Jeunesse En Mouvement, par la voix de son président, constate :
L’incapacité patente du gouvernement dans la réalisation de ses objectifs et en particulier de la réduction de ces fléaux que sont chômage, pauvreté et précarité.
La mauvaise répartition de fruits de la croissance.
Les mauvaises allocations des ressources publiques.
Les choix économiques hasardeux.
L’état déplorable des indicateurs économiques stagnant obstinément dans le rouge.
La panne du pays.
Jeunesse En Mouvement exhorte le gouvernement de la République à :
Apporter des réponses qui collent aux réalités quotidiennes des congolais
Etendre à tous les exilés les bénéfices de l’amnistie dont a profité monsieur Bernard Kolélas afin de concrétiser la réconciliation nationale et la paix civile.
Ouvrir un réel débat démocratique.
Jeunesse En Mouvement œuvre au renouvellement de l’espace politique et refuse les doctrines passéistes. Parti moderne et parti d’idées, Jeunesse En Mouvement propose une vraie alternative sociale-démocrate pour un Congo plus juste et des congolais heureux.
Jeunesse En Mouvement, force de rassemblement et d’avenir, vise les forces éprises des idéaux de paix, de progrès et de développement durable.
Au seuil d’une nouvelle année, on fait le bilan et on prend les résolutions, un regard en arrière pour évaluer ce qu’elle fut, un regard vers l’avant pour préparer ce qu’elle devrait être. Le canevas ainsi tracé me permet de faire une analyse à deux niveaux. D’abord, au niveau de la gestion intra muros de notre parti, ensuite au niveau de la nation tout entière.
Au niveau de notre parti, l’année 2005 comme vous avez su le dire monsieur le secrétaire général, avec des mots simples et justes, a été l’année de la traversée, en ce sens que Jeunesse En Mouvement, notre instrument est passé d’une association politique simple à un parti politique de plein exercice conformément aux vœux exprimés par l’ensemble de nos militants le 19 décembre 2004, a l’occasion de nos premières universités.
La session inaugurale de notre directoire national, organe dirigeant de notre parti à l’intervalle des congrès s’est réuni courant mois 2004, pour adopter les textes fondamentaux qui régissent dorénavant notre organisation. Une ligne directrice a été consensuellement adoptée : il s’agit de la social démocratie. C’est-à-dire une conception de la vie en société qui privilégie le plus grand nombre sous le couvert d’une intervention dosée et mesurée de l’Etat, en tant que garant de l’intérêt général sans pour au tant réfuter l’initiative privée comme moteur du développement économique et industriel. Un Etat démocratique et décentralisé, petit mais fort, avec une connotation sociale prononcée telle est notre conception de l’Etat de demain.
La session extraordinaire tenue en octobre 2004 s’était focalisée autour de l’implantation et la structuration de notre parti sur l’ensemble du territoire national. Cette mission s’accomplit lentement mais sûrement, nonobstant quelques obstacles. Cette activité phare devra s’amplifier dès maintenant pour nous permettre d’organiser au courant de cette année 2006. le congrès constitutif de notre parti avec la participation de toutes les forces vives de notre pays éprises des idéaux de notre jeune parti et être prêt à affronter les batailles à venir.
Camarades membres du directoire national, notre vocation est de tout mettre en œuvre pour servir notre parti et notre pays, avec pour seule ambition la volonté de toujours faire plus et mieux au profit du plus grand nombre. C’est la raison pour la quelle tout sera mis en œuvre en 2006 pour approfondir l’échange et le dialogue avec les populations à travers les débats citoyens aux fins d’élever leur conscience politique en leur permettant d’appréhender les grands enjeux nationaux, car le rôle d’un parti politique c’est aussi de favoriser l’émergence d’une opinion publique responsable, pour cela il faut que nous adaptions notre parti à son temps. Cette ardente obligation exige de chacun de nous une formation continue et une vraie culture de la responsabilité. L’un de mes vœux les plus profond est que chacun quelque soit sa fonction soit persuadé qu’il est un rouage indispensable au fonctionnement de notre parti, chacun à sa manière est responsable. C’est de l’addition de ses responsabilités que peut s’obtenir l’efficacité de la proposition réalisée,
Camarades et chers amis.
