OBAMA, OH BAH MOI…
La lecture performance fera entendre une partie particulièrement « slamée » de cette aventure en écho à une rencontre avec un groupe de jeunes du quartier dit de « la Grand Mare » (l’un des quatre quartiers de ces « Hauts de Rouen ») , et quelques extraits d’une autre partie tirée d’une « lettre d’un aveugle » écrite -comme c’est étrange- depuis Pointe-Noire.
Ce livre (encore inédit) est issu d’une résidence d’écrivain de plus d’un an et demi (juillet 2007-décembre 2008) dans un quartier étendu de Rouen, quartier dit « sensible », c’est-à-dire populaire, c’est-à-dire abritant un fort taux de populations « issues de l’immigration », c’est-à-dire recueillant un fort taux de chômage, de voitures brûlées, de misère et d’insalubrité, c’est-à-dire faisant l’objet d’une politique nationale de rénovation urbaine (démolitions, reconstructions, tentatives de restructurations sociales (mixité) et économiques (activités)...
Documentaire en ce qu’il recueille de la parole, de l’écrit, de la mémoire des gens ; poétique en ce qu’il dispose ce « recueillement » dans un espace d’écoute « glocal » où témoins, lecteurs et poète échangent leur place, tournent dans une élucidation partagée de la réalité et de la parole.
Entre quelques autres aspects essentiels, ce poème fait route vers l’autre, et notamment vers l’Afrique de ce quartier, et vers celle qui fait encore origine géopoétique de notre humanité et destin tourmenté de l’époque post-coloniale et désormais (et dans un sens anticipant) post-capitaliste.
La démarche s’essaie à donner corps -un corps plus simple et plus inattendu peut-être que ne le pensait le poète- à ce que Edouard Glissant nomme, théorise et « poétise » du nom de « poétique de la relation ». Et dans le cours de cette opération, le mot « sensible » reprend ses quartiers.
Philippe RIPOLL, écrivain (nourri de ses ex-vies de comédien, metteur en scène, responsable culturel et formateur à l’Université. Son projet consiste désormais à moduler l’acte (solitaire) d’écrire, l’atelier (social) d’écriture, et l’acte (public) de lire, dans l’infinité des registres d’une même respiration.)
A paraître :
Mémoire des futurs, poème documentaire en compagnie des habitants des hauts de Rouen
A travers Pitres, France, 27, Monde, fiction documentaire en compagnie des habitants de Pitres
Pas d’âne, pour Stephen Wilks, petit essai sur le travail et l’errance de l’artiste
Publications récentes :
Nous ne sommes pas une fiction, Editions la Mesure du possible, Bruxelles, février 2007 (Aventure d’écriture avec des chômeuses et chômeurs de Caen, notamment des ouvrières d’ex-Moulinex)
« A travers temps ― Entretiens au pied de la côte des deux amants », Editions la Mesure du possible, Bruxelles, février 2007 (suite à une résidence d’écrivain à Pitres, auprès de personnes âgées)
Un abri-livre, expérience en prison, Editions L’Harmattan, Paris, 2005 (suite à une résidence d’écrivain au Centre de détention du Val de Reuil.)
Actuellement en résidence au CCF de Pointe-Noire Philippe Ripoll va mener un double travail avec l’animation d’un atelier d’écriture et réalisation d’entretiens dans le cadre de son travail personnel.
Un atelier d’écriture est un espace de rencontre dans la langue. Quatre mots clés – liberté radicale, confiance maximale, énergies échangées et simple sincérité dans le faire. Avec ça, on peut aller, non au bout du monde, mais assez loin quand même. Le travail privilégiera l’écriture vocale, en hommage notamment à Gherasim Luca.
L’écrivain souhaite également proposer des entretiens, individuels ou collectifs, pour recueillir des témoignages, de la parole vivante de la part des Ponténégrins ayant, dans leur vécu ou par leur famille, un lien direct ou indirect avec la France. Manière pour l’écrivain de faire connaissance en continuant son travail sur l’autre, l’hôte, le proche, l’étrange…
Les personnes intéressées par ces entretiens peuvent contacter l’écrivain au CCF ou par mail ccfcom@yattoo.com .
Au lendemain loin ici sur les Hauts
Ici
L’histoire d’ici
L’histoire du monde
L’histoire ici des rêves, cauchemars
Est l’histoire des rêves, cauchemars du monde
L’histoire d’ici aux quatre vents
Ici
(Oh bah moi, là, j’ai juste un
Dictaphone et une petite machine à
Écrire
Voulez-vous griffonner une page dans ce bazar
Dans ce futur, dans cette mémoire,
Voulez-vous dans ce poème
− Et il faut tenir à ce mot qui sème −
Voulez-vous dans ce poème
Ecrire-intervenir ?)