15 mai / 13 juin 2009
jeudi 14 mai / 19H
conférence + performance
Née en 1976, Aurélie Diansayi N’Kaya a fait des études d’arts plastiques à Brazzaville. Après plusieurs années consacrées à la peinture, elle réalise désormais des pièces et des installations mixant les matériaux et les techniques. Elle vit et travaille à Pointe-Noire.
Sous le signe de la récupération, le travail récent d’Aurélie Diansayi Nkaya se développe selon deux axes : la protection et le mouvement de la vie. Protection avec des boucliers magiques, ustensiles et plaques de métal recouverts d’un pigment rouge engloutissant la lumière. Mouvement de la vie avec une foule de pantins multicolores faits de bidons, de cordes et de branches et comme pris dans les cris, les chants, les plaintes, les acclamations d’un jour de marché à Fonds Tié-Tié ou ailleurs. Comment faire parler l’objet jeté au rebus ? Comment passer de la poubelle à l’expression de notre condition ? Comment détourner l’objet ? Comment réactiver son utilité ? L’artiste bricole. En assemblant, soudant, collant, écrasant et pliant, elle ne s’empare pas seulement de nos déchets mais aussi et surtout de nos fantômes. Les objets servaient, maintenant ils montrent. Ces bidons dont tout le monde a besoin en Afrique, qui passent de main en main, voilà qu’ils se prennent pour les personnages d’un théâtre de rue. On pourrait parler d’un art écologique car c’est bien de notre maison dont il s’agit ici. Maison et ce qui va avec, sans lequel la maison ne peut vivre : le marché, l’hôpital, l’école… et les routes qui y mènent. Car l’écosystème de la maison, c’est la communauté des vivants, avec ses flux d’énergie, ses ramifications, ses fonctions, ses pulsions et ses techniques de survie.
Eric Girard Miclet, directeur du Centre Culturel Français de Pointe-Noire