Au niveau national l’année 2005 s’en est allée avec ses cohortes de malheurs, pour les uns et ses cargaisons de bonheur pour les autres. Sur le plan de la gestion économique et sociale l’année qui s’est écoulée a laissé les indicateurs économiques et sociaux toujours au rouge, malgré une production pétrolière sans cesse croissante, combinée à une hausse jamais égalée du prix de baril sur tous les marchés internationaux. Le bois, deuxième ressource d’exportation du pays a également connu une année florissante.
Cependant force est de constater que leur impact sur le niveau de vie congolais reste limité. Le chômage endémique des jeunes et autres couches actives de notre société ne connaît aucune perspective. La pauvreté sur tous les plans, s’est accentuée en 2005, alors que notre pays dispose à l’heure actuelle de l’un des plus grands budgets par tête d’habitants d’Afrique noire soit mille quatre cents trente et sept zéro cinq milliards de francs CFA en 2006. Les causes de cette faillite sont connues : mauvaise répartition des fruits de la croissance, mauvaise allocation des ressources publiques et choix économiques hasardeux, j’en oublie...
A la lumière de la mollesse des solutions préconisées pour cerner ces problèmes, nous sommes tentés de croire que notre pays est en panne. Face à un tel tableau que faire ? A cette question, Jeunesse En Mouvement pense que le gouvernement de la république doit apporter les réponses qui collent à la réalité des congolais au quotidien. Le peuple congolais attend qu’on lui dise la vérité et qu’on lui fasse des propositions politiques nouvelles. C’est pourquoi face à l’immobilisme matérialisé par le manque d’initiative, notre gouvernement devra choisir le parti de l’action. L’action étant la résolution des problèmes.
Sur le plan politique le retour au pays de Bernard Kolelas a été sans conteste l’événement politique majeur qui aura marqué l’année 2005. Une loi d’amnistie a été prise en sa faveur. Jeunesse En Mouvement tout en félicitant monsieur le président de la république pour cet esprit d’ouverture, considère qu’il s’agit là, que d’un premier petit, mais grand pas vers la réconciliation nationale. Reste cependant à examiner avec le même esprit le cas des autres congolais partis du pays pour les mêmes raisons que le président du MCDDI. La réconciliation nationale et la paix civile sont à ce prix.
Camarades membres du directoire national, l’observation du paysage politique jusqu’en fin 2005 révèle le retour en force de la pensée monolithique et une tendance à la polarisation de la vie nationale. L’absence de vrais débats de société menace dangereusement notre jeune démocratie. Nous savons tous qu’une démocratie sans débats n’est pas une démocratie, car le débat renforce l’action.
Jeunesse En Mouvement entend malgré tout poursuivre son œuvre de renouvellement de l’espace politique national et ne se laissera en aucun moment intimider par les discours de type stalinien d’un autre âge qui nous rappellent des temps immémoriaux à jamais révolus. La moralisation de la vie publique s’ouvrant sur un espace politique qui sacralise la lutte des idées au détriment d’autres considérations devra être la préoccupation permanente des forces du progrès. Par exemple, le respect de la parole donnée et des engagements pris doit devenir une véritable culture éthique pour les hommes politiques congolais, car le retournement iteratif et perpétuel des vestes politiques est l’une des causes de l’instabilité politique permanente et des guerres fratricides que notre pays a connues. C’est pourquoi, nous avons voulu profiter de cette occurrence pour mettre en garde les congolais contre les manipulations des opinions publiques subjectives, manœuvres qui permettent à ces derniers arrivés au crépuscule de leur gloire avec les bilans très voisin de zéro de perpétuer leur positionnement personnel dans le système.
L’année 2005 aura également été marquée par la mise en chantier d’un projet de loi pris par le gouvernement de la république tendant à régenter l’espace politique national et à ne faire de la place qu’à des soit disant grands partis politiques. Face à cette tendance expulsive, il serait bon que les forces du progrès opposent le débat autour du bilan de ces grands partis politiques.
De l’autopsie sommaire de ce bilan, Jeunesse En Mouvement ne retient globalement rien de positif sinon que l’accentuation de la pauvreté, le délabrement du tissu social consécutif à plusieurs années de guerres civiles causées par les discours aux référents identitaires prononcés et un recul significatif des acquis de la conférence nationale souveraine.
