les livres de Marcel Proust, Voltaire, Fernando Pessoa, Aimé Césaire, Victor Hugo, Miguel de Cervantes, Salman Rushdie, Elfried Jelenik, Virgina Woolf, Robert Desnos, Emily Dickinson, Herman Melville, Montesquieu...)

Un lieu pour les livres, ouvrage coordonné par Sophie Barluet et édité par Gallimard (hors collection, papier glacé et illustrations), a pour ambition de raconter comment, au fil des ans, le CNL a pu accompagner l’édition française dans ses inventions et dans ses découvertes, dans ses prises de risque passionnées, dans son travail patient pour offrir les œuvres dans leur totalité, mais aussi dans son souci de proposer à tous les publics des ouvrages exigeants quel qu’en soit le genre ou la discipline.Chaque œuvre est présentée par un texte signé par un auteur contemporain. Et je n’ai donc pas hésité de "faire l’éloge" de Césaire - le seul auteur négro-africain de la liste - et de rédiger le texte que vous venez de lire.

Commentaires

  1. Posté par Monofila, le 15 janvier 2007 à 16:01

    Je me souviens de mes premières impressions, lors de la découverte de Cahier d’un retour au pays. J’aimais Tchicaya U Tam’si et des amis qui déjà me trouvaient hermétique, m’avaient conseillé le livre de césaire. Et jusqu’à aujourd’hui, les phrases de Césaire chantonnent encore dans ma tête. Je peux dire que ma première découverte de Césaire s’est faite avec joie et émerveillement ! Par une espèce de parenté dans la souffrance et la recherce du sens à l’existence humaine. Souvenons-nous de cette phrase : ’’Il faut se ceindre les reins comme un vaillant homme’’ Mais aussi : ’’Ma bouche sera la bouche de ceux qui ont perdu la leur’’...Il n’y a un ton et un rythme contrôlés par une forte charge d’images inouïes qui ravissent et touchent les consciences. Césaire est un grand, un lion, comme l’écrit Alain !

  2. Posté par Mayombe82, le 15 janvier 2007 à 16:56

    "Cahier d’un retour au pays natal est un texte qui recommande de la patience, de la préparation intérieure, et surtout une nouvelle manière de voir les choses en les renommant dans une démarche de la table rase. Sans doute n’étais-je pas assez préparé pour recueillir une parole dont la densité allait plus tard m’apparaître dans toute sa crudité (...)" : j’entends un écho ! @+, M82

  3. Posté par Mr hector, le 15 janvier 2007 à 17:31

    J’ai toujours pensé qu’entre Senghor et Césaire, il y avait un poète dont on exagérait un peu trop la force littéraire. Je laisse deviner lequel, mais suivez tous mon regard, sans académisme... Césaire le Lion, Senghor le Tigre... en papier ?

