Mesdames et Messieurs les Membres du Bureau Politique,
Chers militants,
Distingués Invités,

Votre présence physique massive ici aujourd’hui nous procure une grande joie. C’est pour nous un grand honneur et la marque d’une sincère sympathie pour notre engagement politique.
Nous sommes particulièrement sensibles à la présence par ailleurs très remarquée de certaines personnalités. Nous ne voulons pas risquer d’en oublier certaines, ni d’établir une quelconque hiérarchie entre elles. Mais ce serait un manquement autrement plus grave, que de ne pas adresser de respectueuses salutations, au nom de notre Mouvement et en mon nom propre, à Madame Antoinette Sassou Nguesso représentée. Nous lui témoignons toute notre estime.
Comment pourrait-on ne pas remarquer le grand vide laissé par notre Président d’Honneur, le Ministre André Okombi Salissa, qui pourtant, jusqu’à la dernière minute, a eu le doute entre manquer à ses obligations d’Etat, et baigner dans la chaleureuse ambiance de ces festivités avec des femmes et des hommes décidés à faire bouger les lignes de la politique au Congo. Il m’a chargé instamment de vous dire, que vous pouvez considérer qu’il est ici parmi nous.
Où que notre Président d’honneur soit en cet instant, je demande à nos cadres et militants de lui faire entendre nos salutations solennelles, et l’expression de notre profonde gratitude.

Dans la suite de ce salut et avec un autre, nous remercions très fraternellement les amis du C.A.D.D-M.J et de la C.A.D.D qui sont là avec nous pour nous témoigner leur amitié et leur soutien.
Nous avons de nombreuses délégations de notre Mouvement venues de l’intérieur. Elles ont apporté leur chaleur à cette manifestation. L’ensemble de nos militants et cadres les salue et leur souhaite la bienvenue à Pointe-Noire.
Mesdames et Messieurs,
Distingués Invités,
Le Mouvement politique « ENERGIE » est né le 4 février 2006. Il est la conséquence du constat d’échec des promesses politiques non tenues. La promesse du plein emploi au début des années 70, la promesse de l’autosuffisance alimentaire au début des années 80, la promesse de la petite Suisse au début des années 90, la promesse d’un Congo nouveau tout court.
Les congolais ont toujours tant espéré de leurs dirigeants, et eux les ont toujours tant déçus. Depuis plus d’un quart de siècle, le niveau de vie dans notre pays ne fait que régresser. On a parlé à la Conférence Nationale Souveraine des « îlots d’abondance dans une mer de misère ».
En effet, depuis toujours, une infime minorité de congolais liée au pouvoir s’enrichit scandaleusement, alors qu’une immense majorité d’autres s’appauvrit lamentablement. Tout se passe comme si c’était notre destin que de vivre dans l’injustice consensuelle, et que personne n’y peut rien.
Il serait bien de détailler le flot des difficultés auxquels les congolais sont confrontés tous les jours, mais il est encore mieux de se demander ce qui peut faire que quelqu’un d’ordinaire dans ce pays soit fier d’être congolais. Parce que, au-delà des définitions du droit international sur les liens de nationalité, le lien avec son pays doit aussi se mesurer à ce que le citoyen donne et reçoit de son pays. Nous reviendrons sur la question de savoir ce que les congolais donnent à leur pays. Mais nous pouvons aussi commencer par nous demander ce que notre pays nous donne. Je vous pose à vous la question, qu’est-ce que notre pays nous donne ?
En Suisse, la constitution dit que la force de la nation se mesure à la force du plus faible des citoyens. Si nous prenons ce critère pour évaluer la force de notre pays, l’évidence sera que le Congo est un pays très faible, sinon trop faible.
Qui n’entend pas les congolais ? Qui ne les voit pas dans leur détresse ? Les congolais ont faim. Les congolais n’ont pas d’argent. Les congolais n’ont plus de dignité. Ils ont perdu leur fierté. Aujourd’hui dans tout le pays, des gens en âge de gagner leur argent à la sueur de leur front ne se gênent plus de demander de l’argent à ceux qui ont des titres. Ils sont devenus des mendiants sans se rendre compte. Comment pouvons-nous nous accommoder de cet état de choses ? Comment pouvons nous faire comme si de rien n’était alors que le pays est entrain de perdre son âme ? Il se perd parce qu’il n’a plus de repère. Qui aujourd’hui peut prétendre être un exemple pour qui dans ce pays ? Comment les jeunes peuvent-ils avoir des ambitions de réussite s’ils n’ont pas de qui s’inspirer ? Les rares exemples de réussite sociale que nous avons sont des exemples de corruption, de main basse sur les deniers publics, de marche vers l’inconnu, de tricherie. Ceux qui hier par leur propre nature donnaient le sentiment d’hypothéquer irréversiblement leur avenir, affichent aujourd’hui des fortunes ostentatoires, à l’étonnement général.
Mais entendons nous bien,
Mesdames et Messieurs,
Parce que l’objet d’ENERGIE n’est pas de dresser de réquisitoire contre qui que ce soit. Notre ambition est de changer la politique telle que nous la pratiquons dans notre pays. C’est une gageure, nous en convenons.