Face à un tel panorama, ne serait-il pas bon d’essayer autre chose ? Le renouvellement des personnels politiques est un gage de vigueur de la démocratie. Réfuter cette dialectique c’est faire montre d’une myopie politique en se mettant à contre courant de l’évolution naturelle des choses. Car si nous pensons qu’un parti politique c’est d’abord une conviction et un idéal, nous craignons fort que beaucoup de congolais ne puissent se détourner du jeu démocratique parce que se sentant floués par les partis politiques ayant perdu toute légitimité et qui n’ont d’autres solutions que de se maintenir que par la force d’une loi taillée sur mesure.
Camarades membres du directoire national je ne saurai terminer mon propos sans que je ne puisse rappeler à toutes et à tous réunis ici l’importance que revêt pour nous l’année 2006 que je voudrais qualifier d’année politique, car au cours de celle-ci nous allons organiser notre congrès. Il nous reste donc à solliciter de votre part une participation effective dans les différents groupes de travail que nous monterons à cet effet, je vous demande également de vous tenir prêts à tout moment de vous mettre en ordre de bataille pour que ce grand moment préconisé puisse être un nouveau jour où le soleil va resplendir sur le nouveau Congo que nous rêvons tous de construire ensemble. Vive Jeunesse En Mouvement, force de rassemblement et d’avenir, vive les forces éprises des idéaux de paix, de progrès et de développement durable.
Bonne et heureuse année 2006 à toutes et à tous, je vous remercie.
Jean François Kando, le leader de Jeunesse En Mouvement, devient une personnalité qui compte dans le paysage politique congolais. Fonceur et novateur dans un pays qui fait montre d’immobilisme depuis près de 46 ans d’Indépendance, il sert un discours en déphasage avec les éternelles louanges aux réalisations médiocres. Jean François Kando rompt avec le propos des « béni oui oui » à la remorque de la majorité présidentielle. Il pense que la politique doit répondre à des idéaux et des convictions, et que l’espace politique doit être un forum de débats d’idées et non une jungle où les plus puissants musèlent les forces de progrès.
Ce jeune politicien aux initiales identiques à celles de l’un des plus populaires présidents démocrates américains, constate : le pays est en panne.
Question : Monsieur le président, auriez-vous l’obligeance de vous présenter ?
Jean François Kando : Merci, je m’appelle Jean François Kando, je suis né le 23 juillet 1958, marié père de 5 enfants. Je suis le président du parti Jeunesse En Mouvement. Professionnellement j’occupe les fonctions de secrétaire du bureau exécutif du conseil municipal de la ville de Pointe-Noire, je suis fonctionnaire municipal et cadre dans la fonction.
Q : Que peut-on retenir de Jeunesse En Mouvement aujourd’hui ?
JFK : La JEM est un jeune parti politique qui traîne sa petite histoire. Avant de devenir parti politique de plein exercice, la JEM était une association à caractère politique qui a participé aux élections en 2002, année de sa naissance. A l’issue de ces consultations la JEM a obtenu 9 conseillers municipaux, je pourrais même dire plus un député, puis que cette victoire nous fût volée. Aujourd’hui la JEM siège au conseil municipal et son président que je suis à travers cette force de 9 conseillers me concède le secrétariat du bureau exécutif du conseil municipal de la ville océane. Nous sommes donc devenu parti politique à partir du 30 mars 2005, pour tenir compte un peu de l’évolution des choses parce que nos ambitions étant nationales, nous avons pensé que, pour atteindre le confins du Congo il était nécessaire que l’on se transforme en parti politique pour apporter notre message vers les autres congolais et créer une dynamique de changement dans notre pays.
Q : Président vous parlez d’une victoire volée, pensez-vous que ces élections ne furent pas transparentes ?
JFK : J’avoue qu’il n’y avait pas de transparence mais tout cela peut être mis au passif du retour progressif à la paix. Vous savez que les élections de 2002 se sont tenues dans un contexte de retour à la paix après une guerre fratricide qui a durée 2 ou 3 ans. Nous étions donc en début de démocratie balbutiante et même le taux de participation n’a pas été effectif. Certains élus l’ont été dans des circonscription dans lesquels seule une très faible partie des électeurs potentiels ont pu se rendre aux urnes. De telles élections ne sont pas démocratiques car un tel député ne représente pas réellement sa circonscription. Nous espérons que toutes ces dérives seront corrigées pour les prochaines élections.