  4. Posté par nestor, le 15 janvier 2007 à 18:34

    Hector cherche la polémique

  5. Posté par Chrystom, le 15 janvier 2007 à 18:59

    Aimez Césaire,oh ! Aimé Césaire, j’ai voulu dire sans vraiment retourner au pays natal de ma viande-mère que aimait à savourer en entier mon saint père, ne me tenez surtout pour cela rigueur avec votre discours sur le colonialisme, est véritablement un lion du terroir humain, douloureusement griffé génialement griffu humainement griffant, un griffé-griffu-griffant , un gri-gri gri noir et redoutable qui crache la foudre sur le dos des hippopotames les plus sourds , il arrache les échardes d’odieux préjugés sauvagement piquées sur sa race , oh !le mauvais sang crevant envenimant les yeux au chant des tam-tams violés par des mains lointaines,son cri décrit le centre de gravité de l’âme de tout un peuple affaissé comme la marmite de kokambala sur le foyer d’une histoire enflammée, son œuvre n’un plus ni moins qu’un cri écrit,un mugissement grave agrafée au temps, un mugissement qui suit, un mugissement rampant ,comme un boa ,le long du Congo(fleuve) où le lion s’eût et sut s’abreuver,sa crinière en roue-de-feu pétillant, la patte oint d’une sûreté peu commune,la la patte bégaye de rage sur l’herbe de taureau , qu’ils broutent eux sacrés civilisés l’herbe,lui signe de sa gueule aux dents de fer déchirants son cannibalisme sur les viandes blondes au cœur des ténèbres son cri sorcier effraie même les diables les plus endurcis, sa longue langue est maître de la parole, et Breton bougé caresse la toison de sa forte main surréaliste et lui tend son vase communicatif ,un grand bond de ventre qui porte l’ aiguillon d’un vieux cauchemar, un griffé-griffu-griffant, un gri-gri gri fée,quoi ,fée ?bien coiffé d’un français qu’un certain français n’aurait pu fierement faire l’amour ,et sans se fatiguer je vous en prie, avec la même vigueur , un griffé-griffu-griffant ,un gri-gri gri dans un fût où il mousse écume la négritude soignée, propre à la taille de son temps, un griffé-griffu-griffant, un gri-gri gri fend les maillons d’une chaîne séculaire : est-ce, Liberté dit Libertashio, le fou de Sony !

  6. le 15 janvier 2007 à 19:15

    Suis entièrement et absoulument d’accord avec toi, Hector. Rien à redire sur ton post. J’espère que Daniel Garcia, le journaliste de livre Hebdo notera un de ces jours cette contriburtion intelligente ;-) mdr.

    Aimé Cesaire et les lycéens ! Ah, quelle histoire ! Je me souviens qu’un de nos profs nous avait formellement interdit de citer cette phrase de Césaire( dans nos essais littéraire )" ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche"

    Edwige H.

  7. Posté par Chrystom, le 15 janvier 2007 à 19:17

    Est-ce à tort que ce lion aux aguets se promène dans cette savane à peau noire sous un masque blanc ? Pas du tout, semble aligner et souligner « la liste très serrée » des livres de chevet de notre hôte !dedans ?

  8. Posté par nestor, le 15 janvier 2007 à 19:52

    Vive Césaire...et Senghor.


    Parlons-en de la liste de chevet d’Alain. Il doit avoir un lit en métal plombé...ou alors son lit penche ! On devrait dire une bibliothèque de chevet.

  9. Posté par Nietzsche_junior, le 15 janvier 2007 à 21:42

    moi je regarde des mangas avant d aller dormir ... j ai adorée Nausicaa , Laputa de myasaki , hier je me suis maté The Big Lebowsky , trop fort , ce soir c est Las vegas Parano .. va falloir mettre ses chaussures de Golf !.. a part j avais rien a dire et je tenais a vous le faire savoir !

  10. Posté par Nietzsche_junior, le 15 janvier 2007 à 22:54

    "Aimé Césaire, est la voix la plus rugissante, la plus désinvolte et la plus pérenne de ce séisme que fut la Négritude et qui nous a délivrés du poids de plusieurs siècles d’infériorité décrétée par ceux qui auraient inventé les civilisations"

    .............. ils ne vous a délivrés du poids de plusieurs siècles d’infériorité décrétée par ceux qui auraient inventé les civilisations .... ils vous a appris a fermé les yeux pour ne plus voir vos chaines , quel fabuleux poete !

  11. Posté par Nietzsche_junior, le 15 janvier 2007 à 23:00

    il est bon de se hisser de temps a autres dans les hiérarchie d un passé antique ou la pensée si grandiose soit elle c est figée et ne veut plus rien dire du tout pour les fantômes du présent ! mis a part quelque esthète affaiblis dans leur salon simulé ,Soyer Moderne Messieurs Dames !!, détruisez donc vos icônes du passé vous en sortirez plus Grand , vous n avez toujours pas compris ou quoi inculte ??!! , un lion est lion. ; mais un lion mort c est un cadavre en putréfaction !! , les fleuves d Afrique charrient leur défunts chaque jours un peu plus , divins et mortels sont liés l un l autre mais c est à nous de mener la danse , tous reconnaissent la civilisation Africain , mais dans et par son infériorité lol ... l Art primitif , l art des enfants ou des hommes immature , si proche de la nature et si peu de la Raison .. !