Mais il faut une génération de femmes et d’hommes qui se décide, et prenne en main de bousculer les habitudes qui rendent notre vie insupportable. Nous pensons qu’il faut déjà rompre avec l’habitude de garder le silence quand il faut parler haut et fort, quand il faut protester.
Rompre avec l’habitude de faire du silence la seule expression du peuple.
Il nous faut cesser de nous réfugier derrière nos tribus et aller toujours vers la nation, aimer la patrie de toutes nos forces. Parce que Mesdames et messieurs, à ENERGIE, nous sommes persuadés qu’on ne peut pas tricher indéfiniment sur ce plan là. A ceux qui se réclament du Nord ou du Sud de notre pays, nous disons que même si on coupait le pays en deux entre Nord et Sud autant de fois que l’on voudrait bien le faire, il y aura toujours un Nord et un Sud. C’est comme ça, et personne n’y peut rien.
Alors il nous faut cesser de suivre ceux qui essaient de nous opposer sur ces bases.
La démocratie que nous avons choisie est un vaste
chantier. C’est un processus de construction de tous les instants. Mais n’oublions jamais que la démocratie se nourrit de la vertu des femmes et des hommes qui la désirent. C’est Alexander Hamilton qui a dit, je cite, « nous avons choisi la République, il nous faut des républicains. Nous avons choisi la démocratie, il nous faut des démocrates » ; fin de citation.
Ayons le courage de construire notre démocratie. Elle suppose la capacité à se remettre en cause, à accepter la libre pensée des autres même si on n’y adhère pas, à accepter le principe de contradiction comme élément de la politique et de la vie simplement. Un peuple qui refuse la pluralité n’a pas de place dans le monde qui est en train de se construire. Des responsables politiques qui ne jurent pas par le pluralisme et la diversité sont un danger pour le pays.
Mesdames et Messieurs,
La politique et la vertu ne sont pas incompatibles. Tout au contraire, il faut beaucoup de vertu pour prétendre parler et agir au nom des autres. L’homme ou la femme politique doit être quelqu’un de poli, au sens propre du terme. C’est parce qu’on a souvent opposé la vertu à la politique dans notre pays, que nous avons fini, sans parfois le savoir, par être irréductiblement opposés les uns aux autres. Alors qu’il est possible que les uns et les autres, nous soyons ce que nous sommes, même politiquement, sans que le Congo ne cesse d’être notre dénominateur commun.
Nous devons accepter le débat, la transparence. Le débat est la seule voie qui permette aux partis politiques de remplir leur rôle constitutionnel ; celui de permettre aux citoyens de se faire une opinion et de voter en toute conscience.
ENERGIE est résolue à ne pas biaiser dans ses choix politiques. Nous n’avons aucun complexe à reconnaître les bienfaits des autres acteurs politiques ; qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition politique, à partir du moment où l’intérêt général est mis au coeur de leurs préoccupations.
Nous avons toujours dit notre soutien de principe au Chef de l’Etat et au gouvernement dont il est le chef, d’abord pour avoir reconnu l’utilité publique des partis politiques en inscrivant dans la constitution du 20 janvier 2002, le principe cardinal du financement public de ces partis sur des bases équitables, pour la politique de municipalisation accélérée qui permet d’équiper le pays en infrastructures indispensables au développement, pour la poursuite de l’installation des institutions prévues par la constitution, pour sa tolérance.
De même, nous n’avons jamais manqué à notre devoir de nous prononcer contre quelques choix hasardeux, la course des voiliers, la construction du monument de De Brazza, qui nous met dans la posture d’être le seul peuple au monde à célébrer l’homme qui l’a livré à la colonisation, alors que l’histoire des hommes est jonchée d’innombrables guerres d’indépendance symboles du fait que la colonisation est une mauvaise chose.
Nous ne voulons pas manquer de dire que l’opposition politique de notre pays doit, pour ne pas sombrer dans la contestation systématique de tout et de tout le monde, assumer son devoir de réflexion et de proposition. Sinon elle devient une force vile.
Mesdames et Messieurs,
ENERGIE se veut être une force qui tire vers l’avant. Une force qui met des idées sur la place publique.
Nous le disons ici et avec force. Notre pays a besoin d’un grand plan de redressement de l’éducation nationale. Il nous faut revoir les conditions dans lesquelles nos enfants apprennent dans les écoles. Il nous faut revoir ce que nos enfants apprennent, parce qu’il est inadmissible que les enfants congolais dans les écoles privées apprennent l’histoire de France, alors qu’en même temps dans les écoles publique on ne leur apprend pas suffisamment l’histoire de notre pays. On doit dire aux enfants que Ntchimpavita est notre Jeanne D’arc, que Grénard Matoua est notre Gandhi. On doit parler aux enfants de l’alliance entre l’abbé Fulbert Youlou et Jacques Opangault, rappeler aux congolais que Jacques Opangault, de retour d’Italie, était allé se constituer prisonnier aux côtés de Fulbert Youlou pour assumer ses convictions.