Q : De quelle circonscription s’agit-il, monsieur le président ?
JFK : Il s’agit de la circonscription 2 Mvoumvou. [1]
Q : Merci pour cette précision. Qu’elle est à ce jour l’organisation de Jeunesse En Mouvement ?
JFK : Le parti JEM est hautement structuré. Nous avons mis en place au lendemain du 30 mars 2005, un directoire national qui est l’instance dirigeante du parti entre 2 congrès. La session inaugurale s’est tenue en août 2005. Elle a adopté les documents fondamentaux en première lecture. Tout cela va nous conduire vers le congrès constitutif de notre parti que nous souhaitons organiser courant 2006. Aujourd’hui Jeunesse En Mouvement a mis en place des structures un peu partout parce que nous sommes rentrés dans la phase de structuration et d’implantation sur toute l’étendue du territoire national. Mais il faut avouer que cette activité se fait lentement et nous voulons la mener sûrement aux fins d’atteindre le maximum de congolais. Nous ne voulons pas simplement nous implanter de façon fictive dans les autres départements ou districts. En somme nous voulons être effectifs et que notre message puisse être intériorisé par les populations qui adhéreront à notre parti politique.
Q : En peignant le tableau économique du Congo vous avez dit que le pays est en panne, réduisant la "Nouvelle Espérance" du président Denis Sassou Nguesso, pourtant auto félicitée par certains gouvernants, à un vulgaire slogan. Que vouliez vous dire ?
JFK : Je pense qu’un projet ne se chante pas, un bilan se vit. Et au regard des paramètres sociaux, nous pouvons dire qu’aujourd’hui la "Nouvelle Espérance" n’a pas encore pris son essor. Nous pensons que le problème qui se pose à ce projet est celui de sa mise en œuvre. Lorsqu’un candidat est élu sur la base d’un projet, ce projet devient le programme du gouvernement. Or il me semble que ce programme de gouvernement n’est pas encore lisible et visible. Ce projet que les uns utilisent comme un slogan n’est pas encore palpable car les effets escomptés seraient de faire que la population congolaise puisse vivre mieux. Si nous regardons les indicateurs sociaux la pauvreté s’est accrue, nous manquons d’électricité et d’eau, les écoles sont délabrées, le secteur sanitaire part à veau l’eau. Nous invitons le gouvernement de la république à plus de dynamisme, à plus de pragmatisme pour passer de l’immobilisme à l’action. Mais nous ne sommes pas là pour réduire le projet de la "Nouvelle Espérance" à néant, nous le voudrions réalisé. Seuls peuvent le rendre concret les membres du gouvernement et son chef le Président de la République.
Q : Président Kando concrètement où se trouve le mal ?
JFK : Le mal se trouve dans ce que j’ai appelé l’immobilisme et je pousserai un peu plus, apparemment notre gouvernement n’a pas de chef, et un gouvernement qui n’a pas de chef c’est comme un avion sans pilote. A mon avis c’est un problème d’hommes, d’initiatives et d’incuries, parce que les petites ressources que nous gagnons sont mal dépensées. Les fruits de la croissance comme je l’ai dit ne sont pas bien redistribués. Nous avons bénéficié d’une manne pétrolière, nous ne savons pas comment elle à été dépensée. Le problème de la transparence dans la gestion se pose. Il faut que le gouvernement puisse dire la vérité aux congolais, que les congolais sachent ce que l’on fait de leur argent. Par ailleurs en cas de difficultés le gouvernement devra informer le peuple afin que celui-ci soit au fait de tout ce qui se passe dans le pays. L’essentiel du problème est dans la carence de la communication gouvernementale.
Q : Voulez-vous dire que l’Assemblée Nationale ne joue pas son rôle ?
JFK : Je crois que le problème de l’Assemblée est celui des institutions de la République. La constitution, est à mon avis trop présidentialiste. Elle fait de l’ombre à l’Assemblée et je ne pense pas que le parlement puisse jouer, même quand il en a envie son rôle de contrôle de l’action gouvernementale. En face des élus du peuple il n’y a que les ministres. Qui donc est responsable devant l’Assemblée ? Le gouvernement devait répondre devant l’Assemblée, or aujourd’hui ni le gouvernement, ni l’Assemblée ne peuvent démettre l’une ou l’autre institution. L’Assemblée est réduite à une chambre d’enregistrement et ne peut pas contrôler efficacement le gouvernement. Je regarde à la télé les débats d’interpellation des ministres. Ce ne sont que palabres sans effet car aucune résolution n’est jamais prise. Devant l’Assemblée il n’y a aucun responsable. La constitution du 15 mars 92 prévoyait un chef du gouvernement responsable devant l’assemblée. Lorsque l’action gouvernementale était méjugée l’Assemblée était en pouvoir de demander la destitution du gouvernement.