  12. Posté par Henri, le 16 janvier 2007 à 00:53

    L’oeuvre de Césaire est d’une actualité étonnante, à moins d’être aveuglé par un ego démesuré et de se prendre pour un surhomme, celui qui entre dans l’imaginaire de Césaire y trouve de quoi elever son âme à la dimension humaine. heureusement, ce lion là n’est pas encore mort.

  13. Posté par Mayombe82, le 16 janvier 2007 à 08:59

    Mr Hector, un peu plus d’épaisseur quand même pour l’enfant de Joal : Tigre en carton (MDR !) @+, M82

  14. Posté par Joey, le 16 janvier 2007 à 10:04

    N_J, tu dis : « un lion est lion. ; mais un lion mort c est un cadavre en putréfaction !! » Est-ce que le lion est mort ? Penses-tu que le propos de Cesaire appartient au passé ? Si tu tiens compte de l’actualité récente, le lion sautille encore malgré sa crinière grisonnante...

  15. Posté par Joey, le 16 janvier 2007 à 10:10

    La fameuse liste ... « dans la liste très serrée des mes livres de chevet, à côté du Livre de ma mère d’Albert Cohen, du Petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry, du Tunnel d’Ernesto Sabato, de Peau noire, masques blancs de Frantz Fanon et de Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. »

    3/5 pour moi. Reste Sabato et Cohen, puis j’écrirai mon premier roman et au 6ème j’aurai le Goncourt :O)

    Mais le number one restera ma holy bible !

  16. Posté par May, le 16 janvier 2007 à 12:52

    Et qui parle du fabuleux Ultravocal de Frankétienne ? Pour rugir, ça rugit, avec brio et élégance. Je vous le conseille, cher hôte de ce blog ! Voilà un bonhomme qui vit comme il écrit. On ne peut pas toujours en dire autant de notre magistral Césaire ! Lisez aussi Omeros, de Derek Walcott, ou The Arrivants, de Brathwaite... je crois que vous lisez l’anglais. Il s’est écrit bien de la poésie, depuis le Cahier.

  17. Posté par May, le 16 janvier 2007 à 13:00

    PS : Soyinka ne voyait pas, dans la Négritude, la moindre capacité de délivrance. Il trouvait que le tigre n’avait pas à clamer sa tigritude, mais seulement à agir en tigre, en bondissant sur sa proie. Le rugissement sans les actes est vain. Depuis que les malheurs n’ayant pas de bouche ont vu leur voix portée, ils ne se sont pas évanouis. Pouvons-nous compter sur vous pour piquer davantage en porc-épic que vous êtes ? Le lion n’est pas royal pour les Africains traditionnels. Il ne sait que pavaner (rugir), cependant que la lionne fait tout le boulot. Le lion vient, après la chasse de sa femelle, se rassasier de ce qu’il n’a pas conquis. Repu, il s’en retourne à ses rugissements qui ne changent rien à rien.

  18. Posté par Minga, le 16 janvier 2007 à 15:58


    - Assez d’accord avec May sur les "pavanages" du lion qui se prévaut des besognes de la lionne. ;)

    - D’accord aussi avec certaines critiques visant la Négritude ; à tort ou à raison D’autant plus qu’ on ne jette des pierres que sur l’arbre qui porte des fruits . Et qu’en outre, la critique est aisée, l’art (infiniment) difficile .