ENERGIE voudrait qu’il y’ait un plan pour redessiner la carte hospitalière de notre pays, et redéfinir notre système de santé publique. Puisque tous les parlementaires de notre pays ont jugé bon de s’octroyer le droit de se soigner en France aux frais de l’Etat, pourquoi n’adopterions nous pas le principe de gratuité des soins de santé pour la femme enceinte jusqu’à six mois après l’accouchement, et pour l’enfant, de la naissance jusqu’à l’âge de dix ans au moins ? C’est le moyen sûr de prévenir les risques de décès des femmes en couche, et de réduire la mortalité infantile.
Nous devons revoir fondamentalement notre système de justice. La justice de notre pays est aujourd’hui suspecte aux yeux de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. En 1992, par une loi nous avons décidé de faire des anciens greffiers, des Huissiers de justice et des Notaires. Comme si on pouvait par un trait de plume faire d’un infirmier un médecin.
La même année, nous avons décrété qu’il fallait huit ans au moins pour former un Avocat, et six seulement pour former un Magistrat, alors que l’Avocat est un auxiliaire de justice, et le Magistrat est le socle sur lequel gravit la justice. C’est comme si l’on prenait plus de temps pour former une infirmière qu’on en prend pour former un médecin.
Et paradoxalement, alors qu’on prend plus de temps à former un Avocat, il lui faut dix ans d’expérience professionnelle pour devenir Magistrat, tandis que ce dernier qui est formé pendant moins longtemps, il ne lui faudra que cinq ans pour devenir Avocat.
Ces incohérences ne peuvent pas être laissées en l’état. Il faut corriger tout cela, et offrir au pays un système juridique et judiciaire juste, et un personnel judiciaire compétent et consciencieux.
Nous appelons toutes les intelligences dans le secteur à se faire entendre pour moderniser notre justice. Nous réclamons des états généraux de la justice.
Mesdames et messieurs,
Changeons la politique ! Changeons la vie !
Chaque peuple a les dirigeants qu’il mérite. Tant que nous resterons ce que nous sommes, nous aurons toujours le type de dirigeants que nous avons toujours eus. Si nous ne cessons pas d’être des gens qui acceptent même l’inacceptable, nous aurons toujours des responsables politiques qui prendront plaisir à commettre l’inexcusable.
Pour que ça change, le peuple doit changer. Le peuple doit prendre ses responsabilités pour ne pas hésiter à sanctionner par la réélection ou par la déchéance, le mérite ou le démérite des responsables politiques.
Changeons la vie à Pointe-Noire ! L’équipe qui dirige la mairie aujourd’hui ne nous dit pas où elle va. Elle ne peut pas le dire parce qu’elle n’a pas été élue sur la base d’un projet. Cette équipe n’a pas de politique. Elle nous met de la poudre aux yeux en improvisant des chantiers toujours inachevés dans toute la ville. Des routes raccommodées à la hâte, en dépit des règles en la matière, et qui ne durerons que le temps de quelques saisons de pluies. Nous le disons pour avoir travaillé la question avec des experts en la matière.
L’équipe qui dirige la Mairie de Pointe-Noire aujourd’hui gère mal le patrimoine immobilier de la ville. Elle fait beaucoup de gaspillage de l’argent public, elle n’investit pas, elle ne s’implique pas pour résoudre les difficultés des ponténegrins.
Pour avoir un Maire ouvert, un maire proche des citoyens, un Maire qui les écoutent et travaille avec ceux qui ont des idées pour changer les choses, il faut que les ponténegrins sachent à l’avance qui veut être Maire, quel est son projet, et avec qui il compte animer la vie de la ville. Parce qu’il faut aussi le dire ici haut et fort, la ville de Pointe-Noire est une ville morte.
Nous au sein d’ENERGIE, nous sommes entrain de travailler pour proposer un projet aux ponténegrins, pour leur présenter une équipe dynamique qui maintiendra le dialogue avec le peuple d’un bout à l’autre du mandat.
Messieurs les Membres du Bureau Politique,
Chers militants,
Distingués Invités,
A partir de cet instant, notre mouvement vient de faire son entrée solennelle dans le paysage politique de notre pays. Il reste ouvert à tous ceux qui souhaitent que la politique se fasse et se définisse autrement.
Nous vous remercions tous d’avoir été si nombreux parmi nous en ce jour si important pour notre Mouvement.
Notre pensée en ces mots de la fin, est pour notre Président d’Honneur, le Ministre André Okombi Salissa. Nous saluons son courage politique. Il a eu le courage de combattre la mafia dans les transports aériens de notre pays. Contre les pressions venues de toutes parts, il cloué au sol les avions des compagnies aériennes qui n’étaient pas en règle. Il a mis au pas les sociétés qui mettaient en péril la vie des congolais, et se croyaient intouchables. Avec tout le soutient du Chef de l’Etat, il réussi le pari d’acquérir trois avions pour notre pays, alors que le dernier achat date de 1970. Nous ne voulons pas en dire davantage, parce que lui-même a toujours préféré parler par les actes.
Mesdames et messieurs,
Le changement est à porté de main. Si nous le voulons, nous pouvons le réaliser.
Je vous remercie.