Q : Vous avez parlé du renouvellement du personnel politique, mais en Afrique la révision de la constitution est dans les mœurs politiques, quelle va être l’attitude de la JEM face à une telle éventualité au Congo ?
JFK : Ecoutez ne faisons pas aussi de la politique fiction, je pense qu’il serait plus responsable de voir venir. Mais dans tout les cas JEM ne s’inscrira pas dans cette logique et nous ne pensons pas que le Président de la République puisse avoir en tête l’idée de réviser la constitution qu’il a lui-même conçue. Je crois aussi que dans cette constitution il y a un article qui interdit sa révision, surtout en ce qui concerne les mandats présidentiels. Cette disposition est une avancée sur laquelle les forces de progrès ne transigeront pas lorsque le Président de la République, si par bonheur pour lui il arrive à réaliser un deuxième mandat, il faudra qu’il parte à la retraite, parce que quatorze ans de mandature c’est quand même beaucoup.
Q : A entendre son allocution de fin d’année, la moralisation est une préoccupation de Jean François Kando. Aujourd’hui le passe droit et l’impunité sont au cœur des reproches que font les congolais au gouvernement ; comment pensez-vous que celui-ci peut recouvrer la confiance des congolais ?
JFK : Il suffit simplement que l’Etat reprenne ces droits, je crois que notre Etat est trop faible, pourquoi ? Parce que ceux qui devraient faire appliquer la loi la bafouent. Naturellement nous sommes un Etat qui a des lois et lorsque les lois de la république sont prises il faut les appliquer, or qu’aujourd’hui il y a une justice à plusieurs vitesse au Congo : il y a ceux ceux à qui on peut faire appliquer les lois et d’autres à qui on ne le fera jamais. Tout cela atrophie le pouvoir judiciaire, par ce que la force d’un Etat c’est l’application de la loi et je sui persuadé que c’est le péché du Congo. Le pays peut être moralisé si et seulement si nous pouvons redonner force à la loi, donc construire véritablement un Etat de droit où les gouvernés comme les gouvernants se sentirons sous la coupe de la loi qu’ils ont eux-mêmes votée.
Q : L’espace politique est régenté par une loi gouvernementale dites-vous. On ne peut que constater la prolifération de partis politiques chapeautés par les membres du gouvernement. Ce fait altère le débat politique, vous reconnaissez-vous dans l’opposition ?
JFK : Cette question ne possède pas de réponse simple. Il faut du temps à un parti politique pour conquérir le territoire national. A mon avis l’influence d’un parti politique se mesure au nombre de ses élus. Nous ne devons cependant pas oublier qu’au Congo les partis politiques ont un caractère tribal. Ils sont le parti de leur leader et ne regroupent que des électeurs issus de la même région que lui. Chaque parti ne gagne que dans son pré carré. Un grand parti politique est celui qui peut gagner sur l’ensemble du territoire national, jusqu’à preuve du contraire il n’en existe aucun au Congo, pas même le Parti Congolais du Travail, qui bénéficiant de son statut antérieur s’était implanté par la force des choses sur tout le territoire. Il est opposé aujourd’hui au problème de sa refondation, parce qu’il est conscient de sa perte d’influence et qu’il ne doit sa qualité de grand parti national qu’au fait de son ancienneté et de l’influence sans partage dont il a bénéficié durant des lustres.
Nous ne saurons qu’après les élections de 2007 quels sont les partis politiques d’influence nationale. Ce seront ceux qui auront su faire élire des représentants sur l’ensemble du territoire. Au regard de ce schéma nous pensons prématuré de juger une formation politique naissante qui n’a pas encore eu le temps de se confronter à la loi des urnes. La loi sur les partis politiques est interprétée de manière perverse par la vieille classe politique, elle vise à regrouper sous l’égide des partis institutionnels tous ceux dont les initiatives s’écartent tant soi peu de la ligne immuable qu’ils suivent aveuglément. C’est pourquoi je dis, si un parti politique est un idéal et une conviction, il y a des congolais qui sortiront de la politique et ça ne sera pas bon pour le jeu démocratique.