    - Le pragmatisme anglo-saxon m’enchante. Et Wolé Soyinka le porte bien haut. Ses prises de position ne manquent pas de force et de justesse. Cependant, si on peut reconnaître un vice de la théorie à la Négritude, on ne peut lui dénier son rôle pionnier dans la revendication d’une identité jusque là dépréciée.

  19. Posté par A. Mabanckou, le 16 janvier 2007 à 17:42

    May,

    Va donc dans les archives, et tu verras que Franketienne (Haiti) est plus qu’un ecrivain que j’admire, c’est un "pere"... Nous avons eu deja a le presenter ici. Et le livre que tu soulignes n’est qu’un parmi d’autres ( il se publie dans son pays, au Canada par Memoire d’encrier, en France par Michel Place et Vents d’ailleurs). Je reste persuade que son chef d’oeuvre c’est L’Oiseau schizophone... J’ai ecrit de courts textes sur ma rencontre avec lui en Guyane, avec Laferriere, Rodney Saint-Eloi... En tout cas, Franketienne, un autre calibre ! Derek Walcott n’est vraiment pas ma tasse de the. Je prefere savourer Cesaire. De Derek Walcott j’aime les essais, dont son Cafe Martinique... et sa temerite a mettre un bemol sur la creolite militante... Bref c’est une histoire de gout. Mon Cesaire reste mon Cesaire... Et rendons a Cesaire ce qui est a Cesaire. (Tiens, quelqu’un l’a deja dit quelque part...)

  20. Posté par Nietzsche_junior, le 16 janvier 2007 à 20:30

    "N_J, tu dis : « un lion est lion. ; mais un lion mort c est un cadavre en putréfaction !! » Est-ce que le lion est mort ? Penses-tu que le propos de Cesaire appartient au passé ? Si tu tiens compte de l’actualité récente, le lion sautille encore malgré sa crinière grisonnante...".............. ...................................................................... ses reflexion sur la négritude transatlantique on peut en voir les ravages aujourd hui , surtout chez l Africain qui sont les seuls a encore la revendiquer et y croire au passage , Césaire etait bien Naif politquement ( opportunisme littéraire ? ) , il a été un de ceux qui ont élaboré en opposition au colonialisme et l alculturation un discours qui justement se base sur le meme apriori que l’ Occident impérialiste !il c est réveiller en 50 pour le communisme mais par contre le Suréalisme ca on est plein dedans lol :) , Césaire c est reveiller pour constater l ampleur de la tache et c est rendormi dans sa poétique , l Etudiant Noir comme ultime recours désépéré face a the White power , on sent deja la surenchere mimétique pour savoir qui de l oeuf ou de la poule est venu en premier lol , le probleme c est qu il a grandit/gravité dans un milieu littéraire "Francais" completement embrumé dans ce genre de discours existentiel sur les quetes orignel , on etais en pleine Ek-stase ! , les foret de mots ou tous le monde se perd c est propice au poetes des iles :) ( Césair grand romantik Naif ? ) , ce fameux passé ou l on puise ces Racines , on se resource de cette eau viviante qui n existe nul par ailleur qu en chez soi ! ce dévoilement de l etre ! , cette culture dénaturé par le colonialisme , cette Mémoire qu il faut donc aller re-chercher dans un obscurs passé qui deja préfigure la neurasthénie intellecuel de la majeur partie des élites Africaines en général et noirr en particuliere ! encore bercé de douce illusion et de naive esperance sur son passé ! , mais qu importe a vrai dire ! car l essentiel est qu aujoud hui la lutte pour les Africains c est juste de réclamer le droit meme idéaux qui hante la tete des occidentaux ! .. merci Césaire et ses épigones politiquement correct ! , le poete est doué sa j en doute pas un instant ...

  21. Posté par Nietzsche_junior, le 16 janvier 2007 à 20:32

    "L’oeuvre de Césaire est d’une actualité étonnante, à moins d’être aveuglé par un ego démesuré et de se prendre pour un surhomme, celui qui entre dans l’imaginaire de Césaire y trouve de quoi elever son âme à la dimension humaine. heureusement, ce lion là n’est pas encore mort."....

    ceci n est pas une Pipe .. !

  22. Posté par Henri, le 17 janvier 2007 à 00:28

    Nietzsche-Junior, si tu n’as jamais douté du talent de Césaire, ta phrase " ceci n’est pas une pipe.." est sans objet.

  23. Posté par May, le 17 janvier 2007 à 09:23

    Cher hôte de ce blog,

    Comme vous semblez prendre ombrage de mes propos ! Cela me ravit, de vous avoir un tantinet piqué au vif... Vous voudrez bien m’excuser, nouvelle venue sur votre territoire, d’avoir la paresse de ne lire que la page du jour.

    Me voilà rassurée, vous aimez Frankétienne, et le révérez comme il le mérite.Je cite Ultravocal parce que L’Oiseau Schizophone me semble plus complexe, pour ceux de vos lecteurs qui voudraient découvrir l’auteur. Ultravocal, ce serait le Cahier de Frankétienne, un long poème à deux voix, sur le pays d’où il vient et sur le peuple qui l’habite. Le regard de Frankétienne est acéré, sa parole haute et flamboyante... Mais vous le savez déjà, puisqu’il vous est un père.

    Ne vous méprenez pas sur ce que je pense de Césaire : il est sans doute mon poète préféré des Antilles françaises, mais cela n’entame pas ma capacité critique. Si j’apprécie la puissance du verbe, j’ai des doutes sur la portée de l’oeuvre, et elle me semble avoir souvent fait l’objet de grandes incompréhensions, mais laissons cela...

    Et revenons à Omeros de Walcott ! Je vous invite à le lire dans le texte, pour la beauté de la langue et la puissance d’évocation des images, la justesse du propos également, où je lis autre chose qu’une revendication créole à la Confiant ! Il s’agit simplement, comme chez Brathwaite, d’intéger en soi toutes les composantes d’une identité plurielle, pour prendre le meilleur de chacune.

    Il est tout de même intéressant de voir comment les carribéens anglophones lisent et présentent leur histoire.

  24. Posté par Nietzsche_junior, le 17 janvier 2007 à 22:06

    il est encore plus interessant de voir comment les hispaniques la construisent ! Anglophone ou francoafone c st kif kif ! , mais la francofolie a quand meme un certain sens de la mise en scene !

  25. Posté par A. Mabanckou, le 17 janvier 2007 à 22:40

    ... et meme une certaine mise en scene du sens !!!

  26. Posté par diva, le 17 janvier 2007 à 22:48

    je me souviens d’avoir enseigné Cahier d’un retour au Pays Natal et Discours sur le colonialisme dans un lycée de banlieue en France, à des classes très cosmopolites (PS : c’était au programme, figurez-vous, pas mal quand même, non ?). Rarement eu autant d’attention de la part d’adolescents qui découvraient que la littérature peut être violemment politique. Des noirs, des beurs, des blancs. tous réduits au silence par la puissance du propos. Un des jeunes me disait, en sortant du cours "c’est chaud, madame". Voila, on est dans la littérature qui transforme le regard, qui fait dresser le poil, qui dévoile des abîmes. De la littérature qui fait taire parce qu’elle fait penser. Pas de la rigolade.... dois-je avouer cependant que j’ai toujours trouvé le Discours bien plus fort que le Cahier, dont la force se dilue un peu trop a mon gout dans un lyrisme torride ? mais dans le pamphlet, le vieux lion, quel maitre ! la voix hurle et raisonne et résonne. On en sort lessivé... on a pris un coup sur la tête, et on ne sera plus jamais pareil.