La notion d’opposition ou de majorité pour moi est assez diffuse. Ma seule préoccupation c’est la résolution des problèmes qui se posent aux congolais. Jeunesse En Mouvement étant un jeune parti politique, nous ne pouvons nous positionner ni dans l’opposition ni dans la majorité, notre objectif est de pousser le gouvernement à faire davantage pour les populations. Nous voulons être une force de proposition intelligente, en ce sens que lorsque le gouvernement pose les actes positifs nous l’encourageons, par contre nous demeurerons critiques s’agissant de mauvaises actions. Dans cette configuration nous nous sentons plutôt centristes car dans notre pays la ligne droite-gauche n’est pas clairement définie. Il ne serait pas étonnant de voir un parti comme le MCDDI être en accointance avec le PCT sans que les bases doctrinales aient été préalablement définies.
Q : La JEM a-t-il signé les accords avec d’autres partis politiques ?
JFK : Nous avons passé dès 2002, année d’effervescence en raison de l’euphorie qui suivit l’élection au premier tour du président Denis Sassou Nguesso et l’espérance de voir les choses changer positivement, un accord avec le « Club 2002 » parce que nous pensions à cette époque que nous représentions les forces d’une certaine jeunesses aux mêmes aspirations politiques. Nous pensions qu’il fallait mettre le président de la république à l’abri de certains vautours pour lui permettre de réaliser son projet de société. Malheureusement, le « Club 2002 » a préféré créée le « P2R » auquel nous n’avons pas choisi d’adhérer, rendant l’accord caduc.
Aujourd’hui je pense que la JEM ne peut pas évoluer seule. Nos statuts dans leur article 8 prévoient que le mouvement peut signer des alliances avec n’importe quel parti politique pourvu que celui-ci défende les mêmes idéaux. Mais pour l’heure la tâche est à la structuration du parti, le moment des alliances n’est pas encore venu. Quoi qu’il en soit nous ne ferons que des alliances positives, nous rejetterons les alliances d’intérêt. Le peuple congolais doit se reconnaître dans les partis politiques qui vont faire appel à son suffrage.
Q : Quelles sont vos ambitions politiques ?
JFK : Les ambitions politiques de celui qui crée un parti politique. Un parti politique c’est un instrument qui se met en place pour conquérir le pouvoir de façon démocratique et mes ambitions politiques sont celles-là. C’est gérer demain ce pays avec beaucoup d’ambitions et d’abnégation pour essayer de corriger tout ce que nous décrions aujourd’hui. Vous savez que notre pays est indépendant depuis bientôt 46 ans et depuis lors nous avons fait du surplace bien que les budgets aient évolués de façon faramineuse mais nous n’avons rien vu venir et je crois que un tel tableau ne nous permettra pas de laisser quelque chose aux générations futures. Face à cette interpellation JEM et moi-même pensons que demain sera un grand défi. Pour que ce défi ne soit pas vain, il faut que JEM puisse arriver au pouvoir suprême : c’est notre ambition.
Q : Aux fins de réaliser vos ambitions, serez-vous candidat en 2007 ?
JFK : Nous sommes entrain de mettre la machine en marche, mais le rôle ou la vocation d’un homme politique c’est de se présenter à ses électeurs pour mesurer sa légitimité. Je serai en 2007 candidat quelque part, nous n’avons pas encore décidé dans quelle circonscription, mais je le serai.
Q : Quel est votre dernier mot ?
JFK : Le mot de la fin est à l’endroit des militants de la JEM et du peuple congolais qui entend parler de la JEM et ne la pas encore vue à l’œuvre. C’est dire à nos militants de continuer à croire à nos idées, de continuer à travailler pour que la JEM puisse d’avantage s’agrandir. Pour les autres congolais nous prenons rendez-vous dans le cadre de la structuration du parti et nous irons jusqu’au confins de la République pour aller porter notre message pour que la JEM soit véritablement un parti national au sens positif du terme.
[1] NDLR : Le député de la circonscription 2 Mvoumvou n’est autre que Paul Tchignoumba unique élu PCT du département du Kouilou.