  27. Posté par Nietzsche_junior, le 17 janvier 2007 à 23:36

    je sais pas diva .. aujoud hui il faut autre chose a ses jeunes de banlieue que ce vieux lion rugissant , on percoit plus cet écho , les temp sont plus féroce , face a l echec c est la violence qui résonne , on prefere Tyson a Ali , Ben laden à MArx , le Martyr a l anarchiste .. les littré sont toujours a l ouest il finissent par décrocher et partir toujours plu shaut dans leur cieux et nous délaisse !, meme les profs de banlieue tourne le dos ! Césaire résonne toujours dans l actualité mais on n entend plus .. les hurlement de rage ont pris le pas sur les rugissement du vieux lions ... c est triste a dire mais il me fait penser au neige eternel du kilmondjaro

  28. Posté par Nietzsche_junior, le 18 janvier 2007 à 00:00

    "... et meme une certaine mise en scene du sens !!!"...................

    sans assise sur cette scène règne la confusion des sens , éternel tension ou l écho ne reconnaît pas son hôte , je me contracte me dilate et expires profondément d’obscurs parole en une vaine insolence ou fenêtre et portes on disparus a jamais , mon corps est là ! ,dans ce royaume sans lumière où j enfante mes soleils en l absence d une étoile pour me guider dans cette douloureuse errance , je me suis couchée là ! ,tel un cadavre en suspend dans l attente de sa prochaine destinations !..................................................Divagation pour Pif the Dog ................................................................. ciao

  29. Posté par diva, le 18 janvier 2007 à 01:46

    tu as sans doute raison, Nietzsche junior, mais cette histoire c’etait il y a 10 ans, et je t’assure que cesaire avait fait son effet. Le discours sur le colonialisme est un texte de combat, et je crois qu’il n’a rien perdu de sa violence. ce n’est pas un truc de salon. il peut encore toucher des gens, jeunes ou vieux.

    Maintenant, savoir si la litterature, enfin disons les mots en général, peuvent quelque chose pour les hommes humilies, c’est une autre affaire.

  30. Posté par Mardi collé, le 18 janvier 2007 à 13:22

    Ce débat sur Césaire qui est interrogation sur le sens de la négritude met en relief ce que la litterature est : un cri qui ne laisse indifférent.Soit on court à la rescousse soit on se bouche les oreilles.Dans ces deux attitudes il ya la réaction, donc un malaise...exitentiel.

  31. Posté par Yves, le 18 janvier 2007 à 15:10

    Deux éboueurs africains noirs ont été tabassés par des individus de confession juive. Que fait la police ? Le Nouvel Observateur donne une information qui donne à penser que si Sarkozy qui soutien les policiers-racailles prend son pouvoir comme il en rêve, eh bien, les Nègres doivent devront oublier leur "négritude" et se tenir à carreau. Eh oui... !

  32. Posté par Mayombe82, le 18 janvier 2007 à 17:37

    Yves, si Sarko (qui n’est pas ma tasse de thé) gagne et que les Nègres ne se sentent plus bien en France, ils la quitteront comme il leur avait indirectement demandé il y a peu : « La France, aimez-la ou quittez-la ! »

    Quant à cette histoire du sosie de Saddam Hussein ou quelque chose dans ce genre, agressé dans le Marais, hum ! Je n’ai pas suivi le JT ces jours-ci, mais je parie que cette info n’a pas fait le tour de Gaule comme le meurtre de ce pauvre Halimi ou la fille du RER D... Par contre, j’avais écouté Notre Dame de Paris dire : « Dans le Marais, nous ne pouvons pas cautionner des actes d’antisémitisme, de même que des actes de racisme ! Nous devons faire attention à ne pas ... bla-bla-bla... »

    1- Rien que dans le Marais ? Ailleurs oui, mais pas dans le Marais ? 2- L’antisémitisme n’est ce pas une forme de racisme ? @+, M82

  33. Posté par Nietzsche_junior, le 18 janvier 2007 à 20:19

    "tu as sans doute raison, Nietzsche junior, mais cette histoire c’etait il y a 10 ans, et je t’assure que cesaire avait fait son effet. Le discours sur le colonialisme est un texte de combat, et je crois qu’il n’a rien perdu de sa violence. ce n’est pas un truc de salon. il peut encore toucher des gens, jeunes ou vieux.

    Maintenant, savoir si la litterature, enfin disons les mots en général, peuvent quelque chose pour les hommes humilies, c’est une autre affaire"................................................................

    aux hommes , femmes humiliés la littérature ne peut rien pour eux tant qu elle ne leur donne pas la parole !.... les reflexion d aimé cézaire resteront toujours précieuse et tous ceux qui l on vu garderons en eux cette flamme qui l animait , mais son horizon n est pas le miens ( ou plus je sais pas a vrai dire ), constat d echecpour ma part !

  34. Posté par Nietzsche_junior, le 18 janvier 2007 à 20:31

    "Ce débat sur Césaire qui est interrogation sur le sens de la négritude met en relief ce que la litterature est : un cri qui ne laisse indifférent."

    ce qui sont deja séduit peut etre , les autres j en doute !la littérautre c est un luxe pas la parole ! et puis la littérature c est un Art typiquement occidental ... ! de cet occident toujours en quete de son essence ... alors arretez de nous saouler avec la littérautre , un discours politique c est pas la littérature , quand cézaire pose une reflexion contre le colonialisme ou quand Ali reufse d aller tuer des viet , ce n est ni de la littérature ni de la BOxe , c est une engagement politique ! point bar , le reste on s en fou , il s extasie sur la carriere d ALi , mais on s en branle j ai jamais aimée la boxe , c est débile comme sport ... byos

    ...

  35. Posté par Gilles Carpentier, le 18 janvier 2007 à 23:07

    Aucune allusion, dans l’article de Mabanckou, ni dans les commentaires (sauf si j’ai mal lu - et il est vrai que j’ai la vue basse) aux virulentes attaques dont Césaire est l’objet en Martinique, de la part de plus si jeunes que ça intellectuels se réclamant d’une problématique créolité, paravent selon moi d’un consentement honteux aux normes de la normalisation mondiale et parisienne. Cham et Conf, confisquant à la manière chamanique la pensée réellement dissidente d’Edouard Glissant - lequel plane à mille lieues au-dessus de ce marigot -, cherchent à tuer non pas le père, mais le pair, le Nègre qui, comme eux, écrit.

    Annie Lebrun a écrit un beau texte à ce sujet (chez Jean-Michel Place).

    J’en ai écrit un pas mal non plus (au Seuil) : Scandale de bronze.

    Soutenir Césaire aujourd’hui, c’est aussi combattre ses ennemis.

    Gilles Carpentier

  36. Posté par A. Mabanckou, le 19 janvier 2007 à 02:12

    Cher Gilles,

    Tout est dit dans la phrase suivante qui est dans mon texte :

    "Lui Césaire, lui le lion est là, même lorsque quelques auteurs prompts au zèle tentent de lui assener le coup de pied de l’âne. Un lion est un lion"...

    Je ne pouvais pas faire mieux en peu de mots !

  37. Posté par Minga, le 22 janvier 2007 à 16:11

    Gilles C. wrote : virulentes attaques dont Césaire est l’objet en Martinique, de la part de plus si jeunes que ça intellectuels se réclamant d’une problématique créolité
    - Ne dit-on pas, depuis le supplice du Christ, que nul n’est prophète en son pays  ? Et qu’ on ne jette des pierres que sur l’arbre qui porte des fruits ...

    - Les détracteurs de Césaire ne veulent pas être en reste. Néanmoins, je leur dirais qu’au lieu de vilipender Aimé Césaire, d’essayer de le ramener à leur niveau, ils feraient mieux de se souvenir qu’ il est place pour tous au rendez-vous de la conquête .

  38. Posté par nietzsche_junior, le 22 janvier 2007 à 23:29

    c est pas tant qu on vilpendie Cézaire mais faut savoir tourner la page et en écrire d autre , le monde change et les discours fossilisé a trop les admirer on finit par construire un discours vide de "Chair" et de sens tant et si bien qu on finit par se sentir obliger de dissumulé ce vide par desy formes esthétique plus sou moins habilment , genre poésie pour ado attardé , les réponse de Cézaire n etait pas adapté a son époque et encore moins a la notre , sa passion , son action d un point de vue scolastique c est merveilleux , extraordianire tout ce que vous voulez , mais concretement pour le peuple y a wallou ! , mise a part un plaisir pour les esthètè et puriste des formes littéraires .... ......................................................

    alors sortez de vos cases que vous ne cessez pas de recontruire a tour de bras des que vous avez l impression de pense en Blanc pour une fois dans votre vie de noir , c est pas l heure des Icones a vénérer , bougez votre QI le pen etait au deuxieme tour et les Stat de l Afrique ont meme fait dispraitre le sourire de anges , comme la dit une suisse qui pense lentement mais juste .. "c est pas en prefectionnant les escalier qu on a inventé l acsenceur " ... alors gardez votre Cézaire et bon courage a vous ! ............ciao

  39. Posté par kaishaden, le 3 février 2007 à 20:47

    aimé césaire quelle exemple es tu pour moi ? toi homme vaillant qui a combattu pour nous.comment pourrai-je te remercier, je n’ai point de mot je n’ai pas ce don de plume dont Dieu t’as fait grace.grace à toi, ils ne m’ont pas tout donné et ne m’ont pas tout arraché,je n’ai pas eu de père chez qui tirer une personnalité,ainsi je te fais mon père et je m’ispire de toi.je suis noire trop meme d’ailleurs.Mon teint le montre je suis si fière de cette couleur de peau et d’esprit noire je le suis je le sens et je le vis.tu es vraiment ce lion pas le leur le mien

  40. Posté par Mariam, le 6 mars 2007 à 02:41

    Bonjour à tous, Je suis élève en seconde S et j’expose ce jeudi 8 mars sur la vision d’Aimé Césaire au sujet de la négritude. J’aimerais, vous lecteurs, internautes, habitués de ce blog que vous m’exposiez votre point de vue sur la Négritude selon Césaire. Vos propos, je n’en doute pas me seront d’un grand apport pour mon exposé. Merci

  41. Posté par liyo, le 2 janvier 2008 à 16:16

    Livre de ma mère d’Albert Cohen

  42. Posté par Wilkens Dorval, le 18 avril 2008 à 23:58

    Paix a son ame, Il etait vraiment un grand parmis les grands.

    Que Dieu vous benisse Aimé Césaire et Haiti ne t’oublie jamais tu es l’une nos idoles au niveau Litterature, Theatre etc...

    Wilkens Dorval

  43. Posté par Z. com, le 21 avril 2008 à 00:48

    Aimé Césaire l’un des maîtres spirituels de la’’ Négritude ‘’ Un messie noir surgissant dans l’île de la Martinique, fragment de terre illuminée du monde universel venu par la voix, la parole, le cri, la révolte, ensemencer ce noir peuple martiniquais issu de tous les peuples noirs du monde, par la transmission d’un fraternel espoir, guide de nos prochaines victoires de construction et d’acceptation identitaire revendiquée. Tu nous montreras toujours le chemin, toi notre poète architecte, qui a su construire les consciences et la maison des consciences,nous te souhaitons bon vent, bonne route vers l’éternel repos du grand sage. Christian Fort de France Martinique.

  44. Posté par sergio, le 21 avril 2008 à 17:58

    un lion reste toujours un qu,il soit domestiqué ou pas il restera toujours un animal sauvage.

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